MANIERE J DE PLACER LES CLÉS
53. — Chacune de ces diverses clés peut être placée sur plusieurs lignes de la portée.
La clé de Fa peut être placée sur la troisième ligne (
(5) Commencer l’ex. 2, tracer les clés à mesure qu’on les nomme.
ou sur la quatrième ligne *.
La clé d’Ut, sur la première, la seconde, la troisième ou la quatrième ligne. La clé de Sol, sur la première ou la seconde ligne.
54. — Ainsi que je Fai dit, (dans la seconde leçon), les diverses clés ne se placent, à l’heure actuelle, que sur les quatre premières lignes de la Portée *.
* « On employait dans la musique ancienne, (dit Riemann, Dictionnaire de la musique ), la clé de fa sur la 5e ligne (clé de sous-basse). »
55. — Voici de quelle façon on peut connaître le nom des notes placées u sur la Portée .
Lorsqu’une clé est posée sur une ligne, elle donne son nom à la note placée sur la même ligne qu elle.
Ainsi, si Ton met une clé de sol sur la seconde ligne de la portée (6), la note écrite sur cette même ligne se nommera solÇ).
(") Commencer l'cx. 3. placer la clé.
(7) Placer une note sur la seconde ligne et écrire : « Sol » au-dessus et la chanter, après avoir pris l’intonation exacte sur le diapason.
56. — Nous savons que lorsque les notes se succèdent dans leur ordre naturel, elles forment une série ascendante : ut, ré, mi, fa, sol, la, si et que, si on les nomme dans Tordre inverse, elles donnent une série descendante ; si, la, sol , fa, mi, ré, ut.
Donc, si nous plaçons une note immédiatement au-dessus de la nol e sol, c’est-à-dire dans le second interligne (8), celle-ci se nommera la (9); puisque la est placé immédiatement au-dessus du sol dans la série ascendante des sons.
Pour la même raison la note placée immédiatement au-dessus de la, c’est-à-dire sur la troisième ligne, (10) se nommera si (u).
57. — Inversement, si nous plaçons une note immédiatement au-dessous de la note sol, c’està-dire dans le premier interligne (i2), celle-ci se nommera fa (13) ; puisque fa est placé immédiatement au-dessous du sol dans la série descendante des sons.
Pour la même raison, la note placée immédiatement au-dessous de fa, c’est-à-dire sur la première ligne, se nommera mi.
(*) Placer cette note.
(tt) Ecrire : « La » au-dessus de la noie et chanter les deux notes écrites.
(,0) Placer cette noie.
(n) Ecrire : « Si » au-dessus de la note et chanter les trois noies écrites.
(li) Placer cette note.
(,3) Ecrire : « Fa » au-dessus de la note. Faire de même pour la suivante.
58. — Il nous serait donc facile d’écrire plusieurs séries ascendantes ou descendantes de sons. Nous n’aurions qu’à
prendre pour son initial le sol placé sur la seconde ligne de la portée (u).
Ce sol sert de jalon, de point de repère, (de clé). En descendant, nous trouverons au-dessous de lui les quatre premières notes : fa, mi, ré, do (1S). Pour compléter la première série ascendante, nous n’aurons qu’à placer sur la portée les notes suivant immédiatement sol , soit : la et si (16).
(u) Ecrire la clé, puis la note Sol et placer son nom au-dessus d’elle.
Chanter cet exemple comme le précédent.
(,s) Ecrire les notes à mesure qu’on les nomme et placer leurs noms au-dessus d’elles.
(,ft) Placer ces notes et écrire leurs noms. Ecrire au-dessous des sept notes : « Première série » et tracer 1 accolade les reliant, puis chanter la série entière.
59. — Nous pouvons, en procédant de même, faire suivre celle-ci d’une nouvelle série ascendante et placée à l’octave aiguë de la première (i7). On pourrait même en écrire une troisième en se servant des lignes supplémentaires supérieures (18).
(u) Ecrire la seconde série, nommer les notes en les écrivant, puis chanter les premières.
(,8) Commencer la troisième série ascendante.
NOTIONS
HISTORIQUES
LES CLES
(,u) Commencer 1 ex. 5. Placer la clé, puis la note. Ecrire son nom audessus d’elle. Procéder do même en suivant.
66* l^icn n esl donc plus simple que le mécanisme des clés.
Nous nous sommes servi de la plus usitée, mais le procédé est le même pour chacune des autres, seule la place occupée par les notes varie naturellement avec le changement de clés.
61. Le résultat de ce fait est qu 'une note placée sur une même ligne de la Portée, peut prendre, selon le cas , chacun des noms des notes .
Ainsi la note placée sur la seconde ligne peut se nommer :
hn cle d Ut, sur la seconde ligne : ut (ou do (19) ;
En cle de Fa, sur la troisième ligne : ré ;
En clé d’Ut sur la première ligne : mi ;
En cle d'Ut sur la quatrième ligne : fa ;
En cle de Sol sur la seconde ligne : sol;
En clé d’ Ut sur la troisième ligne : la;
El en clé de Fa sur la quatrième ligne : si.
Elle porterait le même nom en clé de Sol sur la première ligne, car ces deux dernières clés donnent aux notes la même place sur la Portée , mais non la même hauteur comme intonation .
62. — En effet les sons représentés par ces notes appartiennent à des sériés differentes . Le si de la cle de Fa sur la quatrième ligne est grave ; les notes ré, (en clé de Fa sur la troisième ligne) ; fa , (en clé d'Ut sur la quatrième ligne); la, (en clé d Ut sur la troisième ligne), appartiennent à une série voisine, mais plus haute; les autres notes : do (en clé d'Ut sur la seconde ligne), mi (en clé d Ut sur la première ligne); sol (en clé de Sol sur la seconde ligne) et si, (en clé de Sol sur la première ligne), appartiennent à une série voisine de la seconde, mais plus aiguë encore (20).
De ceci nous conclurons que :
(20) Ecrire : « Grave » au-dessous du Si de la clé de Fa et : « Aigu )>, au-dessous du Si de la clé de Sol.
(*') Commencer 1 ex. 6. Ecrire les deux clés, puis au-dessous : « Clés servant à écrire les sons les plus graves ». Agir de même pour la suite de l’exemple.
63. — Les clés permettent de placer sur la Portée des sons plus ou moins graves ou aigus.
Celles qui servent à écrire les sons les plus graves sont les clés de Fa placées sur les quatrième et troisième lignes de la Portée (2I).
Les clés qui servent à écrire les sons tenant le milieu entre les plus graves et les plus aigus
sont les clés d Ut placées sur les quatrième, troisième et seconde lignes de la Portée.
Enfin la clé d Ut sur la première ligne et les clés de Sol placées sur les seconde et première lignes de la Portée, servent à écrire les sons les plus aigus.
Encore un mot pour terminer cette leçon et nous apprendre d’où viennent les diverses figures de clés
LES CLÉS
(22) Désigner cette clé en haut du tableau, Ex. i. Agir de même pour la suite de l’explication, en dés^nant à tour de rôle les ex. 2 et JTi effacer le 7* tableau.
puis
65. — Les formes de celles-ci dérivent des lettres anciennes * ;
F, qui servait à désigner la note Fa, a donné naissance à la clé de Fa (22).
C, qui représentait le même son que Ut, (ou Do), est l‘origine de la clé d’Ut;
G, qui représentait le son Sol, est la forme primitive de la clé de Sol .
Avant 1 invention de la portée, la lecture des signes de notation nommés Neumes , était fort compliquée.
Ce fut pour cette raison que, vers le vie siècle, on inventa le système des clés et, du même coup, les rudiments de la Portée moderne.
A une certaine hauteur, parmi les signes, on traçait une ligne horizontale, (jaune), en tête de laquelle on écrivait la lettre F, représentant le son actuel : Fa .
Celui-ci servait de jalon, (de clef), et aidait à deviner les noms des autres notes. Un peu plus tard on traça une seconde ligne, (rouge), en tête de laquelle on plaça la lettre C, correspondant à notre note ut (ou do).
Ces deux premières clés sont 1 origine de notre clé de Fa et de notre clé d’Ut moderne. Enfin, vers le xve ou xvie siècle, 1 usage de la clé de Sol , (tirant son origine de la lettre G), « devint fréquent; d abord seulement comme signe de transposition** des tons d'église à la quinte supérieure, avec changement de fa naturel en fa dièse *** ».
66. Je ferai remarquer que les lettres F et C avaient été choisies exprès pour marquer la place des demi-tons *, (mi- fa) et (si-do) dans la gamme **** naturelle, (ou série des sons naturels).
Ceci explique 1 usage de la clé de Sol , (G), lorsque le fa diésé ***** était employé. On marquait alors ainsi le demi-ton ; (fa diésé-sol).
Voir pi. VI.
67. Les formes des clés anciennes ont naturellement une grande analogie avec les lettres anciennes d’où elles sont dérivées (23). Leurs figures ont souvent varié mais on peut toujours reconnaître la forme de la lettre quelles représentent.
Un C du ive siècle et deux G (xme et xive siècle.) offrent particulièrement des caractères frappants de ressemblance (24) avec nos clés modernes d’Ut et de Sol .
Dans la prochaine leçon nous étudierons les fîguresde silences.
(23) Faire le S° tableau.
(24) Désigner le premier G et les deux G.
* On sait que les notes ont longtemps porté les noms des lettres : A, B, C, D, E, F, G.
** Voir la signification de ce terme dans la 44° Leçon.
*** Dictionnaire de la Musique , par Riemann.
**** Voir la 180 Leçon.
***** V°ir 1» signification de ce terme dans la 7e Leçon.
6e LEÇON :
LES SF.PT FIGURES DE SILENCES