‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 108 sur 479 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Après qu'on lui aura appris ce qui sert à le faire plus sage et meilleur, ou l'entretiendra que c'est que logique, physique, géométrie, rhétorique ; et la science qu'il choisira, ayant déjà le jugement formé, il en viendra bientôt à bout. Sa leçon se fera tantôt par devis S tantôt par livre : tantôt son gouverneur lui fournira de l'auteur même propre à cette lin de son institution ; tantôt il lui en donnera la moelle et la substance toute mâchée-; et si de soi-même il n-'est assez familier des livres pour y trouver tant de beaux discours qui y sont, pour l'etTet de son dessein, on lui pourra joindre quelque hoimito de lettres, qui, à* chaque besoin, fournisse les munitions qu'il faudra, pour les distribuer et dispenser à son nourrisson. Et que cette leçon ne soit plus aisée et naturelle que celle de Gaza 5, qui y peut faire doute? Ce sont là préceptes épineux et mal plaisants, et des mots vains et décharnés, où il n'y a point de prise, rien qui vous éveille l'esprit : en cette-ci l'àme trouve où mordre, où se paître. Ce fruit est plus grand sans comparaison, et si* sera plutôt mûri.

C'est grand cas^ que les choses en soient là en notre siècle que la philosophie soit, jusques aux gens d'entendement^, un nom vain et fantastique, qui se trouve de nul usage et de nul prix, par opinion et par effet. Je crois que ces ergotismes*^ en sont cause, qui ont saisi ses avenues. On a. grand tort de la peindre inaccessible aux enfants, et d'un visage renfrogné, sourcilleux et terrible : (jui me l'a masquée de ce faux visage, j)àle

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