H08TIE DE BON - \< RIF* E
exemplaire, source et même unique substance de toute sainteté. Lui seul es! la Victime Sainte. Il esl Le Prêtre saint et sanctifiant, dit saint Augustin; et la Victime qu'il offre, et qui est lui-même, est sainte et pure. 0 heureuse Victime! ô vraie Victime! 6 Hostie immaculée! Ce n'est pas nous qui lui avons donné ce qu'il a offert; mais il l'a pris de nous, et il l'a rendu pur, et il l'a offert Car la chair qu'il a prise <!<' nous, c'est cette chair qu'il a offerte; mais d'où l'a-t-il prise? Du sein de la Vierge Mjlree, afin d'offrir une Victime pure pour nous tous qui sommes impurs K » C'est le langage de toute la Tradition.
Donnons-nous donc la joie de considérer la Sainteté de notre Victime.
Nous ne nous arrêterons pas à ce qu'on pourrait appeler sa Sainteté négative, qui est l'exemption de tout péché et l'impeccabilité absolue; nous voulons surtout voir et admirer cet état surnaturel de grâces, de dons divins, cette sanctification sans égale, en un mot, dont il a parlé Lui-même, quand il a dit « que son Père l'a sanctifié -.
Cett<- sanctification, dont le principe est le Père, parce que c'est du Père que procède tout don parfait et toute grâce excellente ■'• . s'est faite en Notre-Seigneur par
'Offeratergo Beipsnm mandas et arandet Hoc est qaod fecit
Chriataa. Niliil manduui iavenit in hominibas, qaod offerret pro homini-
leipsnm obtnlil mandam victimam. Félix victima . vers victima .
Lmmacnlata! Non ergo hoc obtalit, qaod Qoa illi dedimas: îmo
hoc ohtulit, qaod k 1 1 ■ .1 . i ^ accepit, et mandam obtalit Carnem enim à
nobis accepit, banc obtalit. 8ed andè illam accepit? De utero Virginia
Marias, ut mandam offerret pro immnndia. [pae Rex, ipae Bacerdoa. Enar-
/■•oh,,. h, Psalm. cxLix, n. 6. Patr. lat, t. XXXVII, col. 196!£
■ Qaem Pater tanctificavit - Joann.z, 88.
m datom optimum, et omne donam perfectam deaarsam est, dea- - à Pâtre laminum. Jacob, i. 17.
LA 8ADJ \\l l r lu
<l<-ux voies distinctes, dont L'une esl L'Union hypostatique qui est sanctifiante par elle-même, <-t l'autre L'infu de Is - telle que noua la recevons tous et <jui porte
le Dom de grâce sanctifiante ].
L'union hypostatique fait le Christ Fils véritable et naturel >1<- Dieu, i édition incomparable et unique
3 3 I Ihhist Saint • tiellement Saint,
d'une manière incomparable aussi <-t unique2. Cette ition lui est absolument propre, et il u'est pos sii>l<- à aucune créature d'y participer eu une manière quelconque. < î'est vraiment La grâce «lu Verbe incai Quand il est «lit que nous recevons de Ba plénitude,!] s'agit de la plénitude communicable de la grâce sanctifiante, fi ii<>ii <1<- La grâce propre à L'union hypostatique, qui est intrinsèquement incommunicable.
Elle »->t donnée par le Père au Fils incarné, en tant qu'il est Fils éternel et naturel, non adoptif; elle donnée à L'Humanité par Le Verbe, en tant que le Verbe est l.i Personne de cette Humanité, qui est ainsi «•: à la dignité de Fils d< Dieu; et elle esl aussi dom L'Humanité par Le Saint-Esprit, parce que le Saint Esprit, opérant L'Union hypostatique, pose la cause ou la condition indispensable <-i naturelle de cetl d'union. Cett< esl donc substantiellement infinie, <!<■ la Personne du Verbe, qui est La forme qui constitue,
■ Utur
EOSTIE 1>K BON SACRIFICE - «
«•M Jesus-Chbist, L'homme Fils de Dieu1. Elle donne par conséquent à Nbtre-Seigneur un être de Bainteté que Dieu seul connaît. Il est Le Saint- >• par excellence, ou, suivant la force «lu texte évangélique, il esi la Sainteté même. Les Pèrea onl exalté cel étal tout divin avec de grandes Louanges. Qs disent que L'Humanité esi toute pénétrée de la divinité comme d'une onction de joie, de manière que les deux ne fonl qu'un3; que L'âme du Christ est comme le fer dans Le feu. Elle esi toute et toujours dans Le Verbe, toute dans la Sagesse incréée, toujours en Dieu, de sorte que ce qu'elle fiait, ce qu'elle comprend, ce qu'elle sent, c'est Dieu l. Jésus- Christ est la Justice vivante; il esi la Sainteté subsistante5. Ainsi parle la Tradition.
Telle esi donc notre divine Victime, en vertu de la grâce d'union.
Mais à cette grâce éminente, tout à t'ait à part et incommunicable, se joint une autre grâce, de la plénitude d<- Laquelle nous serons faits participants : '-'est la grâce habituelle ou sanctifiante.
Cette grâce étant, pour la créature qui la reçoit, une participation à la nature et à la vie de Dieu6, on peul Be demander ce qu'elle ajoute, en Notre-Seigneur, à la grâce d'union. Elle ajoute en effel une sanctification
1 ll.uic- gratiam (unionis) constat esse infinitam, Becundom quod ii>>a persona Verbi est infinita. S. Thom. III, q. vu. a. il. c.
Quod oascetur ex te Sanctum, rocabitur Filins Dei. — Lin-, i, 35. Pater verè illiua <-t germani Christi, quem exnltationis oleo prœ ionsortitraa suis Psalm. xliv, 8 perfndit, cajos bnroanitatem divinitate onxit, ni facerel utraque nnum. s. Greg. Nazianz. Oratio X .- 1 1 i ^ i — -~» Inseipsum ditum : fagâ, n. l. Patr. grœc, t. XXXV, col. 881. Cfr. Orat \l.\ alias 12 n. L3. t. XXXVI, coL «42. Cfr. s. Damascen, /'- fiât orthodoxe lll 3. l'air, grœc, t. \<IV, coL '.''••" i Origenes. Dt principiis, lib. II, cap. vi, n. 6. Patr. grœ^l \i col. 213. 1.1 in. Ptalm.xxi.vTii, II. .mil. Il.n. '. Patr. grœc., t. XII, coL 1402. I >i\ in;i consortes naturœ. 1 1 Petr. i, l.
!.\ SAINTETÉ DE l.HtMWi: - -
dod pas plus grande, ce n'est pas possible, mais d'un genre différent La grâce d'union t'ait de Jésus-Christ une Personne divine et, par conséquent , un «"t tiellement et infiniment ble à Dieu; mais cette
grâce n'a pas pour objet, ni pour but direct, la sanctification de la substance et de la \i<- »!<• l'Ame de Notre- Q'est pas par la grâce d'union que l'Ame et le JÉa 8-CHBI8T sont divinisés ou deviennent
déiformes ; c'est par la communication de la habi-
tuelle, qui seule divinise un être. Celle-ci est donc bien différente <1<- la - d'union; mais en Notre-Seigneur
elle <-n est la conséqui jaire, ue pouvai
faire que, dans le Fils <1<- l>ni" t'ait homme, d'une part, la Personne Boit sainte infiniment, et <|u<-. <1<- l'autre, la nature humaine <1«- la Personne ne soit pas sanctifiée d'une manière Bublime, t«>ut à t'ait exceptionnelle et Bans pareille, et, pour t<»ut dire, d'une manière ■!"' réponde à la sainteté provenant de ! d'union '.
ir .|ii«- rien ne manque à la clarté nécessaire à un tel sujet, nous dirons encore qu'évidemment la g d'union contient <-t implique éminemment et né ment toutes les autr< s, quelles qu'elles soient Bd
ens, il est manifeste que I nctiflante ne
donne pas ." l'Humanité <lu Verbe incarné une sainteté )»lu> haute, une perfection plus achevée; non, ce n'est pas possible; mais avec la grâce habituelle, NTotr< gneur est sanctifié d'une manière qui répond mieux à -..h état on ministère de Médiateur, de <ïi-
l'humanité, Car, en tant «i1"" Chef , il devra nous conu
■ itium lialiit
' - i Ml, il I
HOSTIE DE s. i\ g \, Ripi( i; - ,
muniquer de sa plénitude, c'est-à-dire de l'abondance de sa grâce; mais de quelle grâce, sinon de la grâce habituelle, puisque la grâce d'union esl Incommunicable1. Ces! ainsi que I"11 peut dire de la grâce habituelle «'ii Jésus-Christ, qu'elle complète la grâce d'union.
Mais notre adorable Victime n'a pas seulement cette grâce d'union et cette grâce habituelle, elle possède encore des grâces actuelles en rapport avec la dignité, l'élévation, la perfection de sa grâce habituelle; noii qu'elle eût besoin d'être excitée au bien par des grâces accidentelles, mais afin que chacune de ses actions fût accompagnée de cette divine coopération qui les rend véritablement déifiques.
Tel était l'état de grâce de Notre- Seigneur, quant au nom et au simple énoncé de cet état; mais qui pourra jamais parler de l'excellence de la -race habituelle et actuelle en l'ame du Verbe incarné? Les Pères n'ont point d'expression pour exalter une telle sublimité-.
1 8. Thom., ibid. Non ergo Verbom, quatenùs Verbam, meliorationem accepit; babuit eoimomnia et perpetuo habet; sed hominea Buntqui initiuni accipiendi in Qlo el cum illo obtinuere. Qnapropter, corn ipse humano more inungi memoratur,^ osestiset nos btudub qni in eo inungimur. -S.Âtbar n.i-.. ' '< "'. / ontra Arianos (alias •' n. 18. Patr. grœc., t. XXVI, col. 111.
- < tannia qnippè quœ -uni Dei, Cbristus '•-t. [pse sapientia ejua, ipse forthndo, ipse sanctificatio, ipse justitia, ipse sanctitas, ipse redemptio... Sicut ristus est justitia ex quâ omnesjusti fiant, el ipse est veritasex quâ omnes in veritate consistant, et ipse vita ex qui omnes vivant. Origenes, - .. Homil. VIII, n. •-'. Patr. grœc, t. XIII, .-..]. .;:;>. I • 1 . In EpUlol. ml Roman, lib. III. n. <',. Patr., t. XIV. col. 939. [pse \i' lux, ipse veritas, non in seipso bonorum divitias continens, sedin uni diflondens... Qaod autem ego fero, participabile est : ab ;ili" enim id accepi,
et exigoa pars totiasost,et quasi gntta parva ad un nsum abyssnm et ni-
finit n m pelagos comparatur, etc. 8. < lin sost in Joann. Il il. X I N' alias 13)
n. l. Patr. grœc, t. l.l \. col. 91." ( >mnea .-i • 1 mensorani Bpiritom acceperiint, votâtes et doua. Soins ille Cbristua non habel modom qni babet totom. 8. Bernard. //< Cantic. Serm. I.XX, n. 7 el B. Patr. lat.,
LA BAINTBTÊ I>K l.lllMVNITi: DE - -
-t vrai, pour nous en tenir à la rigueur du laii théologique, que cette - c'était pas infinie; mais il
sible à une intelli| soit humaine, soil ai -
Uque, d'en concevoir les limites. Jamais la Trinité Sainte
communiquera, et ne pourra même communiquer, une pareille, parce qu'elle répond à la grâce <!<• l'union hypostatique, qui est infinie, et à laquelle aucun< ture ne peut et ne pourra jamais avoir part. < l'est pourquoi 1. sanctifiante du Verbe incarné embras d'une manière éminente et unique, toutes les vertus
ites celles du moins qui ^'iit compatibles avec sa perfection; car quelques vertus ne le s.. m pas, et suppo-
i un état d'imperfection, comme la foi qui implique l*ai le la \ ision béatifique, et la pénitence pour soi
qui suppose le péché commis). Cette même - >m-
prenait t<»us les dons du Saint-Esprit; et c'est de
ir "jn'il est «lit d'abord : L'Esprit de lui u repo-
a sur lui, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'espril de science cl de pii il sera rempli de l'espril 'l<- la crainte «lu Seigneur '. »
eillement, <'11«' impliquait imi> les «Imi^ surnatun r|iii. sans être par eux-mêmes sanctifiants2, convien nenl au Christ parce qu'ils concourent à la sanctifl< tion des hommes : sanctification <|iii <-m une fin de
don cl d< Sacrifice.
L CLXXXIII, col. 111 I il" 11-. !>■ \
| • iriinam >li\ mit.v
B06TIE DE BON SA< RII [< i '.il
El toutes cea grâces, tous ces dons, toute cette incomparable Plénitude, Jésus L'a possédée dès le premier moment de sa conception. Au sein de la divine Vierge, il était - plein de grâce et de vérité ' ». Et il u'a cessé de posséder tant de divines richesses sans accroissement à cause de Leur perfection même, qui ue pouvait avoir un progrès quelconque , ni amoindrissement et déchéance. C'est la décision même du cinquième Concile œcuménique -.
Il les a possédées en lui-même, en sa qualité de Fils de DlEU, et pareillement comme < 'hof <le tous les anges et de feus 1rs hommes, qui reçoivent de sa plénitude tout ce «[u'ils ont de grâce.
Et cette admirable sainteté de Jésus, infuse d'abord, était également enrichie d'incomparables mérites. Car JÉSUS, impeccable absolument et substantiellement, jouissant Bans cesse de la vision béatifîque, qui ne peut admettre la moindre opposition au bon plaisir du Père était cependant Libre de la liberté la plus sublime et la
1 Joanii. i. 1 \.
- quia défendit impium Theodorum Mopsuestensem, qui dizit... Cbrist ii m à deterioribus paulatim recedentem el bïc ex profectu operum melioratum..., talis anathema ait. Constantinop. II. Anuo 553. Pareillement, il esta propos de remarquer que la sanctification de L'Humanité de Seigneur, qui b'osI faite par L'infusion de La grâce habituelle, a été, non surnaturelle, comme il arrive pour nous, mais naturelle, en ce sens qu'il Hait néceaaain que la nature humaine <lu Verbe fût sanctifiée par le t'ait môme de L'union hypostatique. Lessius dit: \ ita divinA) Jivinœ Personsa rirunt naturaliter, cum sit illarum esse et vita oaturalis; humanitas Christî
quasi naturaliter, propter substantialem anionem; nos vbi inino super-
naturaliter. Est enim vita nostra, ni ita dixerim, supervitalia el esaentia •upereasentialis i'i est, I >ei gratiâ, \ itœ nostra el essentiœ nostra Buperadditte). Dt perfectionibtu moribtuque divinù, lib. XII, cap. si, n. 74. s. Athanase t'ait parler ainsi Nbtre-Seigneur: Ego qui Patris Verbum sum, ipse milii facto homini dono Spiritum, meque factum hominem in ill" Spintn sanctifico. Art. I alias - contra Arianos,n. 16. Patr. prac, t. \W I, col. i"'.'.