KO.SO
et le sulûte qui renferme une quantité double d'acide sulfureux est considéré comme^un sulfite acide^ comme un bisulfite, et sa formule devient :
§ 295. Une circonstance toute semblable se présente pour les carbonates. Si l'on sature d'acide carbonique une dissolution concentrée de potasse, il se dépose, au bout de quelque temps, un sel cristallisé dont l'acide renferme 4 fois plus d'oxygène que la base. Si Ton redissout ce sel dans l'eau , et qu'on ajoute une quantité de potasse égale à celle qu'il renferme déjà , on peut obtenir , en évaporant la liqueur , un nouveau carbonate cristallisé , dans lequel l'acide ne contient plus qu'une quantité d'oxygène double de celle de la base. Les deux sels ont , d'ailleurs , tous deux , une réaction alcaline sur les teintures colorées. La soude et la lithirie donnent deux carbonates semblables. La baryte, la strontiane, la chaux, la magnésie forment des carbonates que l'on rencontre abondamment dans la nature, en beau^ cristaux. Dans tous ces carbonates, le rapport entre l'oxygène de l'acide et celui de la base est de 2 à 1 .
Ces carbonates sont insolubles dans r«au ; ils se dissolvent, au contraire, en petite quantité dans l'eau chargée diacide carbonique. On peut regarder cette dernière dissolution comme renfermant des carbonates , dans lesquels Foxygène de Tacide carbonique est égal à 4 fois celui de la base ; mais on n'a pas réussi , jusqu'ici , à les obtenir cristallisés. La liqueur ne dépo^ jamais par évaporation que des carbonates dans lesquels l'oxygène de l'acide est le double de celui de la basé. Les métaux des autres sections no donnent aussi que cette première série de carbonates.
Cette considération a déterminé la plupart des chimistes à regarder comme carbonates neutres, ceux dans lesquels l'oxygène de l'acide^est le double de celui de la base. La formule du carbonate neutre de potasse est alors KO.CO*, et le second sel devient un bicarbonate, dont on écrit la formule K0.2G0".
Quelques chimistes, cependant, regardent, encore aujourd'hui, ^ce dernier sel comme le carbonate neutre, parce qu'il s'approche plus que le premier de la neutralité constatée par les réactifs colorés. Ils écrivent sa formule , KO.C*0*; et le premier sel devient un sous-carbonatêy un carbonate bibasique , dont on écrit la formule 2K0.C'0*. Dans cette manière de voir , la formule, de l'acide carbonique est C*0*, et le poids de son équivalent est le double de celui que nous avons admis (% 494).
§ 296. L'acide borique forme avec les alcalis deux sels , qui ont tous deux la réaction alcaline. Si l'on dissout de l'acide borique dans une dissolution de soude et qu'on évapore la liqueur, on obtient un sel dans lequel l'acide borique renferme 6 fois plus d'oxygène que la base. Si l'on fond ce sel dans un creuset de platine avec une quantité de soude, égale à celle qu'il renferme déjà, on obtient un nouveau sel qui se dissout dans l'eau et cristallise après évaporation de la liqueur. Dans ce dernier sel , l'acide borique renferme seulement 3 fois plus d'oxygène que la soude. Quel est celui de ces deux sels que nous choisirons pour sd neutre ? L'embarras est ici encore plus grand que pour les sulfites et pour les carbonates , parce que les borates ont été moins bien étudiés , jusqu'ici , que ces derniers sels. Aussi les chimistes ne sont-ils »point d'accord sur ce point. Les uns regardent comme le sel neutre le premier borate dont nous avons parlé, et lui donnent la formule NaO.BoO® ; le second borate devient alors un sol bibasique, et sa formule s'écrit 2NaO.BoO*. Les autres regardent, au contraire, le second borate comme sel neutre ; ils écrivent sa formule NaO.BoO*. Le premier sel devient alors un bïborate dont la formule s'écrit Na0.2BoO'.
§ 297. La définition du sel neutre présente des difficultés toutes
particulières pour certains acides , même très-énergiques / que les chimistes regardent comme polybasiques ; c'est-à-dire, comme jouissant de la propriété de former des sels neutres , non pas avec un équivalent, mais avec plusieurs équivalents de base. Nous donnerons une idée de ces difficultés , en prenant pour exemple l'acide phosphorique. Nous avons vu (§ 163) que l'acide phosphorique pouvait être obtenu sous trois états différents. L'acide phosphorique que Ton prépare en dissolvant le phosphore dans l'acide azotique , diffère notablement, par ses propriétés, de l'acide que l'on obtient par la combustion directe du phosphore dans l'oxygène ; ces deux modifications de l'acide phosphorique produisent des classes de sels parfaitement distinctes. On connaît même une troisième modification de l'acide phosphorique, laquelle donne une troisième série de phosphates , différente des deux premières. Nous ne considérerons ici que les sels formés par l'acide phosphorique obtenu par la dissolution du phosphore dans l'acide azotique.
Si l'on verse un grand excès d'une dissolution d'acide phosphorique dans une dissolution de soude, et que l'on évapore convenablement la liqueur, on obtient un sel cristallisé, dans lequel l'acide phosphorique renferme 5 fois plus d'oxygène que la soude.
Si l'on Tedissout ce sel dans l'eau , et qu'on ajoute une quantité de soude égale à celle qu'il renferme déjà, on obtient, en évaporant la liqueur, un nouveau sel cristallisé dans lequel l'oxygène de l'acide est à celui de la base comme 5 est à 2. Enfin, si l'on dissout ce dernier sel dans l'eau, et qu'on ajoute à la liqueur un excès de soude, on peut ot)tenir , par l'évaporation , un troisième phosphate de soude cristallisé , dans lequel Toxygène de l'acide est à celui de la base comme 5 est à 3.
Le premier de ces deux phosphates a une réaction acide sur le tournesol ; les deux autres ont, au contraire, une réaction alcaline.
La même modification de l'acide phosphorique donne douQ trois phosphates de compositions très-différentes ; comment décider quel est celui de ces phosphates qui sera considéré comme le phosphate neutre ? Les chimistes ont été amenés , par un ensemble de considérations que nous ne pouvons développer ici , à admettre que ces trois phosphates ont le même mode de constitution ; ils les regardent comme formés tous trois par \ équivalent d'acide phosphorique combiné avec 3 équivalents de base. Dans le troisième phosphate de soude, les 3 équivalents de base sont 3 équivalents de soude ; dans le second phosphate , il y a deux équivalents de soude et 4 équivalent d'eau basique ; enfin , dans le premier phosphate , les 3 équivalents de base sont formés par 4 équivalent de soude