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MONTAIGINE.
cherche que la science qui liaile de la connaissance de moi-même, et qui "m'instruise à bien mourir et à bien vivre :
Has meus ad metas sudet oportet equus*.
Les difficultés, si j'en rencontre en lisant, je n'en ronge pas mes ongles; je les laisse là, après leur avoir l'ait une charge ou deux. Si je^ m'y plantais, je m'y perdrais, et 5 le temps; car j'ai un e.sprit primesautier; ce que je ne vois de la première charg.e, je le vois moins en m'y obslinant. Je ne fais rien sans gaieté; et la continuation et contention trop ferme éblouit mon jugement, l'attriste et le lasse. Ma vue s'y confond et s'y dissipe; il faut que je la retire et que je l'y remette à secousses : tout ainsi que pour juger du lustre de l'écarlate*, on nous ordonne de passer les yeux par dessus, en la parcourant à diverses vues, soudaines reprises et réitérées-^. Si ce livre me fâche, j'en prends un autre et ne m'y adonne qu'aux heures où l'ennui de rien^ faire commence à me saisir. Je ne me prends guère aux nouveaux, parce que les anciens me semblent plus pleins et plus roides; ni aux Grecs, parce que mon jugement ne sait pas faire ses besognes d'une puérile et apprentisse intelligence ^
Entre les livres simplement plaisants, je trouve, des modernes, le Decameron, de Boccace^, Rabelais, et les
1. « C'est vers ce but que doivent tendre mes chevaux lialetants. »
(Properce, IV^ i, 70; cit. aj. 1588.)