‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 456 sur 479 · Il n'est pas aussi étonnant quon lo dit · texte numérisé non relu

Il n'est pas aussi étonnant quon lo dit

MONTAIGNE

et qu'encore aujourd'huy elles ne se trouvent que pai rencontre aux principaux conseils de nos Roys; et, si céte fin de s'en enrichir, qui seule nous esl aujourd'huy en bute* par le moyen de la jurisprudence, de la médecine, du pedantisme S et de la théologie encore, ne les tenoit en crédit, vous les verriés sans doubte aussi marmiteuses^ qu elles furent onques. Quel dommage, puisqu'elles^ ne nous apprennent ny a bien penser, ny a bien faire? [Postquam docti prodierunt, boni desunt^. Toute aultre science, est dommageable à celuy quin^a la science de la honte.

Mais la raison que je cherchoys tantost, seroit elle point aussi^ de là, que nostre estude en France n'ayant quasi autre hut que le proufit, moins de ceux^ que nature a faict naistre à plus généreux offices que lucratifs'' ^ s'aidonnants aux lettres, ou si courtement^ (retire'^ aidant que d'en avoir pris appétit, à unej profession qui n'a rien de commun avec les livres^,, il ne reste plus ordinairement, pour s^engager tout à faict à V estude, que^ les gents de basse fortune, qui y questent des moyens à vivre? Et de ces gents-là, les âmes estans et par nature, et par institution domestique et exemple, du plus bas aloy, rapportent '\ faucement le fruit de la science^. Car elle n'est pas pour donner jour à Vame qui n*e7i a point : ny pour faire veoir un aveugle. Son mestier est, non de luy fournir de veuë^^, mais de la luy^

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