‹ Principes de phonétique expérimentaleChapitre 115 sur 213 · I. The Nature, t. XVIII, p · texte numérisé non relu

I. The Nature, t. XVIII, p

genre, dans le but de vérifier la théorie de Helmholtz. Voici quelques-unes de leurs expériences :

I ° On grave les voyelles ou et o pendant que le cylindre feit un tour par seconde. A la même vitesse, le son se reproduit fidèlement. Aune vitesse double, ou est indistinct; o donne clairement ë. A une vitesse moitié moindre, on entend ou, au.

2° Le cylindre tourne à des degrés différents de vitesse. En débutant par une vitesse moindre, o est entendu d'abord auy puis ôy ëf ëy qui retombe à ë, si on ralentit un peu.

3° La voyelle è (à), gravée à la vitesse d'un demi-tour par seconde, se fait entendre au, qui se change en a à la vitesse d'un tour, en î à celle de trois par seconde.

4** On prononce plusieurs fois successivement la voyelle o, tout en augmentant la vitesse de rotation. Si l'on reproduit le son avec une vitesse uniforme et lente, on entend au et (w ; avec une vitesse plus rapide, ë et i.

Les expériences de Blake et Cross datent de près de trente ans. Nous pouvons les refaire aujourd'hui avec plus de précision ; mais il reste toujours à éliminer l'équation personnelle. Je les ai renouvelées plusieurs fois, d'abord seul, puis avec le concours de mon neveu Fauste Laclotte, qui est des environs d'Agen, par conséquent d'un autre dialecte que moi, et qui a des habitudes acoustiques différentes.

Nous avons gravé mes voyelles (P), celles de Fauste (F), celles de mon beau-frère qui est de Damazan (L), et celles de ma soeur (E), avec des vitesses de rotation de 32, 30,

25 et 15 tours par — de minute sur des cylindres ayant 172

ou 174 millim. de circonférence.

Nous avons choisi, pour faire répéter les voyelles gravées, des nombres de tours répondant à des intervalles de la gamme musicale (p. 9), c'est-à-dire, en descendant, avec

REPRODUCTION PHONOGRAPHiaUE 223

30 tours, la tierce 25, la quinte 20, l'octave 15 ; avec 32 : b seconde 30, la quarte 24, la sixte 20, la septième 18, Toctave 16 (on peut y joindre la tierce 26, 6..., soit

133, 3... en-j-de minute, la quinte 21,3... ou 64 en

— de minute). Le chiffre de 24 est plus commode encore :

il donne des nombres entiers pour chaque intervalle (en comptant pour la seconde, grave 85 tours en i minute, et

pour la septième 27 en — minute). En outre, il permet

de monter d'une quinte, ce qui suffit, car au delà les voyelles parlées ne sont plus distinctes, et de descendre de plus d'une octave, au-dessous de laquelle les bruits reproduits sont un peu ce que l'on veut.

Je donne ici les résultats de notre dernière expérience, faites sur mes voyelles (tableau n° i) et sur celles de Fauste (tableau n° 2), gravées à 24 tours et appréciées par chacun de nous isolément. Les voyelles gravées sont : à fermé, à ouvert, è ouvert, é fermé, i moyen, eu ouvert (cb), eu fermé (ûp), u moyen, o ouvert (d), o fermé (cJ), ou moyen (tt), an (â), in (2), on (J), un (œ).

On peut lire ces tableaux de deux manières : 1° de haut en bas; 2" en partant du ton sur lequel la parole a été proférée. La première lecture nous apprend comment les voyelles, altérées par la transposition d'une quinte aiguë, reprennent, en descendant vers la note d'émission, leur timbre naturel; puis comment, transposées au-dessous, elles s'altèrent de nouveau jusqu'à se perdre dans une diphtongue indistincte (-) ou un son d'abord mourant (j)etît caractère) puis imperceptible (-). La seconde lecture nous fait voir par quelle série d'intervalles la masse sonore peut passer sans que le timbre de la voyelle soit modifié sensiblement.

La lettre P marque mes appréciations; F, celles de Fauste.

Intervalle I

1 VOYELLES ENTENDUES musical 1

•^ 1 "^ ' Il

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