‹ Principes de la fortification antique: précis des connaissances techniquesChapitre 10 sur 36 · Si l'attaque par surprise ne réussit pas et que la · texte numérisé non relu

Si l'attaque par surprise ne réussit pas et que la

1. Les villes anciennes se subdivisaient très souvent en différents quartiers qui pouvaient se défendre isolément; soit que Ton eût, comme à Lépréon en Triphylie, utilisé, lors de la fondation de la ville, les différences de niveau présentées par le terrain, soit que la ville ait eu une série d'agrandissements successifs constitués par des murailles nouvelles se soudant aux anciennes pour préserver les nouveaux quartiers, qui se construisaient généralement peu à peu en dehors des portes sur les bords de la route.

ville soit placée sur le bord de la mer, il faudra l'entourer complètement du côté de la terre, et, si tu as de grandes chaloupes, tu les placeras à rentrée du port pour en interdire l'accès.

3. — Si la ville n'est pas sur le bord de la [mer, tu établiras les troupes dans les positions les plus favorables, que tu entoureras d'un palissadement de forme circulaire, autant que faire se pourra ; puis tu placeras les avant-postes et tu commenceras le siège.

8. — Si les citoyens n'écoutent pas tes propositions, tu établiras un parapet crénelé au-dessus de ton retranchement palissade et tu entoureras le camp d'un double fossé 1 .

67. — Pour prendre une ville par la famine, il faudra d'abord l'entourer de palissades ; puis, choisissant dans les environs une forte position, tu l'entoureras d'un mur et tu y posteras un corps d'observation dans lequel tu auras pleine confiance : ces troupes devront veiller à ce que rien ne puisse entrer dans la cité ni par terre ni par mer.

69. — Si tu apprends que des troupes, soit égales soit inférieures aux tiennes, s'avancent pour secourir la ville, tu auras soin, dans le cas où tu devrais être attaqué par terre, de te fortifier de tous côtés et le plus solidement possible par des palissades, par des fossés et môme par des murailles.

1. On voit qu'il y a deux périodes bien distinctes dans rétablissement du camp des Grecs : d'abord rétablissement d'une simple* palissade circulaire, sans fossé , puis le creusement d'un double fossé dont le remblai était rejeté en arrière des palissades primitives, de manière à former le remblai au-dessus duquel on établissait ensuite, en clayonnages, un parapet crénelé.

Extraits du traité d'architecture par Vitruve.

(U6->6 avant J.-C.) LIVRE I. — CHAPITRE V, — DBS MURS ET DES TOURS.

4. — Lorsque, par les moyens que je viens d'indiquer, on se sera assuré de la salubrité du lieu où Ton veut établir une ville fortifiée ; lorsqu'on aura choisi une contrée assez fertile pour nourrir ses habitants ; lorsque le bon état des routes, le voisinage d'une rivière ou d'un port de mer permettront d'effectuer facilement les transports nécessaires pour les constructions, on devra s'occuper des fondations des murs et des tours.

2. — Il faudra creuser jusqu'à ce qu'on trouve un sol solide, si cela se peut; puis on fera dans ce sol une excavation proportionnelle à l'importance de l'ouvrage, mais en ayant toujours soin de donner aux fondations plus de largeur qu'aux murailles qui s'élèvent au-dessus de terre et de n'employer pour ces fondations que les pierres les plus dures.

3. — Les tours doivent faire saillie à l'extérieur, afin que si l'ennemi cherchait à enlever de vive force les murailles, il pût être blessé parles traits qu'on lancerait des tours placées à droite et à gauche sur ses flancs découverts.

4. — Il faut prendre les plus grandes précautions afin que les approches du mur soient difficiles pour les assiégeants ; il faudra pour cela les entourer d'escarpements et faire en sorte que les chemins qui conduisent aux portes ne soient point directs, mais qu'ils obliquent à gauche ; les assaillants se trouveront ainsi forcés à présenter au mur le flanc droit qui n'est point couvert par le bouclier.

5. — Les villes ne doivent être bâties ni en carré, ni avec des angles saillants 1 , mais présenter une série de sinuosités,

1. Il s'agit ici des saillants que présente la forme générale de l'enceinte, et non de ceux que présentent les sinuosités dont il est question ci-après.

de telle façon que l'ennemi puisse être vu de plusieurs points à la fois. Celles qui présentent des angles saillants sont difficiles à défendre, parce que le saillant protège plus l'assiégeant que l'assiégé.

6. — Quant à l'épaisseur des murailles, la plus convenable, à mon avis, est celle qui permet à deux hommes armés de se croiser sans embarras.

7. — En noyant dans la maçonnerie des pièces de bois d'une seule pièce et un peu brûlées, de façon à réunir les deux parements de la muraille comme par des clefs, on donnera à celle-ci une solidité qui défie les siècles ; car le bois ainsi préparé n'a à redouter ni les injures du temps, ni les coups du bélier, ni la vieillesse ; fussent-ils enfouis en terre ou placés dans l'eau, ils subsistent sans se corrompre et toujours propres à être mis en œuvre. Cette pratique est utile non seulement pour les murs, mais encore pour les substructions ; toute muraille à laquelle on donnera l'épaisseur d'un rempart et dans laquelle on établira les liaisons que nous venons d'indiquer, gardera longtemps toute sa force.

8. — Les intervalles entre les tours doivent être tels que celles-ci ne soient pas éloignées Tune de l'autre de plus d'une portée de trait, afin que si l'une d'elles vient à être attaquée, les ennemis soient repoussés, à l'aide des tours placées soit à droite, soit à gauche, par les scorpions et autres machines de trait.

9. — A la gorge des tours, le mur doit être interrompu sur toute la largeur des tours, de telle façon que le chemin de ronde soit continué, le long de ces gorges, par une planche que l'on aura soin de ne pas clouer. Si en effet l'ennemi vient à s'emparer de quelque portion du mur, les défenseurs enlèveront le plancher ; et, si l'opération a été faite avec assez de célérité, ils empêcheront ainsi l'ennemi de se répandre dans les autres parties des tours et du mur, à moins qu'il ne veuille se précipiter.

10. — Les tours doivent être rondes ou polygonales. Celles qui sont carrées se détruisent en effet plus vite sous l'effort des machines, parce que les béliers en les frappant détruisent

leurs angles ; tandis que, dans celles qui sont convexes, ils poussent les pierres vers le centre comme des coins et ne peuvent les endommager.

11. — Lorsque les murs et les tours sont renforcés par des terrassements, ils deviennent extrêmement sûrs, parce que ni les béliers, ni les mines, ni les autres machines ne sont capables de leur nuire. Toutefois on ne doit point avoir recours aux terrassements dans tous les lieux, mais seulement dans ceux où une éminence permettrait à l'ennemi d'établir des approches le menant de plain-pied jusqu'aux remparts. C'est pourquoi, dans ces lieux, il faut avant tout creuser des fossés larges et profonds; ensuite on fera descendre les fondements du mur jusqu'au-dessous du fond du fossé et on édifiera le mur avec une épaisseur suffisante pour supporter la poussée des terres. En outre, du côté intérieur de cette construction, on établira une autre muraille à une distance suffisante pour permettre aux troupes de la défense de se ranger en bataille dans l'ordre ordinaire, sur le terrassement (que l'on damera entre les deux murailles). Lorsque ces murailles auront été ainsi établies à distance convenable, on en établira d'autres transversales, reliées tant au mur intérieur qu'au mur extérieur et disposées en dents de peigne ou de scie. Gela étant fait, le poids des terres sera divisé en petites parties, et, ne se faisant sentir nulle part avec toute sa puissance, il ne parviendra point à faire glisser au dehors le pied du mur.

12. — Quant aux matériaux qui doivent entrer dans la composition des murailles, il n'est pas facile de les spécifier, parce que chaque localité ne peut offrir toutes les ressources désirables : il faut donc employer ceux qui se rencontrent, soit pierres de taillé, soit moellons, soit béton, soit briques cuites ou non cuites. A Babylone on a pu bâtir des murs de brique en employant, au lieu de chaux et de sable, le bitume dont cette ville abonde ; mais toutes les contrées ne peuvent, comme certaines localités, fournir assez de matériaux du même genre pour qu'il soit possible d'en construire des murs qui durent à jamais.

Extrait! des Stratégiques composés à Bytanoe par un auteur anonyme.

(Sous le rè^ne d#» JiiHtinien. — 5S7-565 après J.-C.)

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