Var. : à fuscKje et à la cou
tume (1580-8).
6. Le père de Montai^^ne avait pris part aux camj)agnes d'Italie, d'où il était revenu vers 15^28; c'est d'Italie qu'il avait rapporté ce goût des lettres et ce respect de ceux qui les professaient.
7. Environ dans l'ancienne langue pouvait être préposition aussi bien qu'adverbe.
S. A Bordeaux, y. Cf. p. 44, n. 2,
MONTAIGNE
ron l'âge de sept ou huit ans, je me dérobais de tout viutre plaisir pour les lire; d'autant que cette langue était la mienne maternelle et que c'était le plus aisé livre que je connusse et le plus accommodé h la faiblesse de mon âçro, à cause de la matière : car des Lancdots dxi Lac y A^^ Amadis^ des Huons de Bordeaux^, et tels fatras de. livres à quoi l'enfance s'amuse, je n'en connaissais pas seulement le nom, ni ne fais^ encore le corps; tant exacte était ma discipline. Je m'en rendais plus nonchalant à l'étude de mes autres leçons pi^scrites. Là, il me vint ^singulièrement à propos d'avoir affaire à un homme d'entendement de précepteur^, qui sût dextrement conniver* à cette mienne débauche et autres pareilles : car par là j'enfilai tout d'un train Virgile en V Enéide, et puis Térence,'et puis Plante, et des comédies italiennes, leurré toujours par la douceur du sujet. S'il eût été si fol de rompre ce train, j'estime que je n'eusse rapporté du collège que la haine des livres, comme fait quasi toute notre noblesse. Il s'y gouverna ingénieusement, faisant semblant de n'en voir rien; il aiguisait ma faim, ne me laissant qu'à la dérobée gourmander^ ces livres, et me tenant doucement en office