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LES ÉPERONS

les retenir; et, dans ce cas, ce ne sont pas seulement les jambes, mais c'est aussi le corps et la figure qui se contractent. Le cou et les épaules pren nent particulièrement une raideur tout à fait caractéristique. Bien rarement, l'élève parvient à se défaire de ces défauts, malgré tout le soin qu'on peut apporter plus tard à les combattre; car, lorsqu'un mauvais pli est pris, il est bien difficile, sinon impossible, de le faire disparaître.

La cravache.

Je ne me sers de la cravache que dans le travail à pied pour apprendre au cheval à se porter en avant et à céder à l'éperon. Une fois à cheval, je l'abando nne . Aux vrais écuj^ers les jambes et les mains, aux impuissants la cravache.

Les éperons.

Je n'admets qu'un genre d'éperon, l'éperon à boîte, car c'est le seul qui reste fixe à sa place : on est donc

j: PREMIERE PARTIE.

sûr de la façon dont on l'emploie. Tous les autres montent ou descendent et se dérangent de la place qu'ils doivent occuper, en sorte qu'avec eux on n'est Jamais certain de toucher exactement le cheval à l'endroit voulu.

On doit se servir de garde-crotte tant qu'ils sujSsent: puis on les remplace par des éperons à molettes très douces, et on n'augmente leur acuité que si le besoin s'en fait sentir: par exemple, quand le cheval ne répond pas à l'attaque, ou, comme on dit, reste inerte dans les jambes.

Il est assez difficile de déterminer à l'avance la longueur que doit avoir l'éperon. Si le cavalier a les jambes courtes, la tige de l'éperon devra elle-même être courte, puisque, dans ce cas, le talon se trouve toujours placé près des flancs. Si, au contraire, le cavalier a les jambes longues et a, par suite, besoin de remonter le talon pour toucher le flanc de son cheval, il devra porter des tiges longues, de façon à n'être obligé de raccourcir la jambe que le m.oins possible.

Position du cavalier.

Règle générale : tout homme peut être bien placé et solide à cheval. Si, au contraire, on me demande :

POSITION DU CAVALIER. ji

Tout homme peut-il devenir un beau et élégant cavalier : sans hésiter, je réponds : Non!

L'élève qui a commencé à monter sous la direction d'un bon professeur, qui a travaillé consciencieusement, qui s'est soumis à trotter sans étriers pendant quelques mois, à qui on aura fait monter des chevaux vigoureux et parfois difficiles, sans qu'ils soient pour cela dangereux, celui-là arrivera forcément à être bien placé et solide à cheval.

Il aura la tête libre et aisée, de manière à pouvoir constamment la mouvoir sans gêne et en tous sens: il la portera haute dans les allures ordinaires et le saut: un peu baissée, le menton se rapprochant légèrement de la partie supérieure du sternum dans les allures vives.

Son regard sera mobile et jamais fixé sur un point quelconque, de façon qu'il embrasse tous les objets qui l'entourent. Le cavalier pourra, par suite, se rendre compte de tous les embarras et obstacles qui peuvent se présenter.

Il aura le cou dégagé, les épaules bien tombantes, et évitera de les contracter, comme on le fait trop souvent.

Ses bras tomberont naturellement jusqu'aux coudes, qui seront appuyés au corps. Il apportera la plus grande attention à tenir toujours les coudes près du corps et à ne les en écarter sous aucun prétexte. Ce n'est qu'à cette condition que la main pourra être légère. Or la légèreté de main est absolument indis-

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pensable pour conduire son cheval sûrement et sans saccades. Le coude étant solidement appuyé au corps, il ne reste plus qu'à empêcher l'avant-bras de ballotter, ce qui est très facile.

Le cavalier bien placé aura les coudes à hauteur de la ceinture, les poignets se faisant face, les doigts en dedans. Jamais il n'arrondira les poignets, sous peine de déterminer un écartement des coudes, et de perdre la communication en ligne directe avec la bouche de son cheval.

L'action sur la bouche du cheval ne doit être produite que par le serrement ou le relâchement des doigts qui tiennent les rênes.

Il aura le corps droit, sans jamais mettre de raideur. En aucun cas, il ne creusera les reins, ce qui provoquerait cette raideur que Ton doit toujours éviter. Les reins seront plutôt légèrement infléchis en avant de façon à conserver toute leur élasticité. Je dis les reins, mais non les épaules, bien entendu. La poitrine sera également droite sans effort et jamais bombée; les 'muscles du bassin relâchés, seul moyen d'avoir de l'aisance.

Tout le haut du corps portera sur les fesses, son unique point d'appui. Les jambes seront bien tombantes, très descendues, les cuisses sur leur plat, les genoux adhérents et la pointe du pied tournée plutôt un peu en dehors qu'en dedans, ce qui permettra de se servir de ce que l'on appelle le gras de la jam.be avant d'arriver à faire sentir l'éperon.

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