CONSTRUCTION DE LA GAMME DIATONIQUE NATURELLE BASÉE SUR LA NOTE SOL
GÉNÉRATION 1)E LA GAMME
au-dessus du son générateur on obtient V accord nommé par les harmonistes : Accord de lieu vième majeure de dominante (12).
317. — Or si, au lieu de les disposer harmoniquement , on place les sons composant cet accord de façon qu'ils se succèdent par mouvements mélodiques de secondes ou de tierces, on obtient la série suivante : sol , la, si, ré, fa (l3). Entre les notes espacées par une tierce on n’aura qu'à placer le dix-neuvième harmonique : do (u), et le vingt-troisième harmonique : mi; enfin, on terminera la série : sol, la, si, do, ré, mi, fa, par le redoublement du son générateur à l’octave supérieure (1S) : sol, et l'on aura construit une gamme diatonique véritablement naturelle .
318. — Observant cette gamme nous constaterons qu'elle est formée des memes notes que la gamme diatonique de do, qui nous est déjà connue, mais qu’elle est basée sur le cinquième degré de celle-ci : sol (16). (Les demi-tons n’occupent naturellement plus les mêmes places).
* sol - si- ré- fa-la,
(“) Ecrire l’exemple 2.
(i3) Commencer l’exemple 3.
Ecrire : « Gamme diatonique naturelle » ; tracer l’accolade, la clé de fa et écrire les notes nommées en rondes en prenant soin de laisser un plus grand espace entre celles qui sont séparées par un intervalle de tierce.
Ecrire ensuite : « Son générateur »
au-dessus de la note sol et le rang des harmoniques au-dessus des autres notes.
(u) Commencer par terminer l’exemple 1 en écrivant tous les harmoniques qui se trouvent au-dessus du huitième. Les notes Do et mi seront seules écrites en rondes. Ensuite on les écrira dans l’ex: 3 entre les notes si et ré, ré et fa.
(!s) Terminer la gamme par la note sol.
(18) Désigner cette note.
319. — Le cinquième degré semblerait donc avoir, par une loi naturelle, une plus grande importance que le premier.
Cette déduction est corroborée par les lois harmoniques. C’est grâce au cinquième degré, (pris comme fondamentale d'accord), que l’on peut, en effet, établir ou détruire les tonalités, [moduler)**1 .
320. — La gamme naturelle de sol fut longtemps employée en Grèce et l’est encore dans le « plain-chant liturgique ».
Elle paraît être ici la gamme génératrice par excellence, et d'elle sont probablement sorties toutes les autres gammes (ou modes ); celle de do, (i mode majeur ), par exemple, qui est basée sur le dix-neuvième harmonique (17) et celle de la,
[mode mineur inaltéré), basée sur le huitième harmonique (18).
D’autres encore pourraient être basées sur chacun de ses degrés et nous verrons, dans la prochaine leçon, qu’il en était ainsi chez les Grecs.
(”) Ecrire l’exemple 4* (i8) Ecrire l’exemple 5.
* En musique on nomme : accord , certaines agglomérations de sons, disposés par tierces superposées au-dessus d’un son fondamental. Ici le son fondamental est en même temps son générateur .
En cas de modulation on verra plus loin qu’on se sert pour changer de ton d’un accord basé sur le cinquième degré de la tonalité dans laquelle on veut aller. Consulter la 43e leçon.
31e LEÇON :
Les sept modes grecs et les huit tons liturgiques.
321. — D’après les études faites par les meilleurs musicographes et théo- LES SEPT modes riciens nous croyons actuellement que les Grecs possédaient sept modes (ou grecs. manières d'être de gammes diatoniques ).
322. — Les sept modes grecs étaient basés sur chacune des sept notes naturelles que nous connaissons : do, ré, mi, fa, sol, la, si, et composés exclusivement de ces mêmes notes se succédant par mouvement conjoint.
323. — Ils étaient classés en deux séries de trois modes, plus un mode hors série.
324. — La première série comprenait les modes dit : plagaux, basés sur
des Dominantes* et divisés par quarte et quinte (*) ou en deux tétracordes voisins.
325 . — La seconde était formée des modes dits : authentiques , basés sur les Toniques*, des modes plagaux (2).
Les théoriciens ne s’entendent pas non plus absolument sur leur division.
D’après les uns elle était contraire à celle des
55e TABLEAU Voir pl.XXX.
(*) Commencer le tableau. Tracer la ligne verticale de séparation placée en travers des seconde, troisième et quatrième portées. Ecrire « Les 7 modes grecs » au haut du tableau, puis : « (Modes plagaux) » à gauche.
(*) Ecrire : « (Modes authentiques) »
à droite.
modes plagaux , c’est-à-dire par quinte et quarte ;
d’après les autres les modes authentiques étaient divisés en deux tétracordes** , précédés d’un « son ajouté*** * » *****
326. — Enfin, le septième mode aurait eu, lui aussi, un cc son ajouté » puis la divisiondu premier mode plagcil {lydien). D’après quelques théoriciens il était basé sur une médiante, {si), avait pour dominante la note ré et pour tonique la note sol; soit, la division par quarte et quinte du second mode plagal {phrygien), ou celle par quinte et quarte du second mode authentique ( Hypophrygien ).
* Voir l’explication de ces mots dans la 34° leçon
Du grec : Tettara ou Tetva> quatre et Chordè, boyau, corde, (mot signifiant, en musique :
série de quatre sons consécutifs).
"* Le nom grec de ce son est : Prolambanomenos.
D’où, d’après Helmholtz, la division des modes, dits « plagaux » en deux tétracordes.