‹ Principes de littérature [microforme]Chapitre 144 sur 225 · TH, VÉNARD A SA FAMILLE · texte numérisé non relu

TH, VÉNARD A SA FAMILLE

Que je vous aime tous, que vous êtes aïimables de m'envoyer tout ce que je vous demande? J'ai dit: des manchettes me seraient utiles, et les manchettes sont venues me couvrir les bras; des rideaux me seraient agréables, et je les vois maintenant décorant ma fenêtre et défendant à tout œil profane de scruter le bonheur de ma cellule. J'ai dit: l'argent me manque, et l'argent s'est présenté, Bien plus, on prévient mes désirs et rien ne manque plus à mon petit ménage. Encore une fois, grâces vous soient rendues ! Merci ! Une chose cependant me manque: c'est le temps : le temps ! un petit quart d'heure pour vous dire encore merci! et puis encore merci.

Louis VEUILLOT A M. L'ABBRÉ DaAvip.

2 décembre 1852.

Mon cher abbé, je vous remercie de votre pieux et compatissant souvenir, et je vous prie de vouloir bien

exprimer ma reconnaissance à Mme la baronne de Mosfart.

La perte que je fais est incomparable. La joie et le repos de ma vie s’en vont en même temps, et je reste chargé de cinq pauvres petites filles, dont la plus âgée n’a pas encore accompli sa septième année. Que vont devenir ces enfants, privées d’une telle mère? Je sais que Dieu les assistera, mais je ne puis m'empêcher de trembler, Cependant, je ne suis pas sans secours. J'ai une sœur pleine de courage et de vertu, qui se jette dans ma pauvreté et dans mes soucis pour remplacer celle que Dieu vient de rappeler avant le temps. J'ai le cœur et la tendresse de mon frère. Priez Dieu pour nous tous. En mourant, ma femme m'a dit: Dieu le veut ! Il faut baisser la tête et dire: Dieu l’a voulu.

Je vous embrasse en N.-$.

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Louis VEUILIOT A M. L'ABBÉ CORBINI,

15 mai 1860.

Monsieur l'abbé,

Mes voyages et mes affaires m'ont empêché de ré pondre aussitôt que je l’aurais voulu à la bonne lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser, le 2 février, à l’occasion de la suppression de l'Univers : mais le temps ne peut rien contre ma reconnaissance. et je ne veux pas qu'un acte de sympathie si aimable et si chaleureux demeure sans remerciement. Je n’en suis pas moins touché aujourd’hui que dans le moment même, et je ne compte pas moins non plus sur la bienveillance avec laquelle vous m’encouragez, si je puis un jour recommencer.

Recommencer n’est pas facile: j'ai pu m'en convaincre. Je suis à terre et garrotté. Mais la conscience qui s'appuie en Dieu est plus forte à la longue que tous les liens faits de main d'homme, et mon consentement manquera toujours au fait qui me terrasse en ce moment. S'il est définitif, c’est que Dieu le veut ; et Dieu, qui m'a donné la paix dans le combat, ne me la refusera pas dans la défaite. Que son saint nom soit béni, et qu'il rende à ceux qui, comme vous, m'ont assisté, la joie pure et profonde dont leur sympathie a rempli mon cœur. Je vous prie, Monsieur l’abbé, de communiquer l'expression de ces sentiments aux personnes qui ont voulu se joindre à vous pour me tendre la main.

Votre reconnaissant et dévoué serviteur.

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