PARTIE I. SECT. ÎI. CHAP. IV. tri
telles qui affluent dans le fleuve, il est obligé de dépenser toute l'eau qui survient ainsi extraordi-
nairement. Ces accrues universelles arrivent ordi:
agirement dans notre climat vers le 15 février : ailleurs c'est au mois de mai et de juin, lorsque la fonte des neiges arrive sur les montagnes ; mais en général il est peu de pays qui ne soit sujet à des pluies périodiques, qui grossissent tes rivieres, et font monter leurs eaux à une hauteur à-peu: près égale tous les ans.
79. Pour répondre à présent à la question qué hous nous somimes proposée, ÿe reprends et je distingue deux sortes de régimes ; 1° l’un. qui répond aux crues permanentes, 2° l’autre qui répond aux trwes accidentelles et périodiques. Si on suppose homogene toute l'étendue du terrain que parcourt un fleuve depuis sa source jusqu’à la mer, la vitesse de régime qui convient à ce terrain sera par-tout la nrême, c'est-à-dire qu’afin que son lit ait de la stabilité, il faudra que la vitesse moyenne du courant soit constante, malgré l'iné. galité de la dépense occasionnée par les accrues permanentes des rivieres qui y affluent de distance en distance , et l'augmentation de l'aire de sa section , à mesure qu'il approche de la mer. D'un autre côté, le régime a dû commencer d'abord à s'établir vers l'embouchure, par l'effet du travail des eaux entieres du fleuve, combiné avec le niveau de la mer, qui est sensiblenrent fixe et invariable : or, ce travail a dû tormmmenter par creuser le lit, en ne lui donnant que la moindre largeur
112 PRINCIPES D'HYDBAULIQUE.
possible; car il consiste principalement dans l'effet des chütes, des cataractes, ou au moins des cascades qui se forment d'elles -mêmes dans tout lit qui a trop de pente ; le fond se creuse et s’abaisse, tandis que les bords restent à pic, jusqu’à ce qu'il se fasse des éboulements qui précipitent les rives dans le courant : les terres éboulées , ameublies et détrempées, sont bientôt emportées par l'eau : le Jit continue à s’approfondir ; les rives croulent de nouveau ; la vallée se forme ; mais la section du courant , toujours resserrée dans le fond, ne peut acquérir que peu de largeur ; elle reste donc àpeu - près semblable à la figure du trapeze dont nous avons parlé (60), et c'est sous cette forme que le régime commence à s'établir depuis fj jusquene.
Quant au lit supérieur € d, sa dépense sera diminuée de toute la quantité d'eau de la riviere le; il devra aussi prendre la même forme, mais son aire diminuera , afin que la vitesse reste constante ; et le rayon moyen étant plus petit dans cette partie que dans l’inférieure ef, il faudra que la pente reste plus grande. En faisant le même raisonnement pour les lits supérieurs, on voit que la pente du lit cd sera plus grande que celle du lit de; que celle du lit bc sera encore plus grande que celle du lit cd; et ainsi de suite, à mesure que par la suite des temps le régime s'établira progressivement, en s'éloignant de, la mer, et en s’approchant de la source.
: -Mais,s'il survient, comme il n'en. faut pas dou+
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ter, des accrues accidentelles, causées par les
pluies du ciel, elles doivent apporter du changement à cette marche méthodique des crues permanentes; comme leur effet principal est d'augmenter la vitesse du courant , elles hâtent l’approfondissement du lit, et la diminution de la pente : mais quand le régime des crues permanentes est établi, ces crues accidentelles doivent élargir le lit, sans presque l’approfondir, du moins d’une maniere durable, et cela par trois raisons. 1° Parce les roseaux et différentes sortes d'herbes aquatiques ayant poussé et jeté leurs racines dans le fond du lit, pendant l'intervalle des crues périodiques, ils en tapissent la paroi, lorsqu'un courant plus
‘impétueux vient à les coucher sur ce fond, et le
préservent ainsi de la corrosion de l’eau. 2° Parce que, si dans toute la masse du terrain, dont le fleuve est parvenu à faire à la longue une vallée, il s’est trouvé des pierres ou du gravier, plus propres à résister au lavage des eaux que l'argile ou le sable, ces matieres se seront déposées dans le fond du lit,en lui donnant une consistance que les bords, composés de terre vierge, ne peuvent avoir. 3’ En supposant mème que la violence de l’accrue périodique ait un peu approfondi le lit, lorsque cette accrue sera passée, le régime se
- rétablira par le dépôt du limon le plus délié, que
le fleuve chariera encore ; et la largeur du lit restera augmentée en plus grand rapport que la profondeur.