C.-à-d. ont répugné à la vie active
10. Mes actions seraient plutôt l'elfet du hasard que le rellet de mon âme.
11. C.-à-d. qui ne montreraient que des parties, des aspects de moi-même et non moi tout entier.
12. Le mot squelette (axeAeTO?', séché, de axeXÀeiv) n apparaît sous sa forme française qu'à la fin du xvi* siècle; on disait {)jus souvent anulomie sèciie. Cf. p. 16, n. 5.
iJVUE II.
nient de cœur, une autre, et douteusement*. Ce ne sont mes gestes que j'écris; c'est moi, c'est mon essence.
Je tiens qu'il faut être prudent à estimer de soi 2, et pareillement coiisciencieux à en témoigner, soit bas, soit haut, indifférennnent. Si je me semblais bon et sage tout à lait, je l'entonnerais à pleine tète^. De dire moins de soi qu'il n'y en a, c'est sottise, non modestie; se payer de moins qu'on ne vaut, c'est lâcheté et pusillanimité, selon Aristote* : nulle vertu ne s'aide de la fausseté, et la vérité n'est jamais matière d'erreur. De dire de soi i)lus qu'il n'en y a, ce n'est pas toujours présomption, c'est encore souvent sottise : se comj)laiie outre mesure de ce qu'on est, en tomber en amour de soi indiscrète^ est, à mon avis, la substance de ce vice. Le suprême remède à le guérir, c'est faire tout le rebours de ce que ceux-ici^ ordonnent, qui, en détendant le parler"^ de soi, défendent par conséquent encore plus de penser à soi. L'orgueil gît en la pensée; la langue n'y peut avoir qu'une bien légère part.
De s'anuiser à soi, il leur semble que c'est se plaire en soi; de se hanter et |)ratiquer, que c'est se trop chérir : nuiis cet excès nait seulement en ceux t[ui ne se tàtent que superllciellement ; ((ui se voient après leurs affaires^; qui appellent rêverie et oisiveté, de s'entretenir de soi, et s'étotfer et bàlir, faiie des châteaux en Espa^ne^; s'estimant chose tierce*^ et étrangèie à eux-mêmes. Si qnei([u'un s'enivre de sa science,
1. C.-à-d. c'Iiacuii de i'«»s plicMuiniènes ne montrait, v[ (.luiie la^on iiisunisante, que dos elVets particuliers : or, c'est mon essence que je veux manifester.