COUDER, FREDY, JEAN
(P'redy et Jean entrent en causa nt par la droite)
II s'agit d'attaquer le taureau par les cornes.
(Ronflements de Couder) JEAN
Deja, je I'entends meugler. Le voici. Le vieuxforban dort dusommeilderinnocence. Si qu'onle reveillerait en musique?
(II attaque le premier, Fredy suit,)
Frere Johne, frere Johne, dormez-vous. . .
(Au bout d'un instant, Couder se retourne et se dresse brusquement sur son seant. Son ahurissement devant les deux hommes qui continuant h chanter.)
JEAN
Eh ! bien, tonton Couder, qu'attendez-vous pour tomber dans les bras d'un neveu qui vous aiine ?
COUDER Dors-je? Rev'-je? Le baron ! Wehrburg !
FREDY, saluant ceremonieusement, ainsi que Jean
Nous-memes, qui venons, 6 grand Roi de Tor, vous faire, au lever, un petit brin de cour.
JEAN
Comment va cette vieille sante ? S'il faut en croire Vos ronflements majestueux, le coffre est toujours bon !
COUDER, se leve
Monsieur, vous me rendrez raison ! Ou est ma niece ?
Au septieme ciel, je m'en vante. Nous achevons le cours de notre premiere annee de lune de miel, dans la maison de notre cher ami John Smith.
COUDER Jolie societe : un ravisseur et un failli !
JEAN, tres aimable
Quand on possede une niece ravissante, il faut s'attendre a lui voir trouver un epoux ravisseur ! Mais vous-meme, jeune conjoint de mon coeur, n'avez-vous pas ravi celui de la belle Olga ? Et ce sommeil que nous interrompimes, n'etait-il pas le signe de la digestion amoureuse ?
COUDER
Ah ! mes enfants ! Dites plutot de Pindigestion ! Ce que j'en ai soupe de sa bouteille. . . non. . . de sa fiole, a la ci-devant comtesse ! Je donnerais bien, je crois,
la moitie de ma fortune a qui me delivrerait de cette femme-torpille.
FREDY
II vous fallait une femme-torpeur. Nous en recauserons quand nous vous aurons debarrasse de Tautre,
COUDER Vous allez me debarrasser d'Olga?
JEAN
Et en cinq sees ! Une tante comme 9a, on ne la tolere a son foyer que lorsqu'on en est eloigne de quelques centaines de lieues.
Ah ! mon ami ! mon cher baron !
(II embrasse Jean avec frenesie.)
JEAN
Eh la! eh la! je suis fragile! Ne m'ecrasez pas comme 9a contre votre lard, vieux larron ! Respectez le porte bonheur de votre niece.
COUDER A quel prix ma delivrance ?
FREDY Ceci me regarde.
COUDER
Vraiment, je ne sais comment voiis remercier, cher Monsieur Wehrburg... tout court.
FREDY Pardon ! John Smith, s'ilvous plait!
COUDER Quoi I c'est vous le failli ?
FREDY, riant
Rassurez-vous, cher monsieur, il n'en est rien.
COUDER
Je ne comprends plus. Et votre proposition de rachat ?
Un simple moyen detourne de vous raccomoder avec Jean, et de vous faire assister a la petite fete que je donne tout-a-l'heure. Nous celebrons Textraction d'une pepite qui m'aide a boucler mon vingtieme million.
COUDER
Vingt millions ! Aoh ! Bravo, jeune homme ! mes
compliments. (II secoue vigoureusement les mains de Fredy, puis changeant de ton) Et maintenant, dites moi. (II prend
Fredy sous le bras) A quel cours ma fille se tient-elle chez vous ?
FREDY Bas, tres has. tout-a-fait bas !
COUDER C'est dommage.
JEAN
On dirait que ce bas vous blesse?
COUDER
J'eusse prefere, pour ma tranquillisatioh, la savoir tout au moins au pair.
JEAN, riant
Le voila bien, le cri d'un coeur de pere !
FREDY
Nous en recauserons plus tard, reposez-vous d'abord. Miss Alice vous a sans doute accompagne ?
(II Sonne.)
Certes, elle est en train pour decortiquer votre bilan.
JEAN
Ah! Tadmirable occupation pour une ame amoureuse !
(Meg parait a droite.)
FREDY, a Meg
Veillez a ce que Monsieur Couder puisse tranquillement reposer jusqu'a Theure de notre petite fete. II a besoin de beaucoup de calme et d'un peu de camomille. Dispensez-lui Tun et Tautre, ma chere Meg, ces deux articles sont de votre ressort.
JEAN, a Couder
C'est 9a, tonton, allez-y de votre romance. Cette accompagnatrice-la sera bonne menagere de votre voix.
COUDER, s'en allant au bras de Meg, d'un air piteux
Oh ! je dois vous avouer que... pour le moment... je suis presque aphone.
(lis rentrent dans le chalet).