‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 64 sur 234 · Das Direftorium und Napoleon Bonaparte · texte numérisé non relu

Das Direftorium und Napoleon Bonaparte

Le commandement de l'armée d'Angleterre décerné au général Bonaparte, est envisagé ici ou comme un moyen de le faire décheoir de sa puissance, ou comme un moyen de sonner l'alarme en Angleterre. Sa réponse, qui est attendue encore, décèlera l'idée qu'il en aura prise luimême. C'est le sieur Barras qui a ouvert le premier l'avis de ce commandement. »En attendant qu'on détermine à ce heros«, a-t-il dit, rune récompense digne de ses triomphes, il faut au moins employer utilement son génie militaire. Le sieur Larevelliere-Lepeaux a secondé cette opinion. Les autres directeurs auraient bien voulu contrarier cet avis, on le sait: mais la grande célébrité du général les a rendus muets. Dans un gouvernement pareil à celui-ci, le général Bonaparte peut prétendre à l'autorité. Les politiques de Paris rêvent et croient que le sieur Barras médite quelque projet caché dans ce nouveau commandement, et qu'il cherche à rapprocher l’armée de la capitale, afin de s'en servir utilement selon les circonstances et selon son ambition . . .

134. Unzufriedenheit bei den Fünfhundert über die Griebensbebingungen. Gallo über Thugut. Œalleyranb. Barras.

On ne s'y attendait pas: le traité de paix avec l'Empereur a essuyé

Berichte von Sandoz-Rollin aus Paris, 157

dans le comité général des Cing-Cents les plus grandes objections. Le représentant Sieyès s'est élevé surtout contre sa teneur. »J'avais cru, at-il observé, »que le Directoire dieterait les conditions de la paix à l'Autriche, et je vois que le Directoire les a reçues de l'Autriche. Estce là le fruit de tant de travaux, de tant de gloire et de tant de sang? La cession de la ville de Venise au prince même qui a ourdi sa ruine est une atrocité politique, dont la République française aura honte d’avoir été la complice. Ce n'est pas une paix que ce traité; c'est l'appel à une nouvelle guerre. Guillemardet et Talot ont appuyé, chacun à sa manière, cette opinion. »Remarquez«, a dit le dernier, »que le traité de paix tend à fortifier l'Empereur et à affaiblir la République cisalpine, l'objet de toute notre affection. Comment la soutenir présentement? et comment empêcher l'Empereur qu'il ne la détruise avec plus de facilité que nous ne l'avons élevée? »Oui, le but de la paix«, a repris l'abbé Sieyes, »ne saurait être d'abandonner ses alliés, et des avantages aussi considérables accordés à l'Empereur doivent être compensés par des avantages équivalents et qui feront sans doute partie des articles secrets. Il importe donc infiniment de connaître ceux-ei avant de ratifier le traité ; mon avis serait done d'envoyer un message au Directoire pour lui en demander communication.

Cet avis a été adopté unanimement. Une députation de cinq membres, dont l'abbé Sieyès, s’est rendu au Directoire, et y a exposé l'objet de sa commission. Ce dernier a renvoyé la députation avec la réponse suivante: qu'il se tiendrait inviolablement fixé à la constitution, qui lui attribuait la faculté de taire ceux des articles des conventions ou des traités qui seraient désignés secrets, et qu'en conformité de ce principe, il ne pouvait point déférer à ses désirs. Cette réponse était à prévoir. Malgré cela elle a excité beaucoup de murmures et de mécontentement parmi les membres du comité. Le parti de la Montagne a dit et répété de toute part qu'il n'existait pas de despotisme semblable à celui du Directoire; mais à la suite de ces clameurs, il a fini par ratifier le traité. La grande célébrité du général Bonaparte commande le respect et le silence.

Le Conseil des Anciens a ratifié de son côté, peu de jours après, ledit traité, sans y trouver le moindre article à critiquer et à réformer. On soupçonne avec assez de probabilité que les oppositions de l'abbé Sieyès contre la paix avec l'Autriche n'étaient faites que d’après les suggestions de Rewbell . . .

On croyait bien plus à la paix à Paris, qu'on n’y croyait à Vienne; J'en ai la preuve dans une lettre du marquis de Gallo au ministre de Naples ici, dont j'ai eu communication. »Vous ne sauriez eroire«, y est-

Nov. 6.

Nov. 12,

158 Urkunden No. 134—137.

il dit, »ce qu'il a fallu faire pour lever d'un côté les incertitudes politiques du sieur Thugut, et pour rabaisser de l'autre les hautes prétentions de Bonaparte: c'était à y perdre la tête et la raison; vous remarquerez surtout que si l'Empereur eût consenti à la paix avant le 4 septembre, il aurait obtenu des conditions encore plus avantageuses: car la majeure partie de la Bavière aurait été réunie à l'Autriche. Ma faveur est personnelle ici, continue le marquis de Gallo; le crédit et l'influence de la cour de Naples ont baissé extrêmement depuis sa paix avec la France; on l'accuse d'avoir été le promoteur du démembrement de l'État de l'Église et de ses malheurs. Ce qui vous surprendra, ajoute-t-il encore, c'est d'apprendre que le sieur de Thugut montre de l'indifférence et souvent de l’humeur contre cette paix: on pouvait mieux faire, selon lui, et en prolongeant la négociation pendant l'hiver, on eût amené la destruction de la République française . . .

Les instructions des plénipotentiaires français pour le congrès de Rastatt sont dressées et rédigées dans le bureau même du Directoire. Talleyrand n'y est pour rien... Il n'est ministre des relations extérieures que de nom, et ne jouit pas de la moindre influence. On dit de lui dans le Directoire: c’est un homme d'esprit, mais ce n’est pas un homme qui mérite confiance, et ce n'est pas un républicain. »L'esprit qui n'a pas de caractère n'est bon à riens, me disait en dernier lieu le directeur Barras; »voyez Barthélemy, Portalis: voyez Boissy d’Anglas et tous les Clichyens«. Il aurait volontiers dit: voyez Talleyrand, s'il n'en avait craint l'indiscrétion. La paix, selon lui, n'est pas aussi bonne pour la France, que ses succès auraient pu la faire désirer, mais on avait traité avec beaucoup de désavantage, ayant l'hiver et un ennemi fortifié à combattre .

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