Var. : à celle de voire conscience
MONTAIGNE
judicio est utendum,... Virtutis et vitiorum grave ipsius conscioitiœ pondus est : qna suhlata, jacent omnia^.
Mais ce qu'on dit, que la repentaiice suit de près le péché, ne semble pas regarder le péché qui est en son haut appareil, qui loge en nous comme en son propre domicile : on peut désavouer et dédire les vices qui nous surprennent, et vers lesquels les passions nous emportent; mais ceux qui, par longue habitude, sont enracinés et ancrés- en une volonté forte et vigoureuse, ne sont pas sujets à contradiction. Le repentir n'est qu'une dédite de notre volonté, et opposition de nos fantaisies, qui nous pourmène^ à tous sens. 11 fait désavouer à celui-là sa vertu passée et sa continence :
Quîe mens est hodie, cur eadem non puero fuit? Vel cur his animis incolumes non redeunt gense* ?
C'est une vie exquise, celle qui se maintient en ordre jusques en son privé. Chacun peut avoir part au batelage^ et représenter un honnête personnage en l'échafaud^, mais au dedans et en sa poitrine, où tout nous est loisible, où tout est caché, d'y être réglé, c'est le point. Le voisin degré, c'est de l'être en sa maison, en ses actions ordinaires ^ desquelles nous n'avons à rendre raison à personne, où il n'y a point d'étude, point d'artilice.... Quand le règlement s'y trouverait, il faut un jugement vif et bien trié pour l'apercevoir en ces actions basses et privées : joint que l'ordre est une vertu morne
1. « C'est de votre propre jugement qu'il faut vous servir: le ju^rement que porte la conscience sur le vice ou la vertu est d'un ^rand poids : supprimez-la, tout lo reste tombe avec elle. » Cicéron [Tusc, I, 25; De nnt. Deo7\.
ni. 55; cit. aj. en 1595.)