Barras
... Le Directoire est en danger, il est divisé. Le sieur Barras est le seul qui soit bien avec Sieyès. Il a dit, le jour même de son installation !) : »je serai toujours de son avis, il me croira ainsi presque autant d'esprit qu'à lui-même, et nous vivrons parfaitement ensemble«. Ce mot peint à la fois la légèreté insouciante de l'un et le présomptueux égoisme de l'autre. Barras tient fortement à sa place, non par ambition ou par vanité, mais par l'avarice des prodigues. Mais s'il vole sans remords, il prodigue sans regret; c'est un besoin pour lui de jeter l'argent par les fenêtres. Il y jetterait la République dès demain, si elle n'entretenait pas ses chiens, ses chevaux, ses maîtresses, sa table et son jeu . ..
12. Gerüchte von einem Plan zur Wieberherftellung der Monardie.
. . | Une opinion généralement répandue dans Paris et caressée par tous les partis, excepté les anarchistes, c'est que Sieyès a rapporté de Berlin un plan concerté avec la Russie et consenti par la coalition, en vertu duquel ce nouveau directeur se serait engagé de préparer les voies au rétablissement de la monarchie. On est si fatigué de la République, qu'on se résignerait à repasser encore par le régime de la Terreur, s'il le fallait absolument pour hâter le retour à la royauté. On regarde ce qui arrive aujourd'hui comme un préalable nécessaire à ce résultat; c'est à Sieyès qu'on en fait les honneurs. Voilà sans doute des visions, mais aussi je ne les donne que pour servir de texte contre ceux qui prétendaient établir en fait le républicanisme de la soidisante grande nation.