‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 219 sur 479 · LIV[\E II · texte numérisé non relu

LIV[\E II

Baisers de Jean Second*, s'il les faut loger sous ce titre-, dignes qu'on s'y amuse. Quant aux Amaclis^, et telles sortes d'écrits, ils n'ont pas eu le crédit d'arrêter seulement mon enfance^. Je dirai encore ceci, ou hardiment, ou témérairement, que cette vieille àme poisante ne se laisse plus chatouiller, non seulement à l'Arioste^, mais encore au hon Ovide : sa l'acilité et ses inventions, qui m'ont ravi autrefois, à peine m'entretiennent-elles ^ à cette heure. Je dis librement mon avis de toutes choses, voire et de celles qui surpassent à l'aventure ma suflisance, et que je ne tiens aucunement être de ma juridiction : ce que j'en o})ine, c'est aussi pour declarei^ la mesure de ma vue, non la mesure des choses', (juand je me trouve dégoûté de VAxiocfie^ de F^alon, comme d'un ouvrage sans force, eu égard à un tel auteur, mon jugement ne s'en croit pas : il n'est pas si outrecuidé de s'opposer à l'autorité de tant d'autres fameux jugements anciens, qu'il tient ses régents et ses maîtres, et avec lesquels il est plutôt content de faillir'^; il s'en prend à soi, et se condanme, ou de s'arrêter à l'écorce,- ne ^pouvant pénétrer jusqu'au fond, ou de regarder la chose par quelque faux lustre. Il se contente de se gai-antir seulement du trouble et du dérèglement : (juant à sa fiiiblesse, il la reconmiît et avoue volontiers. Il pense

1. Je.in Kvcraerts, dit Jean Second, n«'- à La llayo <'n KSll, moil à rà^'"(' dt' vin^t-cinq ans, auteur d'él«''<;anlos Elcfiics, imitées de TibiilUî et (1(^ l'ri)|)(M('(\et des Itasia, on il a très adroitement manié les ryllimt^s lyiiques les plus variés.

[">. Après litre, l'édition de 15S0 ajoutait : et, des siècles un peu au-dessus du nôtre, l'Histoire Etfiiofdqite (dilt'liodore de Sy^ie, romancicM' du iv" siècle).

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