‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 139 sur 479 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

plusieurs appellations latines d'artisans et d'outils. Quant à moi, j'avais plus de six ans avant que j'entendisse non plus de français ou de périgourdin, que d'arabesque*; et, sans art, sans livre, sans grammaire ou précepte, sans fouet et sans larmes, j'avais appris du latin, tout aussi ^pur que mon maître d'école le savait, car je ne le pouvais avoir mêlé ni altéré. Si, par essai, on me voulait donner un thème, à la mode des collèges> on Je donne aux autres en français, mais à moi il me le fallait donner en mauvais latin pour le tourner en bon* Et Nicolas Grouchy^, qui a écrit de Comitiis Romanorum^ Guillaume Guérente^ qui a commenté Aristote, Georges Buchanan*, ce grand poète écossais, Marc-Antoine Muret ^, que la France et l'Italie reconnaît^ pour le meilleur orateur du temps, mes précepteurs domestiques, m'ont dit souvent que j'avais ce langage en mon enfance si prêt et si à main" qu'ils craignaient à m'accoster. Buchanan» que je vis depuis à la suite de feu Monsieur le Maréchal de Brissac^, me dit qu'il était après^ à écrire de l'insti-

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