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Principes de métaphysique et de psychologie

Il y a dans la langue française et dans louLcs les langues des mots dont les philosophes et les savants font continuellement usage, et dont le sens commun se sert aussi sans scrupule. Ce sont les mots d'activité, d'action, de pouvoir, d'énergie, d'effort, de travail, et tous ces termes se ramènent à celui que nous avons nommé le premier, à savoir celui (['activité. D'où vient cette notion d'activité? Quelle en est l'origine? Quel en est le type, le caractère, et par conséquent quelle en est l'autorité?

Il faut reconnaître que, si l'esprit de notre temps paraît favorable à l'idée d'activité et d'action (car aucune société n'a été jamais plus tumultueuse et plus agitée), la philosophie, au contraire, se montre en général assez opposée à cette idée, et toutes les écoles sont en quelque sorte d'accord pour la réduire ou la supprimer.

Demandez, par exemple, à l'école empiriste et associationiste ce qu'il faut entendre par action, pouvoir, force, elle vous répondra qu'il n'y a rien de semblable dans les choses. Nulle part nous ne surprenons en dehors de nous un véritable pouvoir, c'est-à-dire une cause transitive qui fasse passer quelque chose d'elle-même à son effet. Il n'y a que des succès-

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sions cl des simullanéités. Il n'y a pas de différence dans le fond, suivant Sluarl Mill, entre l'agent et le patient; ce n'est qu'une dillerence de point de vue.

Si nous interrogeons l'école phj^siologique, à l'explication précédente qu'elle accepte elle en ajoute une autre plus négative encore. Elle nie absolument ce que nous appelons reffort. L'effort, qui est pour nous le type de l'activité, n'est autre chose qu'une sensation périphérique, afférente, comme on dit, et non efférente : c'est une sensation musculaire, accompagnée d'un grand nombre d'autres, également périphériques, mais ne contenant rien qui corresponde à l'idée de pouvoir, au passage de la cause à l'effet.

L'école idéaliste n'est pas non plus éloignée d'admettre le même point de vue. Tout est idée, et il n'y a rien autre chose que des idées, et rien de semblable à ce que nous appelons une action. « Le moi n'est pas un acte, c'est une forme' ; » s'il y avait quelque chose de semblable à ce que nous appelons action, il ne faudrait pas dire que tout est idée, et que la pensée est tout. L'action n'est pas une pensée. A la vérité, quelques philosophes admettent des idées forces; mais ce n'est plus de l'idéalisme : c'est du dynamisme. Encore faut-il nous dire d'où vient l'idée de force : elle ne peut venir que du sens interne de l'effort, que nous transportons aux choses extérieures (cheval, cours d'eau, machine) et que, par un nouveau transfert, nous appliquons ensuite aux idées. Toujours est-il que l'idéalisme pur ne contient rien de semblable.

Un autre moyen de supprimer l'activité, c'est de confondre la cause efficiente avec la cause finale. Toute cause, dit-on,, n'agit qu'à titre de hn : c'est dire qu'elle n'agit pas, car la lin estimmobile, comme dit Aristote. La véritable action est dans l'être qui se dirige vers la hn, et cette action est celle d'une cause efficiente, non d'une cause finale : c'est là qu'est la force,, le pouvoir, l'activité. Or nos idées (et une cause finale n'est qu'un idéal) n'ont rien de semblable; on ne voit donc pas

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