I. Ce qui assure naturellement un trot plus relevé
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prochant de la perpendiculaire, plutôt au delà qu'en deçà, vous pourrez alors soutenir cette allure pendant un temps plus long. Mais vous ne devez y arriver que par degrés, car plus le cheval se fatigue, moins il porte la tête haute. Si vous lui imposez un effort prolongé, il devient aussitôt lourd à la main. Aussi, dès que la tête du cheval pèse sur la main, il faut arrêter en rapprochant énergiquement les jambes, exiger ensuite une mise en main complète et repartir.
Quand vous êtes arrivé à trotter pendant cinq minutes sur chaque main et sans fatigue et surtout sans que le cheval se détraque, vous pouvez alors exiger une allure plus vive. Il importe, toutefois, d'éviter de passer brusquement du petit trot cadencé au grand trot allongé. Cela aurait l'inconvénient de rompre l'équilibre et de jeter inopinément un poids considérable sur les épaules.
Il faut, au commencement, n'augmenter la rapidité de l'allure que vers la fin d'une reprise de trot. Pendant les deux derniers tours de manège, par exemple, on a agi vigoureusement des jambes en ne prenant qu'un léger point d'appui sur le filet dont l'action doit se borner simplement à maintenir la tête en place.
En multipliant ces exercices, vous arriverez à obtenir tout ce que le cheval est susceptible de donner au trot, comme hauteur et comme vitesse.
Évitez surtout de demander au cheval une vitesse supérieure à ses moyens. C'est ainsi que l'on arrive au traquenard, allure fausse et disgracieuse dans la-
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quelle le cheval trotte des Jambes de devant, tandis qu'il galope de celles de derrière.
Il 3' a deux sortes de trot, le trot assis, dit à la française, et le trot enlevé, ou à Vanglaise.
Du premier. Je ne dirai que quelques mots. Je ne le considère pas comme d'un usage pratique. C'est un exercice de manège, absolument indispensable ^ pour donner de l'assiette aux commençants, alors qu'on les fait trotter sans étriers. Partout ailleurs. Je le réprouve. Il est fatigant pour le cavalier, plus fatigant encore pour le cheval, et il m'est impossible de comprendre pourquoi, pendant si longtemps, il a été exclusivement prescrit dans l'armée.
Dans le trot à l'anglaise, il n'y a ni secousses ni réactions. Le cavalier a les reins légèrement fléchis en avant, et par conséquent le haut du corps un peu incliné également en avant. Il ne cherche pas à s'enlever pour suivre ou prévenir les mouvements du cheval; il se laisse enlever. Les chevilles et les genoux accompagnent, soutiennent pour ainsi dire son mouvement, le font descendre moelleusement sur sa selle et dans la cadence marquée par l'allure du cheval. Ce trot doit toujours ttvQ pris sous soi de bas en haut directement; c'est-à-dire qu'il faut se laisser enlever par le cheval en s'aidant du genou et des chevilles sans que le haut du corps y soit pour rien. Autrement les reins et les épaules se contractent. Le cavalier devient raide et
1. C'est la base nécessaire de toute équitation, sans cela il n'y a pas d'assiette.
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n'est plus lié au cheval. Le corps doit donc s'enlever et retomber d'ensemble.
Le cavalier qui contracte les reins, au lieu de s'aider uniquement des jambes, porte nécessairement le ventre en avant quand le corps s'élève et en arrière quand le corps redescend sur la selle. Rien n'est plus disgracieux.
L'étrier doit être chaussé seulement au tiers du pied. S'il était chaussé complètement, la cheville perdrait toute son élasticité et, par suite; le trot deviendrait raide et pénible.
Au trot naturel, l'allure du cheval qui n'est pas gêné ou qui ne souffre pas doit être régulière d'une diagonale à l'autre, c'est-à-dire que les deux battues doivent être absolument identiques.
Au trot à l'anglaise, le cavaUer peut trotter tantôt sur le bipède diagonal gauche, tantôt sur le bipède diagonal droite
On dit qu'il trotte sur le bipède diagonal gauche, quand il s'enlève en même temps que la jambe gauche de devant du cheval et retombe dans sa selle au moment où cette même jambe se pose à terre.
Dans le trot à l'anglaise bien pris, le cavalier ne
1. En termes équestres, la diagonale se prend toujours d'avant en arrière. Ainsi rêne droite, jambe gauche, c'est la diagonale droite; rêne gauche, jambe droite, c'est la diagonale gauche. Il en est de même pour les jambes du cheval : jambe droite de devant et jambe gauche de derrière forment la diagonale droite, et jambe gauche de devant et jambe droite de derrière la diagonale gauche.
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s'enlève et ne retombe qu'une seule fois pendant la succession des deux bipèdes. Il s'élève et descend avec le bipède gauche, par exemple, sans que le bipède droit ait aucune influence sur ses mouvements. Mais s'il ne suit pas bien le rythme, il retombe trop tôt dans sa selle et reçoit la secousse du bipède droit résultant de la détente du jarret gauche. Il marque deux temps dans sa selle. Il trotte incorrectement.
Le cavalier doit pouvoir trotter indifféremment sur l'un ou l'autre bipède. Il doit pouvoir en changer pour se soulager lui-même, mais surtout pour soulager le cheval dans une course un peu longue. Ceci demande une certaine habitude. Le cavalier doit s'exercer à savoir toujours sur quel bipède il est.
Au trot et pour commencer, il est difficile de se rendre compte du bipède sur lequel on est. Il vaut mieux commencer cette petite étude au pas en s'enlevant sur la selle à chaque pas que fait le cheval comme si on trottait. On a ainsi tout le temps de regarder quel mouvement du cheval on suit. Après quelques instants de cet exercice, on peut le continuer au trot.
Il est à remarquer que chaque cavalier adopte naturellement et presque toujours sans s'en rendre compte un bipède. Cette habitude devient telle qu'il est mal à son aise lorsqu'il en change.
Si on désire avoir un beau trotteur, il faut, après qu'on lui a fait exécuter au manège les exercices que nous venons de décrire, terminer son éducation en plein air. Sur une grande route, le cheval se livre
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mieux, il est plus allant qu'au manège. Comme on a l'espace devant soi, on peut soutenir plus longtemps la rapidité de l'allure, tandis que les coins du manège obligent, à chaque instant, à ralentir un peu le mouvement.
Tous les chevaux ne se livrent pas également au trot : certains conservent volontiers cette allure lorsqu'elle est modérée ; mais aussitôt que vous voulez l'augmenter, ils prennent un galop raccourci. On dit de ces chevaux qu'ils se retiennent, et c'est parfaitement exact. Il est très important de ne pas permettre à un cheval de changer d'allure sans qu'on le lui ait demandé. Il est non moins important de pouvoir obtenir à volonté que le cheval développe tous ses moyens au trot.
Si un cheval se met au galop quand on lui demande le trot allongé, on peut d'abord essayer de la douceur pour le corriger de cette habitude qui n'est que de la paresse. On l'arrête, on le caresse, pour le rassurer et le calmer, puis on le remet ou trot. Ce moyen réussit généralement avec les chevaux énergiques, mais il est de nul effet avec les paresseux. Avec ceux-ci, il faut faire tout le contraire. Lorsque, pour éviter le trot allongé, ils prennent le galop, il faut les pousser vigoureusement en avant au grand galop et les y maintenir pendant un certain temps, soit cinq ou six cents mètres. C'est la punition de leur résistance et de leur paresse. Après quelques expériences, ils finissent par se rendre compte qu'en passant volon-