SCÈNE IX
KŒNIGSMARK, aeui.
Où diable m’onl-ils fourré ?... c’est sombre, mais point humide... Diantre t mi cachot de velours I... (Touchant une de% tapisseries.) On so taillerait de beaux pourpoints dans ces portières... Est-ce un boudoir en deuil ou un oratoire en gaité ? Il doit y avoir des trappes dans le plancher, (ii frappe du pied sur le parquet.) Procédons à une reconnaissance des lieux I... (il tàte les mnrs.)Une armoire I... (ll ouvre uue petite armoire pratiquée dans on des panneaux.) Malepcsie ! ... de quoi adoucir ma captivité I... (ll tire de l’armoire un flacon et des biscuits.) Le fait est que j’ai eu tant de préoccupa lions depuis hier que j’ai oublié de déjeuner ce malin... (ll pose le flacon et les biscuits sur la table, remplit un verre, et y trempe un biscuit.) Prenons des forceS I on ne sait pas ce qui me pend au nez 1 c’est mon aventure de cette nuit qui me vaut cela, c’est sûrl.i ce qui prouve bien qu’on a lort de porter des nœuds de rubis à la garde de son épée!... élégant, va !... An fait ! esl-ce qu’on me prendrait pour... Ah I pauvre duchesse! je n’avais pas songé à cela !... Mais non 1 elle en scia' quitte pour dire la vérité ; on me fera pendre, par égard pour la mémoire du prince Maximilien, et pendant ce temps-ià le cher prince trouvera bien le moyen d’enlever sa cousine, que diable 1... Allons I allons! tout est pour le mieux ! (Preoaut uu second biscuit.) Kœnigsmark! mon pauvre ami, voilà peut-être ton dernier repas! fais-lui honneur !... J’ai toujours aimé l’alicante de mon vivant ; qu’il m’aide à faire dans la tombe une entrée un peu joyeuse !... cela réchauffe I... (ii prend un troisième biscuit.) Pestelsi je continue, je ferai chez les morts du tapage nocturne !... j’en conterai à Proserpine... si elle est blonde!... Est-elle blonde ? oh 1 les Allemandes!... Elles m’ont fait passer des demi-heures qui ne duraient pas cinq minutes!... toujours de mon vivant ! .. Et je leur chaulais des choses ! .. (Chantant.)
Abl Philia, je trépasse!
Daigne me si courirt En seras-tu plus grasse De m’avoir fait mourir!
(Tendrement.) la, meinAerr/... Souvenirs mondains !... Bastel... s’il entrait une femme ici maintenant, je me sens en humeur de lui chanter mon dernier refrain!... C’est étonnant comme le voisinage de la mort... et l’alicante me rendent le cœur tendre!... (ÈUsabetb entre en scène.)
I>«1NCESSE ET FAVORITE