TUYAUX. DE CHALEUR
et la ventilation ne peut pas être établie dans Je point convenable. ("V* oy . ch'âÇ). W5 art. 62.)
\ÀQ principe qui défend de mettre 1 air en contact avec toute substance portée à une chaleur supérieure à celle de 1 eau bouillante, exclut une multitude d’inventions confondues sous le nom ce poêle, et ce serait perdre son temps que de les examiner. Les foyers sont en général construits avec des matériaux qui conduisent la chaleur avec une très grande rapidité , et le combustible y est si promptement privé de sa chaleur, que la combustion n’est jamais parfaite ; il en résulte naturellement une plus grande consommation en charbon.
q. Mais il y a encore un autre moyen de distribuer la chaleur, lequel a l’avantage d’empêcher l’air d’être en contact avec une surface portée à une température de plus de 2120 (8o° IL); il consiste à renfermer le combustible dans un masrii d’une épaisseur convenable, et construit avec des matériaux qui soient faibles conducteurs de la chaleur. La brique est ordinairement employee a cet effet ; les conduits des serres chaudes ont toujours été faits de cette manière. Est-ce par suite de raisonnement, ou à raison de convenance? il est difficile de le décider. L’étendue à laquelle la
chaleur peut être est très limitée;
conduite par cette méthode « mais si les matériaux étaient
tuyaux de chaleur.
d’une excellente qualité, ce serait, sans aucuns comparaison, le moyen le plus sûr et le plus simple de chauffer Fair dans un petit espace. Les briques communes ne sont pas bonnes , parce qu’elles contiennent une matière sulfureuse qui se sublime à une température peu élevée; elles sont aussi sujettes à s’ouvrir dans les joints, et même à être brisées par la dilatation de l’air dans les conduits (i). Les gaz dangereux et la vapeur du combustible , s’échappant par les fentes et les ouvertures ainsi produites, se mêlent avec Fair qu’on veut chauffer. Dans les endroits qui le sont de cette manière , il est aisé de reconnaître, à l’odeur particulière qui s’y répand, l’altération que l’air éprouve. Il ne serait pas difficile de remédier à ce défaut. Une caisse de fer construite de sorte qu’une dilatation irrégulière de l’air ne pût pas la rompre , qui serait impénétrable à l’air, et qu’on entourerait d’un lit de briques assez épais et assez étendu pour limiter la température de la surface à 21 2°
(1) Dans un poêle de cette espèce établi pour chauffer une salle d’assemblée des Quakers d’York, on a construit line double muraille d’une certaine étendue , dont les deux parties sont en contact, mais de manière qu’aucun des joints ne répond à l’autre. (Voy. Observations d’Alexandre £ur les maisons de réunion , p. 29- )
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(8o° R.) , formerait un excellent poêle ; isolé de manière à n’éprouver aucune perte de chaleur, et ayant une étendue de conduits assez grande pour tirer partie de tout l’effet du combustible , il serait d’une utilité très réelle.
Les diverses formes de poêles , dits poeîes sue-' dois^ ne sont que des applications variées de ce principe. On y emploie , au lieu d’une caisse de métal, une caisse de tuiles vernissées 5 mais on n’y met pas toujours un soin très scrupuleux à limiter la température de la surface qui doit chauffer l’air. Quand Guyton Morveau examina les poêles suédois dans le dessein de les introduire en France (1), il s’écarta tellement de ses modèles, qu’il fit chauffer une portion de lair par des feuilles de fer en contact avec le combustible^ et, de cette manière, il les rendit sujets au pire desinconvéniens qu’on reproche aux poêles allemands, celui de produire de fair brûlé,
10. Nous venons d’examiner les moyens qui ont été ou qui peuvent être employés pour répandre de la chaleur, et, en les comparant, 011 peut voir que la vapeur réunit tous les avantages des meilleurs, et qu’elle n a pas les mconvemens
( 1) Itép. des Arts , vol. XVI p. 255 , anc. séries. )
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des autres, si l’on en fait usage sur une échelle considérable. Elle a été trouvée également bonne dans la pratique, étant, suivant les expressions de M. Brande (1) , sûre , saine et économique - et le docteur Ure remarque que les ouvriers qui travaillent dans des séchoirs échauffés par la vapeur, jouissent d’une très bonne santé, tandis que ceux qui étaient auparavant employés au même ouvrage dans des salles chauffées avec des poêles , devenaient bientôt maigres et valétudinaires (2). On a aussi reconnu que la vapeur procure aux plantes une chaleur extrêmement favorable à leur développement. On peut , par ce moyen , remplir à volonté une serre de vapeur, et si on le fait dans un moment convenable, les plantes sont couvertes d’une rosée semblable à la rosée naturelle, et également bienfaisante. Dans l’usage ordinaire où la vapeur est conduite par les tuyaux dans la serre , on ne peut pas couvrir les plantes de rosée , sans que l’humidité dégoutte en abondance de toutes les parties de la serre ; et alors on a besoin , pendant quelque temps , d’un excès de chaleur pour empêcher le refroidissement qui serait la consé-
(0 Nappier rSupp. à l’Encyc. br. , art. Chimie, p. 9. (a) Diet, de Chimie , art. Calorique.
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quence de l’évaporation d’une si grande humidité; Nous devons au docteur Wells la connaissance des principes sur lesquels se règle 3a formation de la rosée (i); et leur simple application nous met en état d’imiter le procédé que suit la nature pour répandre la rosée sur les plantes. Dans un article sur les serres chaudes et les poêles, M. Neill s’exprime ainsi : « De toutes les améliorations récentes dans cette branche du jardinage, la plus importante est l’usage de la vapeur pour communiquer la chaleur artificielle, au lieu d’employer, comme ci-devant, le passage de la fumée et de l’ai réchauffé dans des tuyaux (2). )) L’opinion de plusieurs autres auteurs distingués qui ont écrit sur le jardinage, est également favorable (3). La vapeur est employée très en grand par MM. Loddiges, à Hackney, et je n’ai vu nulle part des plantes de serre chaude dans un plus grand état de vigueur et de perfection. 11 y a déjà cinq ans (en 1824)
(1) Essai sur la rosée.
(2) Nappier , Supp. à l’Encyc. hr., art. Hortic. , p. 680.
(3) Transactions de la Société d’horticult. de Londres , vol. Il, p. 320. Wakefield détaille une méthode pour hâter la végétation au moyen de îa vapeur. Transactions de îa Société des Arts, vol. XVIII , p. 3g3. Journal d’un voyage d’horticulture en Hollande, etc. p. 4 et '607, 1 v.
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qu’ils emploient la vapeur avec succès, Dans leur grande serre qui a près de cent pieds de long , sur soixante de large et quarante de hauteur, les plus magnifiques plantes des climats intertropicaux, atteignent presque leur grandeur naturelle. Dans un temps où leur établissement en serres était un peu moins considérable qu’aujqurd’hui , ils publièrent une description de leur méthode de chauffer par la vapeur (i), dans laquelle ils remarquent que cc la vapeur ne vicie pas Y air, comme cela arrive inévitablement en chauffant par la fumée, ce qui le rend impropre à la végétation : la vapeur au contraire donne une chaleur régulière , et qui convient à toutes les plantes ; elle est aussi beaucoup plus agréable et plus saine pour les hommes que toute autre chaleur artificielle. )) Ils terminent cette description par des remarques sur les avantages de la culture des plantes des tropiques, mêlées d’expressions d’admiration et d’une religieuse reconnaissance que leur magnifique collection des ouvrages étonnans du créateur est si bien faite pour inspirer.
1 1 . On prétend communément que le chauffage par la vapeur, est plus économique que celui par
(i) Sur le chauffage des serres parla vapeur, pag. 6 >
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la fumée. Je ne sais pas comment la comparaison a été faite par d’autres, mais il faut être novice dans l’art pour n’ètre pas en état de produire à peu près le même effet par l’une ou l’autre méthode , toutes choses étant égales d’ailleurs (1). Je sais que, dans les deux modes, il est facile de mettre assez de maladresse pour laisser perdre une moitié de la chaleur qu’on veut employer, et qu’en choisissant les exemples de comparaison , on peut à volonté faire paraître plus économique l’une ou l’autre des deux méthodes. 11 ne convient qua un méprisable charlatan de n’avoir qu’un seul moyen pour toutes les circonstances ; l’homme véritablement instruit sait, dans chaque cas particiilier, employer la méthode la plus convenable pour produire l’effet demandé» Depuis l’invention des machines à vapeur, la construction des foyers pour les chaudières est devenue un objet si important, qu’on l’a plus généralement et plus soigneusement étudiée que la construction des fournaux et des conduits à fumée ; c’est ce qui peut rendre raison des résultats de quelques expériences
(i) M. Atkinson m’a communiqué quelques-unes de ses expériences : en les comparant avec les miennes sur la vapeur , je trouve très peu de différence, mais ses fourneaux et ses conduits à fuméesont d’iuie construction très supérieure.
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comparatives qui ont fait paraître le chauffage par la vapeur plus économique.
Un avantage important de l’appareil à la vapeur, et qui le distingue de toute autre méthode de distribuer la chaleur, c’est qu’il peut s’étendre en tous sens, à une très grande distance de la chaudière. On peut le conduire en haut , en bas , horizontalement, avec une égale facilité. La perte de chaleur est peu considérable à un point éloigné , de sorte qu’un seul feu suffit pour un immense établissement , et on peut l’établir là où la fumée est le moins capable de nuire, et où l’aspect de la cheminée est le moins désagréable , ce qui est intéressant dans les jardins d’agrément. Un grand inconvénient des tuyaux à fumée, c’est le grand nombre de cheminées qu’ils exigent. La distance de la chaudière à la serre la plus éloignée, dans l’établissement de MM. Loddiges, est d’environ 800 pieds, et il parait qu’on aurait pu la porter encore plus loin. 11 est donc évident que les plus grandes manufactures , et les plus vastes établissemens de serres, peuvent être chauffés d’un même point (Voir pi. IX).
Mais partout où la machine à vapeur est employée, il faut qu’elle soit conduite par une personne également capable et soigneuse ; car, quoique parfaitement sure en de pareilles mains , elle