POSITION DU CAVALIER. J
un certain nombre de qualités physiques. Ainsi il est évident qu'un homme gros et court est moins apte à bien monter à cheval qu'un homme assez grand et mince.
Je dis assez grand avec intention, car c'est une erreur répandue de croire qu'il faut être grand pour bien monter à cheval. Plus le cavalier est grand, plus il rencontre de difficultés. D'abord, plus le buste est long, plus il est aisément déplacé, en raison de l'élévation du centre de gravité, et plus il est difficile à remettre en équilibre. Mais c'est là le moindre inconvénient. Les jambes longues ne s'adaptent pas aux flancs aussi bien que les jambes de moyenne grandeur, parce qu'elles les dépassent; en sorte que, pour se servir de l'éperon, le cavalier est obligé de plier les genoux pour raccourcir les jambes, ce qui est laid et nuit à la solidité.
Je reconnais néanmoins que tout homme peut, avec de l'application, arriver à être très solide en sellée
I. Je parlais tout à l'heure de la raideur allemande. On peut généralement adresser le même reproche aux Anglais. Les peuples d'origine germanique ont la réputation d'être les meilleurs cavaliers, et de fait il faut confesser qu'ils le sont. Mais ce talent, ils le doivent uniquement à leur persévérance, à leur obstination dans le travail. Les Latins, de taille moyenne, sont plus aptes par leur souplesse, par leur agilité, à s'harmoniser avec le cheval, et s'ils étaient capables d'assiduité, ils seraient sans conteste les premiers cavaliers du monde. Mais ils se contentent trop facilement de l'a peu près. Il va sans dire que cette remarque est d'ordre général et qu'il y a d'excellents et de mauvais cavaliers dans tous les pays.
i6 PREMIERE PARTIE.
L'aisance, la solidité et la confiance du cavalier dépendent généralement des premières leçons qu'il a reçues; et, comme je l'ai déjà dit, une bonne assiette ne s'acquiert qu'à la condition d'avoir trotté longtemps sans étriers.
Il faut ne laisser monter aux commençants que des chevaux très doux d'allures et de caractère. On ne saurait prendre trop de précautions pour donner de la confiance au cavalier novice. La confiance qu'il prend durant les premières leçons peut seule lui donner le laisser-aller qui permettra, plus tard, toute décontraction.
Aussi longtemps que le cavalier mettra de la raideur dans ses mouvements, on pourra dire qu'il va à cheval, mais non qu'il monte.
Etre cramponné sur sa selle n'est pas monter à cheval. Or cette position défectueuse ne disparaît généralement qu'au fur et à mesure que l'élève prend confiance. On entend assez que je veux parler de la confiance qu'il puise dans sa solidité, car il est certain que l'on peut être très brave et manquer de confiance une fois en selle.
On choisira, pour les premières leçons, des chevaux minces, plutôt étroits que larges, surtout si on a affaire à des jeunes gens ou à des hommes qui ont les jambes courtes. Un trop grand écart des jambes pourrait avoir des inconvénients graves : il fatigue les aines sans profit pour l'élève, et j'ai vu des déviations des hanches ne provenant que de cet abus. Il n'en