Intelligence, talent; cf. p. 50, n
De l'amitié.
^e cfiie nous appelons ordinairement amis et amitié, ce ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent ^ En l'amitié de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l'une en l'autre, d'un mélange si universel qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a joiptes. Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en * répondant : « Par ce que c'était lui, parce que c'était moi. )) 11 y a, au delà de tout mon discours et de ce que j'en puis dire particulièrement, je ne sais quelle force inexplicable et fatale, médiatrice de cette union. Nous nous^ cherchions avant que de nous être vus, et par^ des rapports que nous oyions l'un de l'autre, qui faisaient en notre affection plus d'effort que ne porte la raison des rapports^; je crois, par quelque ordonnance du ciel. Nous nous embrassions par nos noms^; et en notre première rencontre, qui fut par hasard en une grande fête et compagnie de ville, nous nous trouvâmes si pris, si connus, si obligés^ entre nous, que rien dès lors ne nous fut si proche que l'un ù l'autre, il écrivit une satire latine excellente, qui est
1. Au sens étymologique de se tenir ensemble' Cf., dans Monlaif^ne même (II, 55) : Un corps entier et s entretenant . « Les autres amitiés lient; la nôtre nous confondait ».