EN FORÊT
On quitte la grandVoute et Ton prend le sentier Où flotte un bon parfum d*arôme forestier.
Dans le gazon taché du rose des bruyères, Surgissent^ çà et là, des ajoncs et des pierres.
Un tout petit ruisseau que verdit le cresson Frôle rherbe, en glissant, d'un rapide frisson.
Nul horizon. Le long de cette sente étroite Une futaie à gauche, un haut taillis à droite «
Rien ne trouble la paix et le repos »iu lieu ; Au-dessus, un ruban très mince de ciel bleu
AP^^ISEMENT 75
Que traverse parfois, dérangé dans son gîte, Un oiseau voletant, qui siffle dans sa fuite.
Puis c'est, plus loin, une clairière à l'abandon Où noircissent encordes places à charbon;
Des hêtres chevelus se dressent, en un groupe, Des arbres épargnés à la dernière coupe;
De grands troncs débités s'étagent en monceau ; C'est tout auprès que prend sa source le ruisseau
Qui longe le sentier et traverse la route ;
Il sort d'un bassin rond qui filtre goutte à goutte.
Où tremble, reflété comme dans un miroir, L'œil vacillant et clair de l'étoile du soir.