‹ Principes d'orientation sociale; (volume 2)Chapitre 14 sur 79 · LES TRUSTS · texte numérisé non relu

LES TRUSTS

Depuis Tépoque où le libre-échange a été établi, il s'est produit dans les pays protectionnistes un phénomène, dont Cobden ou ses contemporains n'avaient pas le moindre soupçon. C'est le système des trusts. M. Balfour ne possède pas de remède pour combattre ce mal; il ne connaît qu'un « palliatif ». L'Angleterre se trouve, en réalité, devant un monde où les relations commerciales internationales sont régies par des traités. Et, dans un monde pareil, est-il raisonnable que le pays qui, au point de vue commercial est le plus grand de tous, se présente en disant : « Nous sommes disposés à faire des traités avec vous. Nous n'avon3 rien à vous donner. Nous n'avons rien à vous refuser. Nous nous livrons entièrement à votre discrétion et à votre générosité. Rappelez-vous, de grâce, que nous avons toujours été bienveillants envers votre commerce; que jamais nous n'avons mis d'obstacles sur votre route; que nous faisons

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tout ce que nous pouvons pour vous être agréables. Aussi, nous vous en supplions, ne nous oubliez pas lorsque vous concilierez vos nouveaux traités de commerce! »

11 faut bien reconnaître qu'un pays qui renonce à son droit de négocier n'a guère de chances de faire de bons marchés, et que le seul moyen d'atténuer le tort qui nous est causé actuellement par les tarifs étrangers, serait d'entrer en négociations avec les pays protectionnistes, afin d'obtenir, par des concessions mutuelles, un traitement meilleur pour nos produits.

l'union DE l'empire

Comme M. Chamberlain, M. Balfour recommande chaudement l'union avec les colonies.

L'union douanière est, du reste, le prélude de l'union politique. L'exemple de l'Ecosse (1) et

(i) Lord Rosebery (Sheffield, i3 octobre 1903) réplique que l'union douanière n*a pas précédé l'union politique en Ecosse. C'est le contraire qui est vrai. L'Ecosse a été aifamée et obligée de se soumettre à l'union, sous la pression des règlements douaniers, que l'Angleterre avait édictés pour atteindre ce résultat.

de l'Angleterre, et, plus récemment, celui du Zollverein allemand, en sont la preuve. Cette partie du problème fiscal est la plus importante, mais aussi la plus délicate, car elle paraît impliquer la nécessité d'établir un droit sur les denrées alimentaires. « Or, dit M. Balfour, — et cette déclaration constitue la différence essentielle qui distingue sa manière de voir de celle de M. Chamberlain — je ne pense pas que, dans notre pays, Topinion publique soit mûre pour l'imposition des produits alimentaires », bien qu'il estime que « l'on ait exagéré, au-delà de ce qui «st raisonnablement et logiquement permis, les maux qui pourraient résulter de l'imposition des denrées ».

l'union EST DIFFICILE A RÉALISER

Dans son discours de Manchester, 1 1 janvier 1904, M. Balfour est revenu sur les difficultés que rencontre la réalisation d'une union plus intime entre l'Angleterre et ses colonies. Elle requiert, a-t-il dit, le consentement de deux grandes communautés : la mère-patrie et les colonies. 11 faudra, pour y arriver, détruire des préjugés profondément enracinés; il faudra

vaincre Topposition aux taxes sur les denrées alimentaires en Angleterre, et obtenir des colonies qu'elles se départissent des rigueurs de leur politique protectionniste en faveur de la métropole.

M. Balfour a expliqué qu'il n'a pas voulu maintenir le droit d'un shilling sur le blé, qui avait été imposé pour couvrir les frais de la guerre de l'Afrique du Sud, parce qu'il savait qu'une taxe sur les céréales n'aurait jamais été tolérée par le pays pour des raisons purement fiscales; toutefois, cela ne veut pas dire que la nation ne s'y soumettrait pas, s'il lui était démontré que c'est le moyen d'atteindre un but élevé, tel que l'union de l'Empire. Seulement, il faut, avant d'agir, que le pays soit convaincu des avantages qui résulteraient de l'imposition d'une taxe sur les denrées. Une décision de ce genre ne peut être prise qu'après mûre réflexion. II faut bien se garder de céder à un mouvement d'enthousiasme, car toute réaction en cette matière serait un désastre pour l'Empire.

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