APPAREIL RESPIRATOIRE
Dans le type de respiration costo-inférieur, qui est celui des hommes, c'est l'action du diaphragme qui prédomine. Ce muscle (fig. 86) s'insère sur le bord supérieur des six dernières côtes et s'élève en forme de dôme. En se contractant, il agrandit le thorax suivant ses trois diamètres : vertical, antéro-postérieur et transversal.
L'expiration s'accomplît d'ordinaire par le retour naturel
Fg 90 (dapiti TisTUT.) !s de l'abdomen (<:ouc1ie profonde).
des organes à leur position première. Mais, quand elle
réclame un effort^ comme dans la parole notamment^ elle a besoin du concours des muscles qui peuvent abaisser les côtes, à savoir :
i** Le petit dentelé postérieur et inférieur (fig. 87, 2), entre les quatre dernières côtes et les dernières dorsales ou les premières lombaires;
2** Le grand droit (fig. 88, / ; 90, 2, 2'), entre la pointe du sternum (apophyse xiphoïde), les 5% 6* et 7** côtes et le corps du pubis ;
3® Le grand oblique (fig. 89, ^) entre les sept ou huit dernières côtes et Tos coxal, l'arcade crurale (fig. 90, 4) et la ligne blanche (fig. 89, 4) ;
4** Le petit oblique (fig. 87, ^), entre les dernières côtes et la ligne blanche, les deux ou trois vertèbres lombaires et le pubis;
5° Le transverse (fig. 90, /), entre la colonne vertébrale et la ligne blanche.
Le régime du souffle employé dans la phonation et les mouvements musculaires qu'il nécessite sont des documents précieux pour le phonéticien. Ils lui font connaître le début et l'intensité de la lutte vocale : par conséquent, ils le renseignent sur le travail phonateur, la nature des articulations, les variations de force et certaines modifications de timbre.
Pour déterminer la direction et le volume de la colonne d'air, le moyen le plus sûr est d'explorer les mouvements de la cage thoracique à l'aide du pneumographe (p. 88) placé dans la région des 7' ou 8* côtes chez les hommes, des côtes supérieures chez les femmes. On remarquera d'une feçon générale que les inspirations deviennent plus profondes et que l'expiration se ralentit dans l'acte de la parole; que le surplus de l'air mis en réserve est normale-
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EXPLORATION DE l' APPAREIL RESPIRATOIRE 24 1
ment expulsé par le nez après Tarrêt de la voix et avant l'inspiration suivante, et qu'une légère avance dans ce mouvement lui fait nasaliser dans certains dialectes les voyelles finales; que le volume d'air expiré est inversement proportionnel à la force d'occlusion, et que les diverses étapes de l'évolution du ^ et du ^ latins, par exemple, concordent avec une augmentation progressive de la dépense d'air jointe à une détente simultanée de la puissance occlusive. Mais, comme les tracés obtenus pour chaque articulation sont assez peu étendus, il est nécessaire de recourir à un petit artifice pour rendre les différences appréciables ' : on répète plusieurs fois de suite la même syllabe, puis on calque les tracés, on les transporte les uns sur les autres en faisant coïncider les lignes d'inspiration, et le degré de la dépense relative de l'air, faite pour chaque articulation.
Fig. 91.
Comparaison de la dépense d'air d'après les tracés du thorax.
saute aux yeux. On le voit nettement dans la figure 91, où le volume de l'air expiré est d'autant plus considérable que le tracé se rapproche davantage de la verticale.