Unterrebungen mit Zalleyrand und Rewbell
. »Vous vous trompez«, [m'a dit Talleyrand] »si vous pensez que le sort de Naples intéresse beaucoup la cour de Vienne. Elle sacrifiera celle-ci et tout en un mot à ses avantages particuliers. Jamais égoisme politique ne fut poussé à ce degré extrême. Nul doute au reste que si Naples eût remporté des avantages considérables, l'Empereur ne se fût déclaré ouvertement et n'eût fait une puissante diversion du côté de la Cisalpine. Nous croyons en être instruits positivement. Quoi que l'Empereur dise et fasse, il n'aura pas les moyens de maintenir le règne du roi des Deux Siciles« . . .
»Qui a pu empêcher le roi de Prusse d'être notre allié x m'a dit en dernier lieu le sieur Rewbell. »Pensa-t-il qu'il y ait de l'incompatibilité dans une semblable alliance ? L'exemple même des Romains devrait lui prouver le contraire. S'il était possible de quitter ses préventions, on verrait que nous sommes aussi forts de notre manière de gouverner que de notre puissance, et l'on verrait surtout que la République française mettra la fidélité à ses engagements au nombre de ses devoirs les plus sacrés ‘)«. »Le roi de Prusse connaît le prix d'une telle alliance«, ai-je répondu; »mais l'aecepter dans le moment où elle lui a été offerte, c'était sortir de la neutralité dont il s'était fait un système, et c'était éloigner la paix de l'Europe; n'y attribuez aucun autre motife. »Depuis que j'ai vu Koseiuszko«, me dit ce directeur, »j'ai été dégoûté des Polonais et de tous leurs projets. Ces gens-là ne sont propres à rien. Tout au plus pourrait-on employer ce partisan à être général de brigade pour débaucher, en cas de guerre, les Polonais qui se trouveraient dans les armées de l'Empereur, et les
1) Ebenfo bemerkt Larewelliere-?epeaur: La Prusse voudrait-elle laisser toujours à la maison d'Autriche le rang de première puissance et la dignité impériale ?... Ne serait-il pas bientôt temps que le roi de Prusse s’occupät de donner un plus vaste essor à sa puissance et de terminer ce que son «aïeul a commencé si glorieusement? (Sandoz, 7. Januar.)
Jan. 3.
Jan. 3.
Jan. 9.
Jan. 13.
264 Urkunden No. 230—233,
incorporer dans les légions de cette nation«. Cette opinion du directeur à l'égard de Kosciuszko est celle de tous ceux qui le connaissent; il n'a inspiré ici d'autre intérêt que celui d'une stérile compassion . . .
231. Schwantende Entfchlüffe des Direktoriums über Krieg und Frieden.
.. . »Peu s'en est fallu, et je puis vous le confier«, m'a dit le ministre de la guerre |Sch£rer|, »que tout ne fût rompu déjà dans ces joursci. Le Directoire avait reçu l'avis de Vienne que l'Empereur et toute sa cour avaient manifesté la plus grande joie de l’arrivée des Russes et s'étaient rendus A Brunn pour les voir manœuvrer; ce qui avait été effectué. A ces avis, deux directeurs, Larevellière-Lepeaux et Treilhard, voulaient qu'on fit un message au Conseil des Cing-Cents pour déclarer la guerre à l'Empereur, sans attendre même une réponse qui ne pourrait qu'être négative. Cette particularité ne dévoile que trop, selon leur opinion, les dispositions qui prédominent dans ladite cour. Tarder davantage à se décider, serait une faiblesse indigne du Directoire et de Vardeur des armées. Le sieur Rewbell a contenu une résolution aussi fougueuse. Il a représenté qu'ayant pris pour système de vouloir la paix, il ne fallait pas s'en départir; que rien ne périclitait encore; que l'état de leurs forces était de nature à ne devoir craindre ni Russes, ni Autrichiens. »Quelle que soit l'issue de la guerres, a-t-il remarqué, notre situation sera toujours infiniment supérieure à celle de nos ennemis: ils ont à trembler pour l'invasion de leurs provinces, tandis que les nôtres seront hors de toute entreprise semblable«. Les sieurs Merlin et Barras, ébranlés par ces raisons, se réunirent pour l'opinion de Rewbell et laissèrent ainsi sans effet les premiers transports de ressentiment de leurs collègues . . .