TROISIÈME MOIS
i'^^ quin'{aine. — Dix litres d'avoine. Trois litres le matin, quatre à midi, quatre le soir. Pour la grosse cavalerie, on doit arriver à douze litres. Cette ration devra se continuer. Mêmes promenades. Vers la fin du travail à la longe, tâcher d'augmenter l'allure du trot
pendant une minute de chaque côté. Faire monter les chevaux en couvertes, avec un simple bridon, au pas, pendant cinq minutes, les hommes n'ayant ni cravache ni éperons. Faire seller les chevaux à l'écurie en les sanglant doucement et très peu. Laisser les selles quelques minutes seulement, mais augmenter ce temps progressivement.
2^^® qui?i{aine. — Mêmes exercices, seller et brider les chevaux à l'écurie, et les mettre tête à queue. Les brider après le travail à la longe, et commencer les flexions directes de la mâchoire. Faire trotter les chevaux à la longe sellés et bridés, et laisser pendre les étriers. Ne jamais permettre le galop à la longe tant que le cheval n'est pas dressé et bien équilibré (cela le met trop sur ses épaules). Pour mettre les chevaux à la longe, point de caveçons : le bridon suffit, et n'importe quelle corde légère, la corde à fourrage, par exemple, peut être utilisée.
Quand on fait monter les chevaux, quelques hommes doivent rester en réserve pour prendre par , la bride les chevaux qui ne voudraient pas suivre la piste. Il ne s'agit point de dressage ici, mais simplement de faire les reins du cheval et de l'habituer à porter l'homme.
Après trois mois du régime que Je viens d'indiquer, les chevaux sont assez engraiiiés pour supporter plus de travail. Ils se sont développés au trot, ils portent l'homme, se sellent, se brident, et ont été un peu décontractés par les flexions : ils sont prêts à en-
trer en dressage, que dis-je ! leur dressage est déjà en bonne voie. En effet, on ne demande au cheval de troupe que FA B C du dressage, point de finesse : mieux vaut même qu'il réponde à des effets un peu fermes, car il faut prévoir les mains dures et les jambes brusques. Pourvu que le cheval se porte hardiment en avant sur l'action des jambes, en s'appuvant franchement sur le filet, qu'il prenne le pas, le trot ou le galop sur les deux pieds, qu'il saute, qu'il tourne et recule à volonté, son dressage est terminé. Nous ne demandons ici que l'équilibre horizonial. Sans doute, il faudra aussi chercher à obtenir la mise en main ; toutefois, elle ne devra pas être imposée. Il suffira que le cavalier sache, si besoin est, replacer la tête de son cheval dans la position dont dépend Féquihbre.
Il reste à habituer les chevaux à ne s'effrayer d'aucun objet, ni d'aucun bruit. Le cheval d'armes doit être franc, passer et marcher sur tout. Pour l'y accoutumer, on multipliera dans le manège, sous ses pas, les objets les plus divers. C'est pendant qu'il est à l'écurie, au moment de donner l'avoine, qu'on lui fera prendre l'habitude de tous les bruits : tambours, clairons, cliquetis d'armes, coups de feu, etc., etc.
J'estime que trois mois suffisent pour que ce dressage élémentaire et spécial soit mené à bonne fin, quel que soit le sujet.
Après ces trois mois de préparation, il reste à procéder au dressage proprement dit.
CHEVAL D'ARMES. ajj