‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 155 sur 234 · Unterredung mit Napoleon. Lucian Bonaparte · texte numérisé non relu

Unterredung mit Napoleon. Lucian Bonaparte

(Nicht iffrirt! Ma dernière et très humble dépêche rendait compte à V. M. des instances du ministre Talleyrand d'intervenir à ce que :le gouvernement français ne fût pas dans ses négociations de paix à la merci de l'Autriche et de maintenir l'équilibre de l'Europe en sauvant une partie de l'Italie.

Celle-ci rend compte présentement d'un entretien que j'ai eu avec le Premier Consul, et qui roulait sur le même objet; entretien qui a été provoqué de sa part. Le ministre Talleyrand était présent. Son début fut de me dire: »Je suis dans des termes de politesse avec la cour de Vienne et je serai bientôt peut-être en mesure de renouer des pourparlers avec ladite cour, ce qui dépendra des événements très prochains. Ma reconnaissance pour le système de neutralité du roi votre maître et pour les marques d'amitié qu'il m'a témoignées m'obligent de ne rien determiner à cet égard sans l'avoir prévenu de nos dispositions futures. Je vais vous parler en militaire et nullement en politique. Convient-il aux intérêts de la Prusse de sacrifier l'Italie à la vaste ambition de l’Autriche, et de lui procurer un agrandissement de 18 millions d'hommes dans cette partie de l'Europe? car la cession de Venise, de la Lombardie, de la Toscane, de Rome et des trois légations, emportera nécessairement cette augmentation de forces et de puissance. Le peuple

1) Bergl. Oüuffer 2, 282.

Paillen, Preußen u. Franfreit. 1. 24

Mär 3.

Mars 2.

Mars 5.

Mär 5.

370 Urkunden No. 325.

frangais veut la paix, en a besoin, et se mettra peu en peine quelle se fasse aux dépens de l'Italie: de mon côté j'ai pris l'engagement de la lui procurer, et je dois le tenir. Si le sort de cette Italie est indifférent au roi de Prusse et qu'il ne le considère pas comme dangereux pour sa propre puissance, tout est dit: nous n'avons dès ce moment qu'à nous résigner, qu'à traiter et à conclure. Si au contraire un semblable accroissement déplaît au roi de Prusse, quels sont ses moyens d'y remédier? Voudrait-il opérer une réconciliation utile entre la France et la Russie, et engager cette puissance à rappeler ses troupes des îles de Jersey et de Guernsey? Ou bien voudrait-il retirer l'électeur de Bavière de la coalition, le remettre à son simple contingent en neutralité et en paix? Nous trouverions dans l’une et l’autre de ces mesures une assistance très utile de sa part et qui ne l’engagerait à rien, notre intérêt n'étant pas de l’entraîner en aucune manière dans la guerre présente. Si l'un ou l’autre de ces moyens de préparer une pacification limitée et modérée entre dans les intérêts du roi de Prusse, je m'engagerais alors de ne faire la paix avec l'Autriche que sous les conditions qui seront jugées les plus convenables au maintien de l'équilibre général, et de ne traverser la Bavière qu'en ami, en observant la plus exacte discipline et en évitant surtout de passer par sa capitale Munich; autant d'articles qui feraient l'objet d’une transaction particulière.

»En Allemagne, continua le Premier Consul, je tiens à la ligne du Rhin, dans le sens déterminé par le traité de Campo Formio, mettant de côté tout ce qui a été dérogé par l’ancien Directoire, telles que les demandes de Kehl, de Cassel, d’Ehrenbreitstein, et de quelques autres localités, s'il en était besoin. Je laisserai encore au roi de Prusse le choix de rentrer à la paix en possession de ses provinces transrhénanes, s’il préférait de les conserver à les échanger. Voilà ce que j'entends, ajoutat-il, par la ligne du Rhin. D’après cet exposé, je vous déclare ici que je ne mettrai jamais ma signature à un traité de paix, sans la cession de la Belgique et sans celle de ladite ligne. L'opinion est fixée en France à cet égard, et je ne puis plus m'en séparer sans déshonorer mon consulat et sans ruiner ma considération.

J'ai une armée de 180 mille hommes effectifs sur le Rhin, et je puis m'en promettre sans forfanterie des succès certains. J'aurai, indépendamment de l'armée d’Italie, un camp de 80 mille hommes rassemblé aux environs de Dijon et que j'inspecterai moi-même peut-être. Je destinerai ces troupes à agir selon les occurrences soit en Suisse, soit en Italie. Au reste j'abandonne le rétablissement du système républicain dans cette partie de l'Europe ; les hommes qui s’y trouvent n'ont ni l'intelligence, ni les mœurs, ni le caractère propres à ce régime: tout y est dégradé et bas.

Bericht von Sandoz-Rollin aus Paris. 371

»Malte est ravitaillée pour six mois, et je viens d’en recevoir la nouvelle. Nous aurons plus à cœur de la rendre à l'ordre de ce nom, qu'à vouloir la conserver. Les Anglais rusent et trompent les projets des Russes sur ladite île.

»Si vous m'avez bien compris, interrompit ici le Premier Consul, la question qui fait le sujet de cet entretien se réduit à savoir s’il est de l'intérêt du roi de Prusse de sacrifier l'Italie à l'ambition de l'Autriche, ou si S. M. a des moyens de pouvoir y remédier. La campagne va s'ouvrir et il me serait infiniment intéressant de connaître sa réponse avant la fin de ce mois de mars. Je vous presse donc d’expedier en diligence un courrier à Berlin pour le rendre porteur de cet exposé. J'ai préféré de vous en rendre dépositaire, pour éviter les mésentendusx !).

(Chiffrirt] Il est à remarquer que dans la durée de cet entretien le sieur Talleyrand n'a ouvert la bouche que pour replacer la Belgique dans les conditions absolues de la paix. Ma réponse fut de dire au Premier Consul que je céderais à ses désirs en faisant passer par courrier ce qui venait de m'être confié. Quelques observations de ma part suivirent d'abord. Je ne voyais pas, d’après l'énumération des forces actuelles des armées françaises, que l'Autriche pât dicter et commander les conditions de la paix; ensuite il serait bien plus préjudiciable encore à la France qu’à la Prusse de laisser agrandir à ce point l'Autriche, et enfin que la paix qui s'ensuivrait ne serait que plâtrée et peu durable. Assouvir l'ambition d'une puissance n'est pas l'éteindre; c’est au contraire l’alimenter fortement et lui acquérir de nouvelles forces. Quel que fût le lot de la France dans ces arrangements futurs, je voyais l'Italie tombée entièrement sous la domination de l'Empereur. Iei le Premier Consul m'interrompit pour me dire que si les forces actuelles de la France étaient suffisantes pour déjouer toutes les entreprises de l'ennemi, elles ne l’etaient pas néanmoins pour prolonger et porter la guerre dans les provinces héréditaires de l'Autriche et forcer cette puissance à la paix. Le besoin de celle-ci était tel, que le gouvernement consulaire devait en tirer sa prospérité et sa force . . . |

Je replace ici que le Premier Consul envisageait la régence civile comme une misère qui ne souffrirait pas de difficulté et qui était subordonnée aux grands intérêts dont il venait de me faire part.

1) Les propositions incomplètes et insidieuses du consul Bonaparte sont bien loin de mériter une grande attention et de pouvoir conduire à quelque but d’utilité réelle. Elles tendent principalement à compromettre V. M. avec les cours coalisées et passent sous silence et ne touchent qu'imparfaitement et d'une maniere peu satisfaisante les objets qui l’intéressent directement et de près. Gaugwig an Griebrid Wilhelm ILI., März 7.

März 5.

Marx 5.

Mär 9.

La nomination des préfets a occupé depuis quelques jours la euriosité du publie, et on en a blâmé généralement les choix comme reproduisant des personnes qui ne sympathisent pas avec le gouvernement actuel. Dans mon opinion, tout cela importe peu. Les préfets n'auront d'autre tendance que celle qui leur sera imprimée. Ainsi Charles Delacroix, Jacobin sous le gouvernement qui l'était, deviendra soumis sous celui-ei!). Tels sont les hommes lorsqu'ils sont mus, comme en France, par le besoin de la faveur et de la fortune. »Il n'y a plus de Jacobins, m'a répété plusieurs fois le Premier Consul. Il avait raison. Le gouvernement acquiert chaque jour plus de considération et de force, et l'armée lui est entièrement dévouée. La fermeté de Bonaparte s'étend même envers sa famille. Son frère Lucien Bonaparte, ministre de l'intérieur, irrité de ce qu'on avait rejeté plusieurs préfets qu'il avait proposés, lui a dit dans le fort de la colère; »si vous n'avez pas les talents d'un Cromwell, vous ne ferez pas de moi un Richard Cromwell. Il faut nommer ceux que j'ai désignés, autrement je vous abandonne ainsi que les miens«. »Qui sont les vôtres en France«, a repris le Premier Consul. »Ce sont tous les patriotese. »Je vous donne vingt-quatre heures pour quitter votre ministère ou le continuer«, a répliqué le consul. Lucien Bonaparte a cédé et s'est soumis . . .

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