Temps. Mesure du son, quant à sa durée
On considère le temps, en musique, ou par rapport au mouvement général d'un air, et, dans ce sens, on dit qu'il est lent ou vite; ou selon les parties aliquotes de chaque mesure, parties qui se marquent par des mouvements de la main ou du pied, et qu'on appelle particulièrement des temps; ou enfin selon la valeur propre de chaque note.
17. Mouvement. Degré de vitesse ou de lenteur que donne à la mesure le caractère de la pièce qu'on exécute. Chaque espèce de mesure a un mouvement qui lui est le plus propre et qu'on désigne, en italien, par ces mots : tempo giusto; mais, outre celui-là, il y a cinq principales modifications de mouvement qui, dans l'ordre du lent au vite, s'expriment par les mots largo^ adagio^ andante^ allegro, presto; et ces mots se rendent, en français, par les suivants : lenty modéré, gracieux, gai, vite.
Chacun de ces degrés se subdivise et se modifie encore en d'autres, dans lesquels il faut distinguer ceux qui n'indiquent que les degrés de vitesse ou de lenteur, comme larghetto, andantino, allegretto, prestissimo; et ceux qui marquent, de plus, le caractère et l'expression de l'air, comme agitato, vivace, gustoso, con brio, etc.
18. Notes. Signes ou caractères dont on se sert pour noter, c'est-à-dire pour écrire la musique.
19. Valeur des notes. Outre la position des notes qui en marque le ton, elles ont toutes quelque figure déterminée qui en marque la durée ou le temps, c'est-à-dire qui en détermine la valeur.
On peut, dans certains cas, altérer la valeur des notes.
On diminue quelquefois la valeur des notes en réunissant trois notes auxquelles on ne donne que la valeur de deux; ces notes, ainsi réunies et désignées par un 3, se nomment triolets ou trois pour deux. On en fait aussi six (sextelets) pour quatre.
Le point placé après une note quelconque augmente cette note de la moitié de sa valeur.
Gui d'Arezzo nota sa musique avec des points qui n'exprimaient pas des quantités ditférentes (la musique n'exigeant pas à cette époque la régularité du rhythme), et l'invention des* notes fut certainement postérieure à cet auteur.
Les notes n'eurent, durant un certain temps, d'autre usage que de marquer les degrés et les diô'érences de l'intonation. Elles étaient toutes, quant à la durée, d'égale va-
(1) Cette division du monocorde est arbitraire, en ce qu'elle ne représente pas la justesse absolue des intervalles, mais une justesse approximative. Dans le fait, elle est l'expression d'une progression arithmétique inverse (lioëly). *
leur, et ne recevaient, à cet égard, d'autres différences que celles des syllabes longues et brèves, sur lesquelles on les chantait.
Les premiers qui donnèrent aux notes quelques règles de quantité s'attachèrent plus aux valeurs ou durées relatives de ces notes qu'à la mesure même ou au caractère du mouvement : de sorte qu'avant la distinction des différentes mesures il y avait des notes au moins de cinq valeurs différentes; savoir : la maxime^ la longue, la brève, la semi-brève et la minime.
Toutes ces différentes notes sont noires dans la plupart des manuscrits ; ce n'est que depuis l'invention de l'imprimerie qu'on s'est avisé de les faire blanches, et, en ajoutant de nouvelles notes, de distinguer les valeurs par la couleur aussi bien que par la figure.
Maxime. Longue. Brève.
Semi-brève.
♦ ou o
Minime.
Dans la suite, les rapports en valeur d'une de ces notes à l'autre dépendirent du temps, de la prolation, du mode. Par le mode, on déterminait le rapport de la maxime à la longue, ou de la longue à la brève; par le temps, celui de la longue à la brève, ou de la brève à la semi-brève; et par la prolation, celui de la brève à la semibrève, ou de la semi-brève à la minime.
En général, toutes ces modifications se peuvent rapporter à la mesure double ou à la mesure triple, c'est-à-dire à la division de chaque valeur entière en deux ou trois temps égaux.