EMPOISONNEMENT
Ees poisons peuvent être classés en deux catégories, quant au traitement à donner :
1. Poisons qui ne tachent pas la bouche et pour le traitement desquels on doit administrer un émétique.
Parmi ceux-ci il y a les suivants :
(a) Arsenic, phosphore (contenu dans la mort-aux-rats et les allumettes), émétique à base de tartre et sublimé corrosif qui donnent un goût métallique dans la bouche et causent une sensation de brûlure dans la bouche, la gorge et l’estomac.
(b) Strychnine, acide prussique, belladone et plusieurs autres espèces de plantes comme les grains de laburnine, etc. ; ces poisons produisent des convulsions, le délire, l’arrêt de la respiration et la syncope.
(c) Viande et poisson empoisonnés ; cham¬
pignons vénéneux (pris souvent pour des champignons de table). On doit
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soupçonner l’empoisonnement quand plusieurs personnes ayant mangé de la même nourriture sont atteintes simultanément des mêmes signes et symptômes d'empoisonnement.
(d) Alcool qui peut provoquer la syncope.
(e) Opium et préparations opiacées, morphine, laudanum, parégorique, chlorodyne, sirop de pavot et autres boissons calmantes et cordiaux ; ces poisons provoquent une tendance au sommeil qui s’accentue jusqu’à ce que le sommeil devienne profond et la respiration sifflante ; les pupilles des yeux se contractent étroitement comme des têtes d’épingle.
2. Poisons qui brûlent et tachent la bouche et pour le traitement desquels il n’y a pas d’émétique à donner. Ils
sont de deux catégories :
(a) Acide, comme l’acide nitrique (eau forte) l'acide sulfurique (vitriol), l’acide chlorhydrique ou muriatique (esprit de sel), l’acide carbolique fort (phénol), l’acide oxalique qui est contenu dans l’oxalate de potasse, le sel d’oseille, le sel de ci-
tron, et autres préparations de récurage.
(b) Alcalis, comme la potasse et la soude caustiques et l'ammoniaque.
Sommaire: de: prescriptions simples pour le
TRAITEMENT de D’EMPOISONNEMENT.
1. Envoyer chercher immédiatement n il médecin et si c’est possible lui indiquer le nom du poison.
2. Lorsque les lèvres et la bouche ne sont pas tachées ni brûlées par un acide ou un alcali, administrer promptement un émétique, c’est - à dire faire vomir le patient de la façon suivante :
(a) Chatouiller le fond de la gorge avec le doigt ou avec une plume.
(b) Moutarde — une cuillère à dessert dans un grand verre d'eau tiède.
(c) Sel — une cuillerée à table dans un grand
verre d'eau tiède.
(d) Vin d’Ipécacuana — pour un jeune enfant dose d’une cuillérée à thé répétée à intervalle de quinze minutes.
3. Dans tous les cas où le malade n’a pas perdu sa connaissance, lui donner du lait, des œufs crus battus avec du lait ou de l’eau, de la crème et de la farine battues ensemble, de l’buile animale ou végétale (sauf dans les empoisonnements par le phosphore) et du thé.
On peut donner de l’huile d’olive, de l’huile ,de foie de morue ou de l’huile ayant servi à conserver les sardines ; les huiles minérales à machine et la paraffine ne conviennent pas. L’huile est un calmant et par suite spécialement utile dans les cas d’empoisonnement par des acides et des alcalis et par des substances comme l’arsenic et le sublimé corrosif. Des boissons émollientes comme l’eau d’orbe et le gruau léger ont le même effet et sont exemptes de danger dans le cas d’empoisonnement par le phosphore.
Ces remèdes peuvent être donnés avant ou après l’émétique, si le genre de poison nécessite ce traitement.
I,e. thé fort a pour effet de neutraliser beaucoup de poisons et on peut toujours l’employer à coup sûr. On doit jeter une poignée de thé dans la bouilloire et le faire bouillir.
4. Si les lèvres et la bouche sont tachées et brûlées, ne pas administrer d’émétique, mais :
(a) Si l’on sait que le poison est un acide, donner immédiatement un alcali. Rincer d’abord la bouche copieusement avec de beau de chaux ou un autre mélange alcalin, comme de la soude, de la chaux, du blanc d’Espagne, de la magnésie ou du plâtre dissous dans de l’eau et laisser ensuite le malade en aspirer un peu. La soude et la potasse ne doivent pas s’employer dans le cas d’empoisonnement par l’acide oxalique.
(b) Si l’on sait que le poison est un alcali énergique, administrer immédiatement un acide. Rincer d’abord copieusement la bouche avec du jus de citron ou du vinaigre coupé d’une quantité égale d’eau, et laisser ensuite le malade en aspirer un peu.
Dans les deux cas, donner de l’huile (Règle 3).
5. Quand une personne a avalé du poison et menace de s’endormir, il faut
la tenir éveillée en la forçant à se promener et
en lui cinglant le visage, le cou et la poitrine avec une serviette mouillée. On peut faire boire du café noir fort ; on peut essayer aussi des tapotements sous la plante des pieds.
6. Si la gorge est assez enflée pour que l’on puisse craindre l’obstruction des voies respiratoires, appliquer des flanelles chaudes ou des cataplasmes sur le devant du cou et donner fréquemment des boissons froides à siroter.
7. Pratiquer la respiration artificielle, si l’on ne peut pas discerner la respiration.