X INTRODUCTION
coiuiuentent sans s'expliquer, elles se contredisent sans s'abroger, elles se rapportent sans se suppléer. Le bulletin où elles sont pêle-mêle engouffrées est comme un vaste arsenal qui fournit des armes à tous les partis , à tous les intérêts y à tous les sopbismes. Enfin l'application de ces lois est d'autant plus difficile qu'elles sont saturées de principes politiques qui ont sans cesse changé , et que le but qu'elles se proposent d'atteindre a été continuellement déplacé ou même renversé par le triomphe et la défaite de tous les systèmes de gouvernement (i). »
Ce langage de l'homme éminent qui a créé, pour ainsi dire, la science administrative , a jeté un profond découragement dans l'étude du droit administratif; ce savant publiciste a signalé le danger sans indiquer le remède , lui dont la science en théorie et en pratique pouvait seule rendre à cette partie importante de notre législation , l'ordre d'ensemble et l'harmonie de détail. f-
Ce langage , il faut bien le reconnaître , était dangereux et exagéré.
(i) M. D£ CoBKEKiN ; Préf. de ses Quest* de droit, page x.
RÉFLEXIONS PRÊLIl^nN AIRES. x)
Dangereux y car il écartait du temple les jeunes adeptes qui reculaient devant une initiation presqu'impossible ;
Exagéré, parce que la législation administrative existe , vit , et se meut en dehors des prin« cipes politiques.
Tous les auteurs ont répété , après M, de Cormenin, que les lois étaient saturées de principes politiques, et que la plupart de ces lois périssaient par leur propre infamie (i ).
Par respect pour notre législation, qu'on me permette de donner un démenti formel à ces imprudentes paroles.
Rien n'est plus clair, rien n'est moins in&me que la législation sur les mines , sur les dessé-' chements de marais , sur la voirie , sur les eaux, sur les travaux publics , sur la police municipale , etc. , etc. ; c'est réellement là le droit administratif.
Je ne parle pas des lois politiques qui se
(i) MM.FoucARD; Préface^ p. 3 ; Dalloz aîné, t. 3, p. 160, etc. f etc.