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Ce que c’est qu'une perception claire et distincte

Il y a même des personnes qui en toute leur vie” n’aperçoivent rien comme il faut pour en bien juger; car la connaissance sur daquelle on peut établir un jugement indubitable doit être non seulement claire,« mais aussi distincte : j'appelle claire celle qui est pré sente et manifeste à un esprit attentif, de même que nous disons voir clairement les objets lorsqu’étant présens à nos ÿeux ils agissent assez fort sur eux el qu'ils sont disposés à les regarder ; et distincte celle qui est tellement précise et différente de toutes les autres, qu'elle ne comprend en soi que ce qui paraît” manifestement à celui qui la considère comme il faut2.

1. Nous avons insisté déjà sur sentée.. une notion disfincle res= l'importance du rôle que joue la semble à celle que les éprouveurs mémoire dans la connaissance, ont de l'or, à l’aide de signes dis-

2. « Une connaissance est ünctifs et de moyens de compas claire lorsqu'elle suffit pour me raison suffisants pour distingucr

faire connaître la chose repré- l'objet de tous les autres corps

46. Qu'elle peut être claire sans être distincte, mais non au contraire.

Par exemple lorsque quelqu'un sent une douleur cuisante, la connaissance qu'il a de cette douleur est claire à son égard, et n’est pas pour cela toujours distincte, parce qu’il la confond ordinairement avec le faux jugement qu’il fait sur la nature de ce qu'il pense être en la partie blessée, qu’il croit être semblable à l’idée ou au sentiment de la douleur qui est - en sa pensée, encore qu'il n’aperçoive rien claire-

ment que le sentiment ou la pensée confuse qui est en lui. Ainsi la connaissance peut quelquefois être claire sans être distincte, mais elle ne peut jamais être dis- … tincie qu’elle ne soit claire par même moyen.

47. Que pour ôter les préjugés de notre enfance il ‘faut considérer ce qu'il ÿ a de clair en chacune de nos premières notions.

Or, pendant nos premières années, notre ame ou notre pensée était si fort ofusquée du corps, qu’elle ne connaissait rien distinetement, bien qu’elle aperçüt plusieurs choses assez clairement ; et parce qu’elle ne laissait pas de faire cependant une réflexion telle quelle

semplables.… Lorsque tous les élé- 1,

ments d’une notion distincte sont connus aussi eux-mêmes distincte- > ment ou que Panalyse en est com- = plète, la notion est adéquate. »

” LelBniz, Méd. sur la connaissance, la vérité et les idées.

Descartes. — Principes de la Philosophie.

De même en physique, Des-

cartes regarde comme une de

ses principales découvertes que les causes qui provoquent en nous des sensations n'ont rien

de semblable avec les sensations mêmes.

sur les choses qui se présentaient, et d’en juger témérairement, nous avons rempli notre mémoire de beau=» coup de préjugés, dont nous n ’entreprenons presque jamais-de nous délivrer, encore qu'il soit très certaine que nous ne saurions autrement les bien examiner, Mais afin que nous puissions maintenant nous en LS vrer sans beaucoup de peine, je ferai ici un dénom= 1 brement de toutes les notions simples qui composent nos pensées, et séparerai ce qu'il y à de clair en cha-* | une d'elles, et ce qu'il y a d’obscur ou en quoi nous“

pouvons faillir. :

DOCTUPES

48. Que tout ce dont nous avons quelque notion est considérés comme une chose ou comme une vérité : et le dénombre ment des choses. F:

Je distingue tout ce qui tombe sous notre connais=" sance en deux genres : le premier contient toutes less choses qui ont quelque existence, et l’autre, toutess les vérités qui ne sont rien hors de notre pensée Touchant les choses, nous avons premièrement cer taines notions générales { qui se peuvent rapporter à toutes, à savoir celles que nous avons de la substance, de la durée?, de l’ordre et du nombre, et peut-êtres aussi quelques autres : puis nous en avons aussi des plus particulières, qui servent à les distinguer. Etlas principale distinction que je remarque entre toutes les

4. Malheureusement Descartes | une notion générale qui s'applique w'insisie pas assez sur la nature de à loutes choses, landis que l’extens, tes notions générales, sion ou l’espace est une propriété

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