ACTE QUATRIÈME
ÉLISABETH
Il y- va do votre honneur, monsieur le duc!
GEORGES
Ah! mon honneur! Est ce que vous allez encore me parler do ma femme? laissons ma femme en repos, mille diables! et soyons en joie!
ÉLISABETH
Elle VOUS trompe !
GEORGES
Encore!... Ce n’esl pas vrai; vous savez bien qu’elle ne pense qu’à son Maximilien, el il est mort.
ELISABETH
Elle vous trompe, vous dis-je, et Kœnigsmark est son complice !
GEORGES, riant.
AhI ahi ah! voyons, comtesse, diles-moi des choses que je puisse croire ! Kœnigsmark... mon amil... il songe bien à elle, vraiment!
ÉLISABETH
J’ai des preuves, entendez-vous?
GEORGES
Oui, ouil vengeances de femme que tout celai... où sont-elles ces preuves? je vous défie de me les montrer!...
ÉLISABETH
A minuit, Kœnigsmark sera chez elle, el ils fuiront ensemble!
GEORGES
A minuit, Kœnigsmark sera à table, et trinquera avec moi! Encore une fois on nous attend, venez!
ÉLISABETH, bas à Platen.
Platenl... il est ivre!...
Eh bien?
ÉLISABETH, se décidant et préseotaLt b Georges la lettre de Sophie.
Tenezl monseigneur, voilà une lettre de votre femme!.. . Est-ce une vision cela?...
PLATEN, bas à Elisabelb.
Malheureuse I
ÉLISABETH, bas.
Laissez donc !...
GEORGES
Une lettre? (ll prend la lettre.)
KI.ISABETII.
Lisez! (Suivant du doigt co qu’ci:e lit.) « Aiiii ! je crois rêvcp encore, je vais être libre, et je le serai par vous. Maintenant que tout est décidé, le temps me parait bien long; mais il était prudent d’attendre mmnit. Je vous envoie la clef de la petite grille, vous trouverez la porte du pavillon entr’ouverle. Est-ce que vraiment je ne rêve pas?... Sophie. » Estce bien sa signature?
GEORGES
Enfer!...
ÉLISABETH, voulant lui retirer la lettre des mains.
Ne froissez pas celle lettre! il faut la porter à son adresse.
GEORGES, retenant la lettre.
El après?... qu'est-ce qu'il y a après?
ÉLISABETH, |iarveiiant à reprendre la lettre.
Rien!... que voulez-vous qu’il y ail? votre regard est trouble, inon cher duc!
GEORGES
Tonnerre! est-ce que vous me croyez ivre?... Ah! l’on Se joue de moi! qu’il revienne ce Kœnigsinarkl... l’infâme!...
ÉLISABETH
Ne donnez pas l’éveil!... que l’heure du crime soit celle du châtiment!... un ordre signé de vous, et je me charge du reste.
GEORGES
Un ordre?... quel ordre?
ÉLISABETH
Celui de les mettre à mort!... N’allez-vous pas les laisser vivre?
GEORGES
Non! non! il y aura du fang; à quelle heure diles-vou.s ? (Tendant la maiu pour reprendre la lettre.) Voyons!
ÉLISABETH
Minuit.
C’est bien!... nous veillerons et nous boirons jusque-là! (Il s’as!.icd ti une table pour écrire.) Qui l’cXécUtera, Cet Ol’dre?
ÉLISABETH
Ne vous mettez pas en peine, j’ai des gens pour cela.
GEORGES, cherchant U écrire.
Je... je veux,... moi... Georges...