LE TROPHÉE
Au fond d'un val lunaire, en des sites agrestes Où glissent des rayons de féeriques clartés, Les amoureux perdus en tendres apartés Cherchent Tendroit propice à la langueur des siestes.
Avec Tinquiétude errante de leurs gestes, Des lutins épiant les amants abrités Font craquer doucement les rameaux écartés D*où pleuvent la rosée et les baumes célestes.
Et la forêt bleuit sous le ciel argentin,
Et dans cette paresse et ce repos des choses
Les Belles aux yeux gris dorment lèvres mi-closes;
Les couples enlacés s'éveillent le matin,
Et s'en vont, emportant dans leurs bras, pour trophées,
Des bouquets embaumés du vol divin des fées.