‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 227 sur 234 · Kronprinz Friebrih Wilhelm · texte numérisé non relu

Kronprinz Friebrih Wilhelm

... Dans les entretiens que Votre Excellence eut la bonté de m’accorder pendant mon séjour à Vienne !), j'eus l'honneur de lui avouer mon insuffissance à porter un jugement sur le caractère que prendrait le nouveau règne, et j'eus en même temps celui de lui en exposer les raisons. La difficulté est toujours la même. Je crois néanmoins ne devoir terminer le présent rapport sans lui offrir un assemblage de traits épars, qu'on pourrait regarder comme éléments d'un portrait à faire du Roi futur. Toujours un peu gêné dans sa contenance, très réservé de tout temps, son extérieur n'a rien de bien prononcé; ceux qui l’approchent de plus près, prétendent qu'il est indécis. Cette supposition paraît fondée et parmi plusieurs causes auxquelles on peut attribuer également cette indécision, la plus probable me paraît être celle-ci: que le prince, doué d'un assez bon sens naturel, sent et sentira tous les jours davantage le défaut d’instruction. Son éducation, de ce côté, a été négligé au delà de tout ce qu'on peut croire d'un père qui aimait tendrement ses enfants, et d’un fils né pour de si hautes destinées. Lorsqu'on la crut à peu près finie, cette éducation, on

1) Vom 27. Juni bis 10. October war Firft Neuf von Berlin entfernt und theils in Karlsbad, theils in Wien gemefen.

uni 6,

Juni 20.

Nov. 8.

536 Fünfter Anhang. Urkunden No. 6—$.

le fit assister successivement aux séances des différents départements; il s'y ennuya de son mieux et ne laissa nulle part le moindre vestige, la plus petite marque d'un intérêt quelconque pris aux affaires qui s'y traitaient; tout le monde eût dit merveilles de lui, si lui y eût dit quelque chose au monde. Suivant le Roi à la guerre, il y fut matériellement, il ne marqua aucune envie de s'y distinguer, quelquefois il se lamenta des maux que la plus juste des guerres entraînait inévitablement, un éclair de bravour eût infiniment ennobli ce sentiment. Il la vit finir avec plaisir; ses plus grands soins dans cette partie se bornaient depuis à bien exercer son régiment, et il y réussit. De temps en temps il lui échappe quelque trait de dureté passagère, qu'on peut mettre sur le compte de l'inconsidération de läge. Ennemi de la représentation et du faste, il aime la vie retirée; économe, il plaga dans les fonds du commerce maritime des épargnes prises sur les 100 mille écus annuels que lors de la formation de sa maison le Roi lui assigna, trop libéralement à son avis. Il tient la main à la discipline, il aime l'armée qu'il voudrait augmenter encore. Ses mœurs sont pures, sa maison est bien réglée, ses gens bien traités. Les deux aides de camp que le Roi lui donna, MM. de Köckritz et de Jagow, se louent de ses procédés ; ce dernier est insignifiant, M. de Köckritz de son côté semble avoir part à la confiance du prince, qu'il mérite sous le rapport de l'honneur et de la droiture; c'est un bon militaire et ne rien de plus. M. le comte de Brühl, quoique son ancien gouverneur, passait jusqu'ici pour n'avoir aucune influence sur lui; s'il figure dans ce rapport-ci comme l'intermédiaire des paroles portées entre le prince royal et M. le comte de Panine, on n'en peut inférer grand’ chose pour la suite, parce que dans cette occasion sa mission récente à Pétersbourg 1) et le désir du prince d'être bien avec la Russie, lui servent de créance . . .

Quant aux affections politiques du prince royal (car ici le nom de système serait prématuré) ,: il en existe quelques données assez prononcées : d'un côté, son aversion pour les Français de toutes les nuances et sa haine très cordiale vouée aux démocrates; de l'autre, sa pleine conviction que le premier moyen conservateur est dans l'amitié de la Russie. Il n'ignore pas l'opinion que l'on a de sa façon de penser à l'égard de l'Autriche; c’est pourquoi il a fait dire à M. le comte de Panine par le comte de Brühl, et à moi par M. le comte de Tauentzien, que loin de nourrir aucun sentiment haineux contre nous, il ne demandait qu'à vivre en bon voisin et dans la plus parfaite intelligence avec 8. M. l'Empereur et Roi, que toute prévention céderait aux faits. Et puis, condamnant en masse les opérations, sauts et bonds du cabinet du Roi pendant ces derniers dix ans, »ce n'est pas, dit-il, par de vaines paroles, par des protestations creuses, par des promesses cent fois violées, qu'on parvient à se raccréditer dans le monde et à corriger le vice des actions, il faut racheter un fait par un autre, et c'est ainsi que je compte rappeler la confiance qui nous fuite.

1) Brühl war nad Petersburg gejbidt worben, um ben Raifer Paul zu beglüdwiünfchen. — Neuß berichtet ebenfalls am 8. November, Brühl babe, von Panin unter. richtet, dem Sronpringen wegen ber preußifchen Politit Vorftelungen gemadt.

Berichte des Fürften Reuf aus Berlin. 537

V. E. s’assurera bien elle-même de la sincérité de cette profession de foi, 1797 si j'ai l'honneur de lui observer avec ce respect qu'on doit à la vérité, surtout Rev. 8. lorsqu'il s'agit de préjuger l'avenir d’un jeune prince dont on ne peut pas encore avoir à se plaindre, que longtemps avant que le Roi ne commença à décliner et avant toute apparence d’une succession si précoce, 8. A. Royale sur ce dernier chapitre s'est expliquée de même quant au fond, quoique en termes plus mesurés, non seulement vis-à-vis le prince héréditaire d'Orange qu'il aime, mais vis-à-vis d'autres personnes encore auxquelles il crut pouvoir s'ouvrir . ..

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