Unterretung mit Napoleon Bonaparte
... Nicht Hiffrirt) Avant-hier, j'ai diné aux Tuileries. A l'issue du dîner, le Premier Consul, dont je ne saurais assez louer l'affabilité, m'a pris à part et m'a dit avec un ton de franchise et d'humeur : »Ce n'était pas après la bataille de Marengo que la cour de Berlin devait faire à la République l'offre de sa médiation; c'était ne se montrer qu'après les événements; elle devait sentir que nous n'avions plus besoin alors d'intermédiaires et que le cabinet de Vienne se trouverait forcé de rompre le silence et de traiter directement avec la France; ce qui est arrivé. L'offre de cette médiation effectuée six mois plus {tôt aurait acquis et mérité toute la reconnaissance du nouveau gouvernement français. Ce n'était pas non plus de la Russie que lc roi de Prusse devait nous parler dans cette même médiation, comme pouvant être liée à la sienne. Cela devenait incompatible avec l'état de guerre qui existe encore dans ce moment entre la France et cette puissance, et puis c'était en quelque sorte ne pas apprécier la dignité et l’état de puissance de la République. Au- Jourd’hui je négocie avec Vienne, ajouta-t-il, de manière à me faire espérer une fin prochaine aux maux de l'humanité et à la guerre. Sa réponse est attendue dans dix-sept jours au plus tard. La cession de la ligne du Rhin à la France fait partie des bases de la paix convenues déjà entre les deux puissances, et je ne pense pas que la cour de Berlin veuille retirer aujourd'hui le suffrage qu'elle a émis à cet égard à Rastatt. [Chiffrirt] Ce serait montrer au nouveau gouvernement français de l'indifférence et peu d'intérêt, et ce serait le jeter dans une alliance offensive et défensive avec Vienne, qu'il répugnera de contracter sans cela. De toute manière, j'ai besoin de la cession en question pour ne pas avoir le reproche d’avoir fait la paix à des conditions moindres que le Directoire, bien que mes succès fussent plus décidés« . . .
Berichte von Sanboy- Rollin. Zalleyrand an Sanboy-Rollin. 339
»Vous le dirai-je enfin«, reprit le Premier Consul en terminant cette conversation, »les lenteurs de la cour de Berlin à négocier notre paix avec celle de Pétersbourg, ses lenteurs à offrir sa médiation et enfin les lenteurs de la Russie même à se rapprocher de la France, tout faisait soupçonner que ces deux puissances cherchaient bien plus à prolonger la guerre qu'à y mettre un terme; aussi cela n’a pas échappé à l'attention de Vienne comme à la mienne, et n'a pas peu contribué à nous rapprocher et à écarter les difficultés qui pouvaient nous tenir en inimitié et en guerre. «Vous le dirai-je enfin, ajouta le général Bonaparte, »j'ai été chagrin de voir qu'on se fût mépris à Berlin sur les cessions éventuelles faites à la République batave d’Huyssen et de quelques autres districts !, au point de les prendre pour un projet formé d'aliéner ce qui n'était pas de notre dépendance, tandis que ces cessions n'étaient que l'effet d'un mésentendu et de l'ignorance du sieur Talleyrand« . . .
349, Note von Talleyrand an Sandoz:Rollin. Paris, 19. Thermidor VIII 2).
Original, gez. Eh. Dau. Zalleyrand.
Der Erfte Eonful nimmt die preußifche Bermittelung nur in febr beichränktem Maße an. Freigebung ber ruffiihen Gefangenen.
... L’estime toute particulière que le Premier Consul avait conçue depuis longtemps pour les qualités personnelles de S. M. [Prussienne], lui avait fait désirer son intervention dès le commencement de l'hiver; mais S. M. ayant cru qu'au préalable il convenait d'opérer un rapprochement entre la France et la Russie et s'étant chargée de cette négociation, qui a éprouvé des lenteurs sur lesquelles on n'avait pas compté, . .. la guerre a été de nouveau chargée d'amener la paix. Après deux mois de
Aug. 7.
Aug. 7.
combats, les puissances belligérantes ont senti le besoin de mettre un :
terme à cette lutte déjà si longue et un armistice général ayant paru nécessaire pour parvenir à s'entendre, cet armistice a été conclu et il peut être regardé comme un présage probable de la paix. Mais si, dans les circonstances présentes, l'intervention de S. M. le roi de Prusse ne devient pas d'une nécessité indispensable pour le rétablissement de la paix avec l'Empereur, elle est toujours extrêmement précieuse au Premier Consul, soit pour traiter avec la Russie, soit pour donner suite aux arrangements dont le principe a été posé dans la convention de Berlin du 15 thermidor an IV [5 août 1796]. Ainsi le Premier Consul se persuade
1) In bem Bertrage zwifhen Frankreih und ber bataviihen Nepublit vom 5. Ja: nuar 1800.
2) Am felben Tage von Sandoz nad Berlin geidhidt.
Aug. 7.
Aug. 24.
Sept. 4.
390 Urkunden No. 349—353.
que S. M. Pr. voudra bien persévérer dans les dispositions qu'elle a témoignées: pour en faciliter l'effet vis-à-vis l'empereur de Russie, le Premier Consul s'est décidé à renvoyer sans échange 6 mille Russes qui étaient prisonniers en France!) ... Le Premier Consul desire la paix générale, . . . et il se persuade que $. M. Pr... . n'a besoin que d'en avoir fortement la volonté pour concourir efficacement à une conclusion si désirée en Europe ... .
Berichte von Sando3- Rollin aus Paris.