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entre E et F. Puis, par une nouTelle addition d'eau» une raie d'absorption apparaît recouvrant les trois quarts de l'espace DE, débordant un peu la ligne D, et persiste lors même que Ton étend encore la dissolution. Cette bande d'absorption entre D et E caractérise Thémoglobine réduite, étendue en couche suffisamment mince. Elle disparait dès qu'on agite la dissolution avec de Toxygène ou de l'air, et se trouve remplacée alors par les deux raies de l'oxyhémoglobine.
L'hémoglobine des globules du san^ vivant n'est jamais complètement réduite. Elle perd son oxygène au contact des tissus, qui agissent comme agents ré* ducteurs, mais jamais en proportion assez grande pour donner le spectre de l'hémoglobine réduite. En examinant au spectroscope le sang qui circule dans une veine, on voit le même spectre qu'avec le sang artériel, mais plus voilé et comme reposant sur un fond obscurci. Il semble résulter de la superposition des spectres des hémoglobines oxygénée et réduite.
L'oxyhémoglobine, traitée par un acide ou un alcali, fournit, outre la matière albuminoïde et Thématine, des traces d'acides gras volatils et des substances azotées inconnues. L'hémoglobine, privée d'oxygène, et main* tenue à l'abri du contact de l'air, donne, dans les mêmes conditions, un précipité d'abord incolore, si on la traite par un acide, coloré, si on emploie de Ja potasse. Sous l'influence des acides et des alcalis, la matière colorante du sang ne laisse apercevoir, à l'analyse spectrale, que les bandes d'absorption qui caractérisent l'hématine en solution acide ou alcaline,
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c'est-à-dire, dans le premier cas, une bande obscure au niveau de la raie C, et quelquefois deux près de la raie E et sur la moitié gauche de l'espace frF, deux près de la raie D. Dans le deuxième cas, une bande large et diffuse occupant la plus grande partie de l'espace C D, et dépassant à droite la raie D.
Action de l'oxyde de carbone sur V hémoglobine. — L'hémoglobine forme avec l'oxyde de carbone une combinaison définie et cristallisée analogue à celle qu'elle produit avec l'oxygène. M. Bernard vit le premier que l'oxyde de carbone chasse l'oxygène contenu dans le sang, et il fonda sur cette action particulière une méthode pour analyser les gaz du sang. Lotbar Meyer constata également que l'oxyde de carbone, en réagissant sur le sang, chasse l'oxygène à volume égal à celui de l'oxyde de carbone absorbé. Depuis, Hoppe Seyler obtint directement la combinaison de l'oxyde de carbone avec la matière colorante du sang, et reconnut que cette combinaison est stable et résiste longtemps, sans se détruire complètement, à l'action de la chaleur et du vide produit par la pompe à gaz.
On prépare les cristaux d'oxyde de carbone et d'hémoglobine soit à l'aide du sang défibriné, soit avec l'oxyhémoglobine elle-même. On étend le sang avec de l'eau, ou bien on dissout les cristaux d'oxyhémoglobine dans l'eau, on refroidit la dissolution à 0*, et on la fait traverser pendant quelques minutes par un courant d'oxyde de carbone. A quatre volumes de la dissolution on ajoute ensuite un volume d'alcool, on agite bien, et on laisse reposer pendant vingt-quatre heures;
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on obtient ainsi en général des cristaux d'un gros Tolume.
Les cristaux d'oxyde de carbone et d'hémoglobine sont bieû^rouge et plus foncés que ceux d'oxyhémol(iobine, leur dissolution est également plus sombre et plus bleuâtre. Ils ne présentent aucune différence de forme avec ceux de l'hémoglobine, du moins chez les cochons d'Inde, les rats, les écureuils et probablement aussi les chiens. Ils sont peu solubles dans l'eau et dans un mélange d'eau et d'alcool, et plus stables que ceui d'oxyhémoglobine. Ils se décomposent sous l'influence de l'air, mais peuvent se conserver indéfiniment dans des tubes scellés. Hoppe Seyler trouva les chiffres suivants pour l'analyse des cristaux d'oxyde de carbone et d'hémoglobine: 10,2764 grammes de matière pressée avec du papier à filtre, fournissent, lorsqu'ils sont desséchés à 100% 4,7683 de résidu qui ont donné par l'action du vide sec 17,12^ de gaz à 0 et à 1 mètre de pression.
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La propriété que possède l'oxyde de carbone de s'unir avec Thémoglobine par addition directe, de se séparer d'elle par l'action du vide, de la chaleur, établit tine complète analogie entre cette combinaison et celle qui se produit entre ce même gaz et le chlorure de cuivre. Soumise à l'analyse spectrale, la dissolution de
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la combinaison d'oxyde de carbone et d'hémoglobine laisse passer plus de lumière bleue que Tosybémoglobine, et produit comme elle deux raies d'absorption entre les raies D etE. Ces raies, n'occupent pas la même position. Elles sont un peu moins près de la ligne D que dans le cas de l'oxyhémoglobine.
La combinaison de Fhémoglobine et de Tpxyde de carbone présente une assez grande stabilité en présence des gaz inertes et même des agents réducteurs. Elle n'est pas détruite par le sulfhydrate d'ammoniaque, les dissolutions ammoniacales de tartrate de fer, ni même immédiatement par le protochlorure de cuiyre ammoniacal, si avide d'oxyde de carbone. Pour faire ces expériences spectrales sans craindre la présence de l'oxyhémoglobine, on peut, à l'avance, décomposer cette dernière par un courant de gaz inerte hydrogène, azote, ou par l'action d'un agent réducteur.
Action du bioxyde d'azote sur Vhémoglobiue, — Le bioxyde d'azote fournit, comme l'oxygène et l'oxyde de carbone, une combinaison cristallisée avec Thémoglobine. On l'obtient en faisant passer un courant de ce gaz dans une solution d'oxyhémoglobine ou de sang défibriné ; il est nécessaire d'ajouter un excès d'ammoniaque ou d.'eau de baryte pour empêcher la transformation du bioxyde d'azote en hypoazotide, sous rinfluence de l'oxygène qui devient libre. La combinaison se dépose en cristaux isomorphes avec ceux de l'oxyhémoglobine. Les agents réducteurs sont sans action sur elle. D'après Hermann, le bioxyde d'azote chasse l'oxyde de carbone de sa combinaison avec l'hé-
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moglobine. La dissolution, qui prend d'abord une teinte foncée pendant le passage du courant de gax, probablement par suite de formation d'hématine, s'é* claircit ensuite, et donne les mêmes raies que Toiybémoglobine, mais plus pâles.
Action de F acide cyanhydriquesur rhémoglobine. — L'acide cyanhydrique forme directement une combinaison avec l'hémoglobine. On fait passer un courant de gaz dans la solution de sang défibriné d'un cochon d'Inde ou d'un chien, et on ajoute au liquide 1/4 de son Yolume d*alcool concentré. En refroidissant le me» lange à 0^, on obtient des cristaux d'hémoglobine et d'acide cyanhydrique. Ces cristaux sont ensuite dissous dans l'eau et purifiés par de nouvelles cristallisations, que facilitent l'addition d'alcool et le refroidissement à 0^. La masse rouge obtenue, desséchée et traitée par quelques gouttes d'acide sulfurique, dégage de l'acide cyanhydrique.
Cette combinaison est plus stable que Toxyhémoglobine; elle ne se décompose pas dans le vide. L'inûuence particulière de l'acide cyanhydrique apparaît déjà lorsqu'on filtre une solution des globules du sang, mêlée à cet acide. La dissolution passe saAs se décomposer, tandis que l'oxyhémoglobine laisse toujours sur lë filtre un abondant dépôt d'hématine. La disso^ lution aqueuse de la combinaison d'acide cyanhydrique et d'hémoglobine ne se réduit pas par l'addition du sulfhydrate d'ammoniaque, d'une solution ammoniacale de sulfate de fer et d'acide tartrique, et donne les raies de l'oxyhémoglobine.
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Action du cyanogène sur V hémoglobine. — Lorsqu'on agite du sang défibriné dans un flacon rempli de cyanogène, on obtient une combiniiison caractérisée par deux raies d'absorption placées un peu plus à droite que celles de l'oxyhémoglobine, résultant, d'après Lankester, de la combinaison d'hémoglobine et de cyanogène. Quand, au contraire, on dirige un courant de cyanogène dans le sang, il se forme une substance qui donne une large bande d'absorption entre D et E, débordant E. Lankester regarde cette substance comme formée d'hématine unie à l'acide cyanhydrique*. Si, au contraire, on ajoute un liquide réducteur à la solution cyanhydrique, il apparaitdeux raies entre D et E, débordant E, et la substance ainsi produite est de l'hémoglobine-Cy réduite.
■énatine (C^H'^Az^FeO^) . — L'hématine est un produit de décomposition de l'hémoglobine. Elle se rencontre dans les aftciens foyers apoplectiques, dans le canal intestinal, où elle est le résultat de l'action du suc digestif sur le sang introduit comme aliment ou excrété par transsudation des vaisseaux, dans les fèces, Turine lors de certains états patho* logiques, etd.
On a donné de nombreux procédés pour obtenir l'hématine. La plupart d'entre eux ont fourni des matières jouissant de propriétés différentes. Hoppe Seyier la prépare de la manière suivante : On agite le sang défibriné avec de Péther, on ajoute de l'acide acétique, et, après avoir agité quelque temps, on décante et on filtre la dissolution étbérée. On laisse reposer, on
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recueille sur an filtre le précipité qui s'est formé, et on le lave avec de l'alcool et de Féther.
Dn autre procédé consiste à faire bouillir les cristaux d'hémine avec de l'acide acétique , les laver ensuite avec l'eau, l'alcool et Téther, les dissoudre dans une lessive alcaline faible, précipiter la dissolution filtrée par l'acide cblorhydrique étendu, laver le précipité à l'eau bouillante, tant que les eaux de lavage se troublent par l'azotate d'argent, puis sécher à 100*. On obtient facilement encore Fhématine en réduisant Thémoglobine par l'amalgame de sodium.
L'hématine présente un aspect brun rouge, un éclat métallique, elle est incristallisable, elle supporte une cbaleur de 180* sans se décomposer, et elle dégage de l'acide cyanbydrique à une température plus élevée. Elle est insoluble dans l'eau, l'alcool, le chloroforme, très-peu -soluble dans l'acide acétique. Elle se dissout facilement dans les dissolutions alcooliques acides, dans les liquides alcalins même très-étendus. A la lumière transmise, les solutions alcalines paraissent rouges en couches épaisses, vert olive en couches minces. Elle donne dans l'appareil spectral une raie d'absorption un peu indécise entre C et D. Les solutions acidulées par l'acide acétique se caractérisent par une large bande en C. Les solutions alcooliques acidulées par l'acide sulfurique laissent apercevoir une raie entre C et D, et deux autres près de la raie E et la moitié gauche de l'espace b¥^ et quelquefois deux autres encore près de la raie D.
Une solution alcaline d'hématine traitée par un agent de réduction donne l'hématine réduite, qui se reconnaît à deux raies d'absorption qui apparaissent entre D et E.
■éoMitoidine. — On trouve des cristaux dans les anciens foyers hémorrhagiques. M. Robin, à qui l'on doit la connaissance exacte de ce sujet, admet que rhémaline, qui n'est pas cristallisable, se prend, du quatrième au vingtième jour d'un épanchement sanguin dans les tissus, quelquefois en aiguilles, généra* lement en cristaux microscopiques très-nets, dérivant d'un prisme oblique à base rhombe. Il donne à cette substance le nom d'hématoidine. Les prismes, comme les aiguilles, sont durs, cassants, réfractent * fortement la lumière sous le microscope. Ils ont une couleur rouge orange vif, ou rouge foncé, et un pouvoir colorant très-intense. Us sont insolubles dans l'eau, Palcool, l'éther, la glycérine, les. essences, l'acide acétique. Us se dissolvent dans l'ammoniaque en la colorant. M. Robin, d'après les analyses de M. Riche, lui attribue la formule, en équivalents, C^^H'AzO'; et prenant pour exacte la formule de Mulder pour Thématine C^H'AzO*, il regarde Thématoïdine comme de l'hématine dans laquelle un équivalent de fer serait remplacé par un équivalent d'eau.
•e llléBiliae o« dilorhydrate dliéBMiaMe. — SoUS
certaines influences, la matière colorante du sang se transforme en une substance particulière, obtenue en 1853 par Teichmann, qui lui a donné le nom d'hémine. On l'isole en petits cristaux microscopiques en