‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 112 sur 479 · LIVRE l · texte numérisé non relu

LIVRE l

toujours serein : c'est Baroco et BaraUpton * qui rendent leurs suppôts ainsi crottés et enfumés; ce n'est pas elle : ils ne la connaissent que par ouïr dire. Comment? Elle fait état de sereiner les tempêtes de Tàme, et d'apprendre la faim et les fièvres à rire 2, non par quelques épicycles^ imaginaires, mais par raisons naturelles et palpables : elle a pour son but la vertu, qui n'est pas, comme dit l'école, plantée à la tête d'un mont coupé, raboteux et inaccessible : ceux qui l'ont approchée la tiennent, au rebours, logée dans une belle plaine fertile et fleurissante, d'où elle voit bien sous soi toutes choses; mais si peut on y arriver, qui* en sait l'adresse, par des routes ombrageuses, gazonnées et doux-fleurantes^, plaisamment, et d'une pente facile et polie, comme est celle des voûtes célestes. Pour n'avoir hanté cette vertu suprême, belle, triomphante, amoureuse, délicieuse pareillement et courageuse, ennemie professe et irréconciliable d'aigreur, de déplaisir, de crainte et de contrainte, ayant pour guide nature, fortune et volupté pour compagnes, ils sont allés, selon leur faiblesse, feindre cette sotte image, triste, querelleuse, dépite^, menaceuse, mineuse^et la placer, sur un rocher à l'écart, enmii^ des ronces : fantôme à étonner les gens^.

- 1. Deux dos dix-neut* mots factices par lesquels on désignait dans l'ancienne logique les formes du syllogisme.

^. C.-à-d. elle apprend à rire mrme à ceux qui sont allâmes ou souillent de la lièvre.

5. LV/;/r//r//% dans l'ancienne astronomie, ('tait un petit cercle qu'on supposait parcourir la circonférence d'un cercle plus grand, poiu' i-endre com|>te des irrégularités apparentes <1ans le uu>iivement des astres ; cette ligure estait aussi sans doute employée dans l'astrologie.

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