De quoi dépend de tençàt
9. Cette phrase est plus lonirue et moins expressive dans 1580-8.
MONTAIGNE
française, je ne vois si petit apprenti qui n'enfle des mots, qui ne range les cadences à peu près comme eux: Plus soncit quam valet^.Vowv le vulgaire, il ne fut jamais tant de poètes; mais, comme il leur a été bien aisé de représenter leurs rythmes, ils demeurèrent bien aussi court à imiter les riches descriptions de l'un et les délicates inventions de Tautre.
Voire^; mais que fera-il, si on le presse de la subtilité sophistique de quelque syllogisme? a Le jambon fait boire, le boire désaltère : par quoi le jambon désaltère. )) Qu'il s'en moque : il est plus subtil de s'en moquer que d'y répondre; qu'il emprunte d'Aristippus^ cette plaisante contrefmesse : « Pourquoi le délierais-je, puisque, tout lié, il m'empêche? » Quelqu'un proposait contre Cleanthes des finesses dialectiques ; à qui Chrysippus* dit : (( Joue toi de ces batelages^ avec les enfants; et ne détourne à cela les pensées sérieuses d'un homme d'âge ^. )) Si ces sottes arguties, contorta et acuJeata sophismala"' , lui doivent persuader une mensonge^, cela est dangereux; mais si elles demeurent sans efïel et ne l'émeuvent qu'à rire, je ne vois pas pourquoi il s'en doive donner garde ^. Il en est de si sots qu'ils se détournent de leur voie un quart de lieue pour courir après un beau mot : aut qui non verha rébus aplani, sed res exlr'msecus arcessunt, quibus verha conveniant] et l'autre: qui alicu-
1. « Dans tout cela, plus de son que de sens. » (Sénèque, Ep. XL: cit. a). 1595.)