Rosa fribunrgensis Lagg. et Pug
Le R. friburgensis Lagg. et Pug. estencore constitué par une variété du R. pomifera. Cette variété est à feuilles glabres et glanduleuses sur les deux faces, à folioles tantôt grandes tantôt moyennes ou petites.
Selon moi, les trois dernières formes ne peuvent pas être séparées du R. pomifera. Celui-ci représente un petit groupe de formes très-affines qui sont tomenteuses (Tomentosae), glabriuscules (Glabriusculae) ou glabres
(Glabrae), à folioles toujours ou presque toujours glanduleuses en dessous et parfois glanduleuses en dessus, à folioles ordinairement amples et rarement petites.
Il ne faut pas s’imaginer que le R. pomifera tel que je le comprends soit toujours facile à distinguer des formes glanduleuses du R. mollis(R. resinosa Auct.). Il existe des variations transitoires qui ne sont franchement ni des R. pomifera, ni des R. mollis. Aussi, je ne puis admettre que le R. pomifera soit spécifiquement distinet du R. mollis. Pour moi, toutes les Villosae dont il sera ici question ne sont que des variélés plus ou moins remarquables d’un même type cardinal et constituant un ensemble analogue à celui formé par les variétés du R. tomentosa. Elles ne se distinguent pasles unes des autres par des caractères de premier ordre, et leurs limites, plus ou moins vagues, ne reposent que sur des caractères tout à fait secondaires et dont la valeur a été exagérée.
5, — Rosa Grenieri Déségl.
Le R. Grenieri Déségl. ne me parait pas être une forme rigoureusement délimitée et semble plutôt formé d'un groupe de formes plus ou moins affines. C’est ainsi que dans l'exemplaire que je possède du N° 58 de l'Herbarium Rosarum de M. Déséglise, le spécimen en fleurs n'est pas identique avec le fructifère. Le premier a les folioles églanduleuses en dessous et à dents peu composées, à stipules très-peu ou pas glanduleuses en dessous, tandis que le second présente des folioles un peu glanduleuses en dessous et des stipules abondamment glanduleuses à la face inférieure. D'autre part, le N° 58° de la même collection, représenté par une forme de Habère-
Lullin que l'Abbé Puget a distribuée abondamment, n'est pas identique avec le N° 58. Son facies général cest différent; ses pédicelles sont plus courts; ses folioles sont relativement plus étroites et ordinairement plus atténuées à la base. Cette Rose de Habère-Lullin ne semble être au fond qu’une forme microphylle du R. pomifera, à réceptacles fructifères un peu moins densément hispides. Ses folioles, qui sont plus densément tomenteuses que dans le type de Herrman, paraissent être complétement dépourvues de glandes éparses à la face inférieure, mais en se servant d'une forte loupe et en soumettant la face inférieure des folioles à une lumière convenable, on parvient à découvrir, dissimulées dans le duvet, des glandes sur les nervures secondaires et sur le parenchyme interposé.
Le R. Grenieri de Villard-d'Arène cité par M. Déséglise n’est pas le même que celui de Habère-Lullin ; ses folioles sont relativement plus larges et moins atténuées aux deux bouts et ses réceptacles sont plus petits.
M. Moutin, auquel je dois de si précieux matériaux, m'a envoyé, de la Motte d’Aveillans, une belle série de formes qui me permettent de mieux reconnaitre encore les affinités qui relient le R. Grenieri au R. pomifera. Les unes, sans être tout à fait identiques à la forme de Habère-Lullin, ont, comme celle-ci, un duvet abondant qui dissimulent la présence des glandes sousfoliaires ; les autres laissent parfaitement voir ces glandes au milieu d’une pubescence moins épaisse. Parmi ces formes, il en est dont les pétales sont ciliés-glanduleux et dont les réceptacles fructifères sont aussi gros que ceux du À. pomifera.
Le R. minuta Boreau, dont je possède des échantillons authentiques que je dois à M. Ozanon, n'est probablement
( 105 ) 765 qu'une forme appartenant au groupe de variations désignées sous le nom de R. Grenieri. Quoique en dise M. Déséglise, ses folioles ne sont guère plus petites que celles du R. Grenieri de Habère-Lullin. La petitesse de ses réceptacles est vraisemblablement düe à une cause individuelle, c’est-à-dire à la délicatesse des arbrisseaux sur lesquels les spécimens ont été recueillis. Il me parait probable que le type de Boreau ne repose donc que sur des spécimens chétifs du R. Grenieri et que le R. minula publié par M. Déséglise dans son Herbarium Rosarum avec le signe du doute représente une variation moins chétive du R. Grenieri.
D'après les localités citées par M. Déséglise et d'après les échantillons que j'ai vus, j'estime que le nom de R. Grenieri ne s'applique pas à une forme rigoureusement délimitée, mais, je le répète, à un petit groupe de variétés plus ou moins aflines où l’analyse peut faire découvrir plusieurs espèces aussi distinctes que la plupart de celles qu'on a créés aux dépens des R. pomifera et R. mollis. En somme, le groupe du R. Grenieri constitue en quelque sorte un passage du R. pomifera au R. mollis que nous allons examiner.
Je ne consacrcrai pas un paragraphe spécial à chacune des formes dites spécifiques qui dépendent de ce que j'appelle R. mollis; ces formes viendront, chacune à leur tour, dans le tableau synoptique que je vais tracer et qui est plus ou moins calqué sur celui des variétés du R. tomentosa.