MOYENS NATURELS D'OBSERVATION ET D'EXPÉRIMENTATION
L'œil suit aisément, malgré leur complexité, les ondes qui se croisent à la surface d'un bassin. Du reste, un flotteur, placé à portée, rendrait visibles par ses oscillations les mouvements d'élévation et de dépression de chaque vague.
Les ondes aériennes échappent à nos yeux; mais une membrane, tendue sur leur trajet, reproduirait leurs mouvements successifs de compression et de dilatation. Nous avons reçu de la nature, cachée dans l'épaisseur du rocher, au fond d'un canal largement ouvert dans l'atmosphère, une membrane de cette sorte, celle du tympan, et (ce qui montre combien la comparaison des ondes aériennes aux ondes liquides est juste) les impressions vibratoires qu'elle reçoit nous arrivent par l'intermédiaire d'un milieu liquide auquel elle les communique. Telle est notre oreille, formée de la réunion de trois appareils : l'un qui recueille les ondes sonores, un second qui les transmet, le troisième qui les perçoit. Nous avons le devoir de la décrire à ce triple point de vue, avant de passer à l'examen des appareils que la méthode expérimentale lui associe comme auxiliaires : l'expérimentateur a besoin de la connaître à fond, dans quelques parties au moins, pour en profiter pleinement, et surtout pour l'imiter. Puis nous dirons comment il faut en faire l'éducation.
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ARTICLE I Description de roreille'.
De la portion extérieure de Toreille (le pavillon), nous n'avons rien à dire : elle est connue de tous. Q.uant au conduit qui amène les ondes sonores à la membrane du tympan, il suffit de remarquer qu'il présente une direction flexueuse et qu'il varie de diamètre^ (fig. 7). Les ondes sonores se réfléchissent sur les parois de ce canal et arrivent amplifiées à l'appareil de transmission.
L'oreille moyenne, ou tympan, a pour but de transformer les vibrations aériennes en vibrations liquides. Elle se compose d'une caisse pleine d'air communiquant avec Tarrière-cavité des fosses nasales par la trompe d'Eusiache,
Cet appareil mérite de nous arrêter plus longtemps; il
I. J'ai suivi pas à pas dans cette description l'excellent Traité ianatomie humaine de M. Testut (Paris, Gustave Doin). J'en ferai autant pour toutes les données anatomiques qu'il nous est utile de connaître. Il est donc juste d'y renvoyer les lecteurs qui désireraient une description complète : je n'en connais pas de plus claire^ ni de plus précise.