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Discours du président de la Chambre des Députés en pmi an J place au fauteuih (VIL)
(Séance du £8 décembre 1S3T.J
Messieurs et chers collègues, mon premier besoin est de vous exprimer la reconnaissance dont vos suffrages ont pénètre mon âme : je remercie la Chambre de m'avoir ainsi conféré le plus grand honneur que l'élection puisse décerner à un citoyen.
Cette élection, répétée sept fois, à travers tant de vicissitudes dans les événements et iVoscillation dans les opinions, m’autorise à jeter un regard sur le passé,
La législature de 1831) a vu la victoire d une population héroïque combattant pour les lois et pour la liberté ; elle a formulé la Déclaration du 7 août et appelé au trône une nouvelle dynastie f dont l’auguste chef a contracté avec la nation, et répondu à ses vœux, en acceptant la nouvelle Charte sous la foi du serment,
La Chambre élue en 1831 eut à s'occuper des lois complémentaires destinées à la garantie des libertés publiques ,■ mais, en même temps, eile fut aux prises avec des tentatives de désordre que le concours et l'union des bons citoyens ont courageusement surmontées,
La Chambre de 1834 a cherché un équilibre entre les extrêmes, dont elle voulait se défendre. Mais, hélasI un autre ordre cf attentats, encore plus exécrables, est venu trop souvent navrer nos cœurs, interrompre le cours de nos actes, et jeter les opinions dans les plus douloureuses perplexités. — Avant de clore ses travaux, elle a vu du moins Famnistie royale, conforme à son vœu, apporter aux passions haineuses une salutaire rémittence, convier les esprits à la conciliation, et promettre à l'avenir plus de sécurité.
C’est donc sous d’heureux auspices que s’ouvre la session actuelle, et que la Couronne appelle notre concours, non plus à des moyens de répression dont le Bulletin des lois est suffisamment armé, maïs à des améliorations qui ne 'cuvent être que le résultat d’une situation calme, et dont accomplissement a besoin du sentiment de la stabilité. Cette Chambre sera conservatrice, en ce sens qu’elle ne permettra pas aux factions de relever la tête et de se jouer de l’ordre public et des lois; conservatrice , en ce sens surtout, qu'elle saura (le devoir le commande et sa dignité
DISCOURS DU PRÉSIDENT, ETC
l'exige) exprimer avec franchise les vœux du pays; vouloir avec précision tout ce qui est de sa prérogative, sans foxcéder jamais; empêcher les pas rétrogrades et toutes les déviations qui tendraient à fausser les véritables principes (te notre gouvernement constitutionnel. Maintenir et contenir , telle est la devise que je lui souhaite.
J'espère, messieurs et chers collègues, que nos discussions parlementaires se ressentiront; de cette favorable situation des choses et des esprits, et que le labeur de votre président, rendu plus facile par votre adhésion qu'il réclame, n'exigera que peu d’efforts pour diriger et pour activer vos délibérations.
(Séance du 22 décembre 1838.)
fidèle de nos prérogatives parlementaires.