EXEMPLE DE MODELA TION PERSISTANTE
521. — Tirons, à présent, de la romance de F. exemple de modulation persistante (20).
Le ton principal est sol majeur (21), mais dans les premières mesures de l'exemple, (les dernières appartenant au ton de sol majeur dans le morceau), le sixième degré , mi, a été altéré en descendant au moyen d'un bémol (j1).
Schubert : « La llose » un
(*°) Ecrire au-dessus de la première portée : « Exemple de modulation persistante, (tiré de la romance « La Rose », F. Schubert) ». Tracer la peti te accolade, la clé de sol et le ch i ffre indicateur sur la quatrième portée.
(**) Ecrire l’armure puis «sol maj. »
au-dessous de la portée, et enfin le fragment en entier.
(**) Désigner la note mi h.
522. — Cette altération accidentelle est chromatique et, par conséquent, n'implique pas modulation. (Nous savons que l'altération descendante du sixième degré est admise dans la tonalité majeure, à laquelle elle n’enlève aucun caractère modal.)
Cependant, ici, elle prépare bien la Modulation au mode mineur qui va s’effectuer et forme un équivoque, une« transition » entre les deux tonalités de sol majeur et de sol mineur .
523. — La modulation persistante qui a lieu en sol mineur (23) est précédée d’un changement mi^\Ecrire : (< Mod* : en so1 d armure ( ). Celui-ci a lieu au mojen d un be~ (*4) Désigner ce changement d’arcarre, effaçant l'altération tonale, (fa diésé ), du mure*
ton majeur de sol, et précédant l’armure du ton de sol mineur , (deux bémols : si, mi), placés après le bécarre .
Le tout est précédé d'une double barre de séparation \
La modulation persistante est donc établie et le ton principal du morceau est alors sol mineur .
REMARQUE RELATIVE A Ly IMPORTANCE TONALE DE LA DOMINANTE.
524. — Avant de terminer je dois faire observer que si les modulations semblent être amenées par l’altération d’un ou de plusieurs degrés du ton que l’on quitte, elles sont, en réalité, établies par une harmonie basée sur un accord ayant une dominante, (cinquième degré), pour note fondamentale (ou son générateur**) . Ce sont les harmoniques de cette dominante qui, souvent placés à la partie mélodique, indiquent la Modulation . Ils sont fréquemment, ainsi que je l ai dit, la sous-dominante, (quatrième degré), ou la note sensible, (septième degré), de la tonalité nouvelle, parfois aussi les second ou
* Voir la signification de ce mot dans la 46e leçon, (4e partie).
" Se reporter à la 3oc leçon, et au paragraphe 319.
MODULATIONS
ENHARMONIQUES
sixième degré , toutes notes faisant partie de Y accord de neuvième majeure de dominante qui, nous le savons déjà, est basé sur la résonnance naturelle d’un corps sonore .
525. — Je dois aussi dire quelques mots des modulations enharmoniques .
Les modulations dites ; « enharmoniques », peuvent avoir lieu :
i° Entre tons enharmoniques.
Exemple. — Entre les tonalités majeures de Do bémol et de Si *.
2° Entre tons, l’un majeur, l’autre mineur, ayant des toniques enharmoniques.
Exemple. — Entre les tonalités de Do majeur et de Do mineur.
3° Certaines modulations (entre tons éloignés) peuvent être simplement préparées par l’enharmonie de plusieurs notes amenant une douce transition entre les deux tonalités.
Exemple. — On module facilement de do mineur en fa dièse mineur par l'enharmonie des notes fa et mi diésé, la bémolisé et sol diésé.)
526. — Grâce à la synonymie des sons formant enharmonie , les modulations enharmoniques , ou préparées par des enharmonies , sont particulièrement douces à l'oreille mais, par ce fait même, elles manquent souvent de fermeté, de netteté et ont un caractère mièvre et mou qui doit en modérer l’emploi.
Mais ceci étant plutôt du ressort de l’Harmonie que de la Théorie proprement dite, nous ne nous étendrons pas plus sur cette question.
527 On remarquera que, lorsque les alterations accidentelles contenues dans un REMARQUES.
morceau amèqpnt une modulation , ces altérations , accidentelles , quant a la notation et à l emploi, sont en réalité les altérations constitutives des tonalités dans lesquelles module le morceau.
Seules, en effet, les altérations formant chromatique avec les degrés des tonalités par lesquelles passe le morceau doivent être considérées comme étant véritablement accidentelles car seules elles n’impliquent aucun changement de ton ou de mode et n’altèrent pas le sens tonal ou modal. En Harmonie on les appelle souvent pour cette raison : Altérations chromatiques , les distinguant ainsi complètement des premières, Altérations accidentelles amenant la modulation et conséquemment diatoniques.
Dans la prochaine leçon nous étudierons les règles régissant la Transposition.
* La modulation est alors à peu près (ou complètement) fictive ou nominative selon qu on se sert d’un instrument non soumis à l'accord tempéré. Berlioz admet cependant comme absolument dissemblables, (sur le violon par exemple), la sonorité de divers tons enharmoniques, (voirp. > 3 de son « Grand Traité d’instrumentation et d’orchestration »). Il serait donc possible, selon ce Maître, de pratiquer de véritables modulations , entre divers tons enharmoniques.
44e LEÇON :
LA
TRANSPOSITION