‹ Princesse et favoriteChapitre 2 sur 105 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

CORBACn.

Et l’Allemagne, monsieur de Kœnigsmark, vous ne nous parlez pas de l’Allemagne ?

KŒNIGSMARK.

L’Allemagne, messieurs!... la pairie du vin couleur d’ambre et des yeux couleur d’azur I Vive Dieu 1 je réservais son nom pour le dernier. Buvons à l’Allemagne I

TOUS

A l’Allemagne !

CORBACH.

Et aussi à la Suède, puisqu’elle nous a envoyé pour camarade un homme de votre mérite et de votre courage, M. de Kœnigsmark.

TOUS

Oui, oui, à la Suède I

KŒNIGSMARK.

Merci, messieurs I (lls trinquent et boivent. Kœnigsmark se retonrne vers Maximilien.) Holà I hé! Mansfeld, VOUS ne buvez pas avec nous?

^ MAXIMILIEN, se levant.

Je vous rends grâce, je n’ai pas soif.

KŒNIGSMARK.

Comment, vous n’avez pas soif!... avez-vous donc une mauvaise conscience ou un mauvais estomac?... Il fait toujours soif pour les hommes vertueux et bien portants. Eh! que diablel mon cher ami, nous ne sommes pas Turcs, il faut boire.

MAXIMILIEN

A quoi bon ?

KŒNIGSMARK.

Le malheureux!... il est ivre! (Les antres rient.) A quoi J bon?... mais à marcher dans les voies de la sagesse et de ! la philosophie.

CORBACH.

Ah! parbleu I prouvez-nous cela.

KŒNIGSMARK.

C'est facile!... la philosophie n’esl-elle pas la recherche | de la vérité? '

CORBACH.

Eh bien ?

KŒNIGSMARK.

Eh bien! In vino veritas, dit le proverbe! la vérité est dans le vint... donc... buvons I

Buvons I

TOUS

KOENIGSHARK.

Tenez, Mansield!... je bois à votre maîtresse 1 vous ne refuserez pas de porter celle santé -là, j’espère I

MAXIMIMEN.

Ma maîtresse, dites-vous? SO.l... (ll prenit un verre et boit.) KOENIGSMABK.

Quand je vous disais que l’amour était de la partiel

(Chantant.)

II faut, pour goûter ses appas.

Languir jusqu’au trépas :

Mais ce n’est pas vivre Que de n’aimer pas.

Voilà ce qu’on chante à Versailles, messieurs, sur la musique de l’immortel Lulli; et vous voyez que cela est vrai partout. (Reprenant sa chanson.)

Mais ce n’est pas vivre Que de n’aimer pas!

Voyons, Mansfeldl... contez-nous cette passlon-là. Vous vous taisez!... Diable 1 vous m’avez l’air de prendre l’amour d’une façon lugubre.

MAXIMILIEN

Que voulez-vous ? chacun le prend à sa façon, (ii s’éloigne

de nonrean.)

KOENIGSMABK, h demi-voii.

Décidément nous n’egayerons jamais ce pauvre Mansfeld. Depuis bientôt un an que nous couchons sous la même tente, je ne l’ai pas vu une fois de belle humeur.

ÇORBACII.

Vraiment ?

KOENIGSMABK.

Vraiment I un charmant garçon d’ailleurs, brave, généreux, loyal, cl à qui je dois le plaisir de trinquer avec vous, messieurs... car j’étais bel et bien coupé eu deux comme une pomme, par ce grand diable de Turc, si Mansfeld ne l’avait envoyé, avec tant d’à-nropos, dans le paradis de Mahomet... Aussi est-ce entre nous à la vie, àJa mort 1 11 ne lui manque que d’avoir soif... Allons I... un dernier verre et bonsoir.

CORBACII.

A quoi buvons-nous ?

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