‹ Prévention de la mort subite par embolie pulmonaire post-opératoireChapitre 8 sur 13 · SERRE ER EE TR · texte numérisé non relu

SERRE ER EE TR

Ken,

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lié, qui grâce à une dose énorme d'’adrénaline (11 centigrammes), a réussi à sauver une malade atteinte d’une embolie pulmonaire à forme de collapsus périphérique. Si nous ajoutons que Soulié, dans ce cas, n'a pas hésiter d’administrer l’adrénaline par voie intraveineuse, nous nous rendons compte qu'il faut vraiment utiliser des doses inhabituelles en thérapeutique. Villaret fait remarquer à juste titre que l’adrénaline est un excellent sympathomimétique mais que son action est fugace et que dans le cas rapporté par Soulié, celui-ci était obligé de réitérer les injections d’adrénaline tous les quarts d'heure, car la malade retombait dans le collapsus.

Aussi Villaret préfère utiliser des sympathomimétiques à action moins brutale mais de durée plus prolongée.

Ainsi, il emploie avec succès l’éphédrine, !: sympatol, le pressyl.

1) Le deuxième groupe de médicaments à utiliser est celui des yagolytiques en particulier, l’atropine.

Villaret la préconise pour les mêmes motifs pour lesquels nous avons vu qu’il faut l’instituer comme traitement préventif.

Il faut injecter des fortes doses de sulfate d'atropine par voie intraveineuse. Dans une des observations publiées par Villaret, il s'agissait d’une malade atteinte d'embolie pulmonaire en état de mort apparente. L’atropine et la respiration artificiellle

ont amené d’abord la respiration normale, ensuite, la cessation progressive des troubles et la guérison dans les trois jours.

— Üne drogue dont l'emploi est très récent et qui ne repose pas sur les données expérimentales est la papavérine. Elle a été employée pour la première fois dans la clinique des frères Mayo, par Allen et Mac Lean. Trois statistiques sérieuses sont venues dernièrement confirmer l'efficacité de ce traitement par la papavérine ou par l’un de ses succédanés : la première série émane de Denk et réunit un nombre important de malade, le deuxième groupe vient de Geza de Takat ; la troisième statistique nous est fournie par les frères Mayo.

Il faut injecter dès que les premiers accidents emboliques se manifestent des doses énormes de papavérine. On peut introduire impunément 5-10 centigrammes de la drogue et on peut renouveler la dose au bout d’une demi-heure, puis toutes les trois heures, jusqu'à atteindre un gramme de papavérine dans les vingt-quatre heures, et l’on continuera à donner ainsi le médicament les jours suivants. Ici encore il faut agir vite, fort, longtemps.

— Denk rapporte des observations très intéressantes car très complètes. L'auteur rapporte neuf cas d'embolie pulmonaire grave ayant abouti à la mort apparente ; sept malades ont pu être sauvés ; le deux cas mortels étaient au-dessus des ressources de la thérapeutique, car il s'agissait de ces embolies

— QD) —

massives qui arrêtent complètement la circulation pulmonaire.

Geza de Takat rapporte une observation des plus intéressantes car il a pu faire une radiographie quelques jours après le traitement et vérifier l’existence d'un énorme infarctus.

Nous trouvons dans la papavérine une nouveauté thérapeutique de la plus grande valeur, mais il faut faire cependant une réserve à son sujet. I] ne faut jamais l'employer toute seule mais concurremment aux autres produits déjà cités. D'ailleurs, dans les observations des auteurs américains, aucun n’a employé la papavérine seule, d'autant plus que cette drogue à une action hypotensive et il ne faut pas oublier que l’embolie pulmonaire se présente parfois sous la forme d’un collapsus cardiovasculaire très important.

Un quatrième oroupe de produits doit être utilisé et ce sont les analeptiques respiratoires. L’expérimentation a montré que la mort par embolie pulmonaire survient presque toujours par l’inhibition des centres bulbaires : il convient donc en pareil cas d’exciter tout particulièrement le centre respiratoire qui semble être le premier touché. Les médicaments qui excitent ce centre sont : la coramine, le pressvl et surtout la caféine. Dans le même but on utilise actuellement les inhalations d'oxygène, soit sous la tente À oxygène, soit dans les appareils qui permettent une inhalation du mélange carbogène.

Les tonicardiaques, en particulier l’ouabaïne, sont employés en injection intraveineuse mais ne semblent pas d’un secours très efficace. En effet, dans l'observation si instructive rapportée par Soulié, l’ouabaïne n’avait aucunement agi. Enfin il y a lieu d'utiliser dans les formes douloureuses de l'embolie pulmonaire, pour calmer la douleur qui atteint parfois les paroxysmes atroces, la morphine à haute dose. Mais, comme pour la papavérine et comme pour tous les autres médicaments que nous avons employés jusqu'ici, il faut utiliser des doses énormes puisque les quantités injectées atteignent pour la première injection 3 centigrammes de morphine et on peut répéter cette dose toutes les secondes pour atteindre 15 centigrammes de morphine et obtenir véritablement un état soporeux.

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