IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE
,o exemplaires numérotés, sur papier du Japon ; 50 exemplaires numérotés sur papier de- Chine.
Tous cts exemplaires sonl signés et parafés par l'Éditeur.
dtlAVE CZAXNE
Simonetta Foscari
Les minnesingers cajoleurs
aux douces chansons
avec l'accord
du jet d'eau qui pleure
au verger en fleurs,
les joueurs de cor
et les échansons,
enfin, tous Liux qui sont.
4 PRIXCESSF
jadis passés en merveilleux décor et passeront encor...
Les varlets qui vont mourir
aux prisons des tours,
et les servants d'amour
venus tour à tour
Jiyec des fleurs, des sourires
et des roses de Timour,
et puis les lansquenets,
et les chevaliers de Tyr,
tous ceux que la ronde a menés,
et ramènera toujours...
Mai toi,
tes lèvres et tes cheveux
et tes roses aux doigts,
et tes aveux
le soir auprès du feu,
mais toi,
et les soirs de mai,
les soirs aimés,
tout cela est fini, vois
et ne reviendra jamais.
Trist.xn Kn\r,<;oR.
Li^ Porfmif
Bartholomeo Giovanni Salviati, marquis de Spolète et duc de Vintimille, de la vieille famille des Salviati, qui fournit des doges à Venise et des gouverneurs
à Florence, était déjà vieux de cinquante années et veuf depuis quinze ans de Maria- Lucrezia Belleverani , les Belleverani de Kaples, alliés aux familles ducales de Modène et de Pamie, et même à la maison de Médicis, quand il épousait en secondes noces, lui, déjà ridé et chenu, Simonetta Foscari, belle jeune fille de vingt ans à peine, dans toute la fleur d'une éblouissante puberté. Cette Simonetta Foscari, Florentine de race et d'instincts, du sang des vieux Foscari, si terribles à leur propre patrie, les Foscari des émeutes, des
.araplots, des amours tragiques et des trahisons, lignée de criminels et de voluptueux, où les hommes, beaux comme des courtisanes, et les femmes, belles comme des archanges, fournirent des mignons au Fort Saint-Ange et des papesses
1 Vatican, n'était point :te pour démentir un pro-
erbe populaire en Italie sur l'insolente beauté de ceux et de celles de sa maison. Les Fcscari si beaux qu'ils tenteraient Dieu, blas
hcmait alors, et blasphème - .core, dans la plaine lombarde, un dicton quasi ?a crilége.
Une anonyme figure d"un élc%e du Vinci et qui pourrait bien être la Foscari de cette histoire (car le catalogue des Ufizzi l'intitule portrait de la Marquise di- Spolèie'), a transmis jusqu'à nous sa périlleuse beauté. Reléguée dans une petite salle obscure du musée, le hasard seul, ou bien alors une volonté avertie, peut découvrir la précieuse toile, mais je défie bien quiconque a contemplé une fois cette petite tète altière, de pouvoir jamais l'oublier. Du renflement du front à la nuque violente, c'est une petite tête courte, impé-